Prometheus, la nalyse

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Il est arrivé, le messie. Pas le nain autiste qui joue au ballon, le nouveau putain de blockbuster de science-fiction de Ridley Scott.

La nalyse n’est pas systématiquement raccord avec l’actu, elle n’est pas objective, ce n’est pas une fiche technique, elle ne fait pas de détails ou en donne tout plein selon l’humeur, elle n’est pas faites pour influencer tes achats de consommateur fou parce qu’elle n’en tirerait aucun intérêt, elle est juste écrite pour te faire partager mes goûts à moi, ton K.mi qui t’aime (un peu comme un gosse qui fait popo et qui est fier et émerveillé de le montrer à tout le monde.)

Je vous l’introduis tout entier

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Un vaisseau spatial qui en jette.
La science-fiction est un genre réputé mais finalement rares sont les vrais chefs-d’oeuvre en la matière. L’un des barons du genre s’appelle Ridley Scott puisqu’au panthéon des nerds se trouvent Alien et Blade Runner. Alors que le maître planche actuellement sur une suite à ce dernier – comme je vous l’annonçais dans le dernier numéro de Badass -, son Prometheus est bel et bien une préquelle à Alien où les références ne sont pas que subtiles et discrètes mais aussi purement flagrantes. (Pour autant si vous êtes parmi les trois personnes au monde à n’avoir jamais vu le huis-clos extra-terrestre culte vous pouvez foncer voir Prometheus sans souci.)

Le pitch dans ta potch

Une pelleté de civilisations disparues – maya, aztèque, babylonnienne etc – qui malgré leurs localisations et leurs époques diamétralement différentes ont tous laissés pour trace les mêmes peintures indiquant une sorte de carte interstellaire menant à ce qu’on suppose être des hommes de l’espace d’après les gribouillis ancestraux. Le couple de chercheurs ayant fait cette découverte est persuadé que suivre ces indications va les mener aux créateurs de notre monde et des êtres humains. En compagnie d’une poignée de spécialistes en tous genres, ils embarquent sur le vaisseau Prometheus pour deux ans de trajet cryogénisés avant qu’on ne les retrouve en 2093 à proximité de leur destination. Prométhée (Prometheus en Anglais) était dans la mythologie grecque un titan qui voulait mettre les Dieux et les humains au même niveau, c’est ce que l’équipage du vaisseau va tenter de faire…

Attardons-nous là-dessus (enfin, moi, surtout…)

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Le seul moment qui a réussi à peu près à me faire sourire dans une des rares scènes  »comiques » du film vient de tous les deux.
Au début du film j’ai ouvert la bouche, béatement, tellement j’étais subjugué à l’idée de me retrouver au cinéma devant ce qui deviendra – et qui l’est déjà pour moi – probablement un film culte. Je l’ai fermé seulement à la fin, et je suis reparti de la salle content d’avoir dépensé plus de 10 euros pour voir ça (et de n’avoir avalé aucun insecte). C’est pas tous les jours qu’une chose pareille arrive. En soi, rien que cet argument devrait suffire à n’importe qui pour aller voir un film. Prometheus est un vrai long métrage de cinéma, qu’on se doit de voir sur la toile avant de se le repasser en Blue-Ray/DVD sur son écran de bourgeois quelques mois plus tard. Il en fout plein la vue, le visuel est à la mesure d’une création de Ridley Scott, mais en plus de ça il est intelligent. Pose quelques questions, propose des scènes chocs, un peu de suspense, un peu de frissons, de l’aventure, de l’exploration, un peu de badasseries, des effets spéciaux fantastiques (à part le maquillage du vieux), en résumé tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un bon film de SF. Et en prime, il y a du grain à moudre pour les millions de fans d’Alien

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Les explications autour de ces jarres sont très abstraites, voire inexistantes. C’est le cas pour plusieurs autres choses du film.
L’un des trois co-scénariste de Prometheus (dont Ridley Scott himslef) s’appelle Damon Lindelof. Peut-être que je vais en faire fuir certains en l’écrivant, à qui l’info aurait échappé, peut-être qu’au contraire ça va attiser la curiosité d’autres. Son nom et son C.V. sont directement liés à ce que Prometheus montre, ce n’est pas un hasard si je choisi d’en parler. Si comme moi vous avez saigné Lost, dont il est une des têtes pensantes, en voyant Prometheus vous allez forcément y penser. Non pas qu’il y a placé des références, pas du tout même, mais plus parce que le style se ressent légèrement. Oui, vous allez parler de Prometheus avec les gens qui l’ont vu, peut-être même que vous allez faire des recherches sur les forums pour voir ce que les gens disent, parce que plusieurs éléments de mystère entourent l’oeuvre et restent pour ainsi dire tels quels après visionnage. Le spectateur est libre de penser ce qu’il veut, de théoriser, d’avoir sa propre perception des choses. Contrairement à Lost vous ne serez pas frustré par la fin. En tout cas moi je ne l’ai pas été même si elle est ouverte (elle se doit de l’être, préquelle oblige, mais elle ne s’arrête vraiment pas là où Alien commence, il y a de la marge – d’ailleurs je ne suis pas certain que ce soit judicieux de faire de Prometheus une nouvelle trilogie). La mythologie Alien s’est incroyablement élargie avec ce film et soulève bien d’autres questions, principalement sur la création de l’être humain et ses créateurs.

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Evidemment, il y a quelques scènes spectaculaires.

Est-ce que je suis frustré de ne pas avoir eu toutes les réponses aux questions que soulèvent le film ? C’est une question que tout le monde va certainement se poser après avoir vu Prometheus. Pour moi-même je ne sais déjà pas y répondre, alors pour vous… J’ai beaucoup aimé le film ce qui veut dire que le sentiment de frustration est très faible pour moi. Et j’ai aussi beaucoup aimé en parler après. Est-ce qu’après tout ce n’est pas le postulat de base d’un film de SF – qui en plus se targue de remonter aux origines (fictives bien entendu) de la création de l’être humain – que de faire se poser des questions aux spectateurs ? Je laisserai cette question sans réponse, tel un Damon Lindelof en rut.

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Noomi Rapace, future très grande actrice.
Alien est devenu ce qu’il est grâce à la bête, Prometheus vous donnera ce que vous attendez mais il va plus loin, il ne repose pas que sur ça, c’est presque anecdotique d’ailleurs (bon j’exagère). Ce n’est pas le même genre de film, nous ne sommes pas face à un actionner-survival en huis-clos, et pourtant un peu quand même. Alien est devenu ce qu’il est grâce à Sigourney Weaver. LA meuf badass par excellence, statufiée rien que pour son rôle de Ripley, un charme fou, une simplicité touchante, et pourtant une virilité palpable enrobée dans une fragilité de tous les instants. Prometheus a Noomi Rapace, c’est la même. Tout est dit. Le même charisme, la même fragilité, la même virilité, la même absence d’artifices inutiles. Vous avez déjà pu voir cette actrice hors du commun – pour qui l’avenir à Hollywood semble radieux – dans la version suédoise de Millenium en tant que Lisbeth Salander, un rôle à poigne, ou encore en tant que super bonnasse bohémienne dans Sherlock Holmes 2 (si vous êtes un cinéphile en perdition ou qui a accepté d’accompagner sa meuf au cinoche pour voir cette merde à condition qu’elle vous paye la place). Des rôles qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et qui montrent bien toute l’étendue du talent de cette gonzesse, capable d’interpréter une beauté totale ou une nana avec une grosse paire de couilles avec la même facilité. D’ailleurs un truc marrant, Noomi est Suédoise. Bon ok elle a des origines espagnoles, mais avouez qu’elle est loin de l’image qu’on a de la Suédoise grande, blonde, aux yeux bleus, qui fait la potiche chez Ikéa… (Ca fait toujours bien un cliché raciste dans un article.)

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Vous ne trouvez qu’il y a quelque chose de dérangeant dans son visage ?
Michael Fassbender n’est pas en reste dans son rôle de David, l’androïd. Plus vrai que nature, parfait mais parfaitement distant, sans sentiment, sans âme, quand on le regarde, dès les premiers instants, on sent un truc pas normal chez lui, pas humain. Etonnant. Et en même temps différent de la composition de Lance Henriksen qui jouait Bishop, l’androïd d’Aliens 2 et 3 (plus marquant à mon sens que l’Androïd du premier Alien). Mention spéciale pour Charlize Theron également, autre actrice hors du commun capable de tout jouer (elle est exceptionnelle dans Monster, si vous ne l’avez jamais vu, foncez, c’est adapté d’une histoire vraie d’ailleurs), ici elle est une beauté froide. Un rôle ingrat qui aurait pu la faire passer au rang de personnage anecdotique mais je ne sais pas pourquoi – peut-être parce que c’est Charlize Theron en combi moulante – je m’en souviens.

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En voyant ce personnage on se dit  »ok, c’est le cliché du connard badass qui n’a peur de rien typique des films américains » alors qu’en fait…
Prometheus aurait pu être un échec, il n’en est pas passé loin à mon sens lors de certains passages où l’on a frôlé l’américanisme extrêmement lourd et chiant. Par exemple, revenir sur les origines du monde sans parler de Dieu aurait été inconcevable mais parler de Dieu lorsqu’on est Américain ça donne tout de suite envie de se tirer une balle et god bless mon cul. Heureusement les quelques petites discussions sur le sujet sont discrètes, cohérentes et intelligentes, l’épisode de la croix est bien trouvé et suffisamment subtil pour ne pas devenir trop… Américain. – Et je trouve ça très intéressant d’avoir placé quelques références à la religion dans un tel contexte, imaginez qu’on trouve dans la réalité de nouvelles origines à l’être humain, des vraies, concrètes, et de nos créateurs, bien sûr que la religion va rentrer dans le débat. – Dans une moindre mesure et sur un autre sujet mais qui reste tout aussi Américain, on a tout de même un fameux élan de bravoure et de sacrifice suivi d’une réplique pseudo comique… Ca dure quelques secondes, ça a suffit pour m’horripiler, mais y parait que pour certains spectateurs c’est libérateur. Mouais… Preuve que l’on est d’ailleurs en face d’un autre genre de film qu’Alien où les élans de bravoures sont présents mais ont plus de distances et moins d’impact déstabilisant à mes yeux puisqu’il s’agit d’un actionner-survival typique où il aurait été parfaitement dommage de se passer d’un ou deux perso one-liner à la gâchette facile. M’enfin, tout ça n’a pas gâché mon plaisir puisque j’ai beaucoup aimé Prometheus au final.

Un grand film.

https://youtube.com/watch?v=VjXT1CVP6Tg%3Fversion%3D3%26hl%3Dfr_FR%26rel%3D0

Les trucs à ressortir en société pour susciter de nombreux fantasmes chez les personnes de ton choix

– Noomi Rapace a fini le tournage de Prometheus éreintée, pleine de bleus partout. D’ailleurs observez ses jambes lorsqu’on les voit dans le film…
– Ridley Scott a conseillé à Charlize Theron de notamment rester dans les coins, de se tapir dans l’ombre, pour accentuer son côté distant et froid. Ca doit être la seule fois de sa carrière où on lui a demandé de se tapir dans l’ombre…
– La taille des décors utilisés dans le film est équivalente à celle de l’Empire State Building…

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