Fertility, Un diamant du Nil ?

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Profitez des faveurs du Nil pour construire la cité la plus prospère d’Egypte, en profitant des richesses qu’offrent les terres fertiles qui bordent ce fleuve.

fertility.jpg.pngLe pharaon vous a fait l’insigne honneur de vous nommer Nomarque. A ce titre, vous aurez à administrer l’une des provinces qui borde le Nil. Seulement la concurrence avec vos voisins est rude, et si vous voulez entrer dans les petits papiers papyrus du pharaon, il va falloir jouer des coudes et faire de votre cité, THE place to be dans la région. Et peut-être alors que vous aurez la chance d’être momifié à votre mort, et de trouver le repos éternel dans une des salles de sa pyramide personnelle. Mais pour cela, il va falloir prouver votre valeur de votre vivant. Et la première étape sera de profiter au mieux des ressources du coin, à savoir le blé, l’albâtre, la fleur de papyrus, le raisin et les bovins. Seulement, inutile de se jeter sur tout et n’importe quoi, n’importe comment. La surproduction coûte cher, le but est donc de récolter suffisamment de richesses pour attirer des commerçants et achalander au mieux leurs boutiques.

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La première étape du tour consiste à poser ses dominos en faisant correspondre au moins deux ressources.
Le jeu se déroule donc en deux étapes.
La première s’apparente à une partie de dominos sur le plateau de jeu commun, afin de récolter les ressources nécessaires à votre épanouissement économique. Vous y posez tour à tour des tuiles rectangulaires, constituées de deux scènes représentant chacune l’une des quatre ressources du jeu (le blé étant un peu particulier), en juxtaposant au moins deux scènes identiques.
La deuxième, se veut plus un jeu de gestion, puisqu’il s’agit de créer des quartiers et d’approvisionner vos boutiques, sur votre plateau individuel, pour gagner les points de victoire correspondant en fin de partie. Toutefois, chaque ressources non dépensée à la fin de votre tour, est immédiatement défaussée. Le but est donc d’optimiser au mieux votre récolte en fonction de vos besoins.
A la fin de la partie, vous marquerez des points en fonction du remplissage de vos boutiques, des divinités différentes que vous vénérerez, du blé que vous aurez accumulé ou encore des monuments que vous aurez construits. Simple, non ?

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Sur les plateaux individuels, on construit ses échoppes qu’on doit pourvoir en ressources pour scorer.

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Les ressources sont quand même bien petites
Fertility fourmille de belles idées. D’abord d’avoir mélangé les genres, entre la gestion de ressources sur son plateau individuel et les mécaniques de pose, entre optimisation et blocages, si vous vous intéressez un tant soi peu au jeu de vos adversaires. Ensuite cette péremption des ressources vous force à maximiser leur utilisation et évite ce syndrome bien trop courant de l’accumulation compulsive. Il propose également deux niveaux de lecture, avec ses règles simples lui conférant un petit côté familial, et cette profondeur tactique qu’il se découvre sitôt que vous jouez avec des adversaires aguerris. Bref, Fertility avait de bons atouts en manche pour s’imposer sur le marché de plus en plus embouteillé qu’est celui du Jeu de Société. Mais voilà, il commet des erreurs assez grossières, à commencer par son matos de qualité très insuffisante pour notre époque.

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Les monuments en carton, c’est quand même une très mauvaise idée…
Je veux bien que, pour réduire les coûts et donc le prix de vente, on évite de blinder sa boîte de meeples en bois et de figurines de plastique, mais entre les ressources ridiculement petites et les monuments en carton (au propre comme au figuré) qui ne tiennent pas la route, c’est un peu limite. Moins honteux, les plateaux individuels sont tout de même bien trop fins ; d’autant que les quartiers et les « dominos » sont plutôt bien fait.
L’autre problème tient de sa règle des tuiles en moins, durant les parties à trois et deux joueurs. Car, comme d’autres avant lui, Fertility propose d’adapter l’expérience au nombre de participants. Sauf que dans son cas, retirer aléatoirement des tuiles vallées, c’est l’assurance de se retrouver le bec dans l’eau en cas de bad beat sur le tirage au sort, si vous avez tout misé sur le papyrus par exemple (ou toute autre ressources). Ce déséquilibre aurait clairement pu être évité en ôtant des tuiles spécifiques plutôt que de laisser le hasard s’en charger. Du coup, il est préférable d’y jouer à quatre, et à la rigueur à trois. Mais je le déconseille à deux.
Enfin, le thème est clairement et complètement plaqué. Il pourrait se passer au Moyen Âge, à notre époque ou dans le futur, sur une planète lointaine, voire être complètement abstrait, que ça ne changerait absolument rien aux mécaniques de jeu. Personnellement, ça ne me gêne en rien, mais sachez-le si vous êtes du genre à y accorder de l’importance.

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La boîte aurait gagné à être réduite de moitié

A part ça, le jeu n’entrera peut-être pas au panthéon des boîtes célèbres, mais il est suffisamment bon, technique et tactique pour s’accorder vos faveurs quelques temps. Et comme il peut faire le grand écart entre la famille et les potes aficionados, il aura tendance à sortir facilement et régulièrement, quelque soit le type de joueurs en face de vous ; d’autant que les parties ne sont pas bien longues.

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