La Gloire de Rome, tous les chemins y mènent

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Attention, petit événement puisqu’il s’agit ici de la toute première critique de jeu de société, qui ne soit pas de Nachcar ou Toma. Il faut dire que de tous ceux auxquels j’ai joué, celui-ci est l’un de mes préférés (Non, ça n’a rien à voir avec le fait que c’est le seul auquel je gagne !).

C’est quoi ?

001-838.jpg« Citoyens de Rome! César demande votre dévotion! 64 Après J.C., Rome est dans la tourmente – elle a été́ dévastée par le feu. L’Empereur Néron est de retour d’Antium pour entreprendre la reconstruction des bâtiments rasés par les flammes. César ne s’attend à rien de moins que votre entière dévotion dans ses efforts historiques pour restaurer la Gloire de Rome ! »

Oh putain, ils avaient prévu un scénario pour ce jeu. Je n’étais même pas au courant. En tout cas, celui-ci a au moins le mérite de vous expliquer clairement le but du jeu : Rebâtir Rome ! Un certain nombre de chantiers sont en projets, et chaque joueur (jusqu’à cinq) va devoir batailler pour s’en attribuer un maximum, histoire d’apposer son empreinte indélébile sur la cité italienne.

Dans la boite

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Dans l’édition de Nachcar, les cartes sont plastifiées, numérotées et rangées dans un coffre-fort protégé par deux gardes et des caméras infrarouges.
Bon, je vous l’avoue de suite, je ne possède pas le jeu. Donc je ne me souviens pas vraiment comment tout est rangé dans la boite. Si c’est un jeu de Nachcar ou de Toma, c’est sans doute rangé dans des petites pochettes translucides, fermées hermétiquement, classées par ordre alphabétique, avec un code barre et un antivol à chacune, tant ces deux-là sont des psychopathes lorsqu’il s’agit de JDS. Mais pour le commun des mortels, ça doit se présenter comme une vieille boite en carton toute écornée, avec 200 cartes illustrées qui giclent dans tous les sens, des plateaux individuels cartonnés sur lesquels vous avez peut-être renversé de la bière ou du café, qui rappellent aux joueurs les rôles des ouailles qui bossent pour eux (ouvriers, architectes, artisans…). Et peut-être même que si vous êtes un minimum soigneux, vous n’aurez pas perdu le livret de règles, bien utile lorsqu’il s’agit de contrer les élucubrations de Nachcar, dont la propension à modifier le règlement à dessein est devenue légendaire depuis que j’ai révélé au monde sa vraie nature.

Comment on joue ?

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Ce n’est pas parce que ces plaquettes sont cartonnées qu’il faut y rouler ses bédos !
Sachez-le, La Gloire de Rome se joue avec des cartes. Pas comme Magic ou Yu-Gi-Oh, et encore moins comme au Kem’s ou au 8 américain, mais avec des cartes tout de même. Le but du jeu, outre le fait de devoir reconstruire Rome et d’inscrire son nom au patrimoine de l’humanité, c’est de se faire un max de blé et d’influence. Pour ce faire, vous allez pouvoir exploiter employer différents corps de métiers, qu’ils soient dans le bâtiment (architectes, artisans, ouvriers, roumains…), ou non (sénateurs, philosophes, marchands, légionnaires…). Ainsi, chaque joueur durant son tour, va définir une action en sélectionnant l’un de ses employés. Pour un philosophe, on pioche une carte, pour un marchand on transfère la matière première de son stock, vers son coffre-fort (en gros, on la transforme en thunes), pour un architecte on pose de nouvelles fondations pour ses bâtiments, etc. Si le premier joueur choisit de piocher, la main passe. S’il choisit un tout autre rôle, ses adversaires pourront le suivre en jouant le même rôle (ou en jouant un sénateur qui fait office de Joker, ou en défaussant deux cartes identiques). Une fois que tout le monde a décidé de suivre (ou non), chacun joue l’action qui découle du rôle établi, puis on passe au tour (et au joueur) suivant. Bon, comme je suis un flemmard, je ne vais pas rentrer dans les détails, vous n’avez qu’à lire les règles pour ça, mais sachez que vous allez devoir jongler avec les rôles, les matières premières (brique, bois, pierre, marbre…) et les types de bâtiments, qui apportent chacun leur lot de bonus plus ou moins intéressants, selon la stratégie mise en place. Le jeu se termine, dès lors qu’il ne reste plus un seul chantier à disposition ou si la pioche est vide.

Pour conclure

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Je précise que la nappe bleue moche n’est pas obligatoire pour jouer à La Gloire de Rome.
Ce qui m’a plu dans ce jeu, c’est que derrière des règles relativement simples, il reste un jeu assez complexe et très ouvert. Contrairement à d’autres titres du genre, où je trouve qu’une voie est souvent favorisée par rapport à une autre, il reste possible de gagner en adoptant des stratégies bien distinctes. Que vous choisissiez la voie militaire, marchande, constructive ou même un mix des trois, vous avez toutes vos chances. Tout dépend de la façon dont vous allez gérer vos cartes. De plus, compte tenu du fait qu’il existe un pot commun, le hasard n’a finalement que peu de place, même s’il n’est pas non plus totalement absent des parties. Le seul truc un peu dommage, c’est que malgré ces ressources en commun et le nombre de chantiers limité pour l’ensemble des joueurs, les interactions entre les différents protagonistes sont relativement limitées. Seule la voie militaire (et quelques bâtiments) permet d’aller piquer chez l’adversaire. Malheureusement, on ne peut pas saboter les projets des autres ou payer des pots-de-vin pour remporter des appels d’offre comme certains savent si bien le faire (j’aurai bien cité Bouygues mais ce serait con de se prendre un procès en diffamation pour une blagounette de rien du tout).

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