Django Unchained, la nalyse

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Après le film de gangsters, la blaxploitation, le film de kung-fu, le slasher/film de caisses et le film de nazis, le nouvel hommage au cinéma bis de Tarantino concerne le western spaghetti.

La nalyse n’est pas systématiquement raccord avec l’actu, elle n’est pas objective, ce n’est pas une fiche technique, elle ne fait pas de détails ou en donne tout plein selon l’humeur, elle n’est pas faites pour influencer tes achats de consommateur fou parce qu’elle n’en tirerait aucun intérêt, elle est juste écrite pour te faire partager mes goûts à moi, ton K.mi qui t’aime (un peu comme un gosse qui fait popo et qui est fier et émerveillé de le montrer à tout le monde.)

Je vous l’introduis tout entier

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Schultz enseigne sa philosophie à Django.
Quentin Tarantino est mon réalisateur préféré. Y en a d’autres que j’aime beaucoup, mais lui c’est comme s’il faisait ses films juste pour moi. C’est le seul réalisateur à m’avoir autant de fois transmis de vraies sensations de bonheur à travers ses films, je me suis souvent dis « rhaaa putain, je kiffe, c’est génial » en les regardant. Sauf que DeathProof (aka Boulevard de la Mort) faisait tout de même relativement pâle figure dans sa filmographie (et surtout face au segment Grindhouse de Rodriguez) et qu’Inglourious Basterds sans être un mauvais film est selon moi, de loin, le moins réussi. Manque de bol il s’agissait de ses deux derniers longs métrages… J’attendais vraiment beaucoup Django Unchained mais, pour la première fois pour moi pour un film de QT, il y avait aussi de la crainte…

Le pitch dans ta potch

Deux ans avant la Guerre de Sécession, dans le Sud des U.S.A., un chasseur de prime du nom de Dr Schultz (Christoph Waltz) libère un esclave, Django (Jamie Foxx), dans l’espoir de retrouver grâce à lui trois frères dont la tête est mise à prix. Pris de sympathie et se sentant responsable de lui, Schultz une fois la prime encaissée va aider Django à libérer sa femme, retenue dans une des plus grandes plantations de Coton du Mississipi.

Attardons-nous là-dessus (enfin, moi, surtout…)

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Je voulais vous mettre une des bandes annonce du film mais je trouve qu’elles spoilent toutes un peu trop de bonnes scènes.
Autant le dire tout de suite j’ai adoré le film. Je le place dans mon top 3 du réalisateur (derrière Pulp Fiction et les deux Kill Bill) et croyez moi ce n’est pas rien. A travers une histoire bateau qui vient rendre hommage aux codes de tout un genre, Tarantino comme à la belle époque transcende le tout en dirigeant des acteurs qui crèvent l’écran (y compris les has been une fois de plus, comme quoi il est indéniablement un grand metteur en scène), une photo remarquable et très ambiancée, des dialogues ciselés, un comique de situation hilarant, des références innombrables, du sang à la pelle, une bande son folle, et une audace dingue.

L’esclavage est une période encore très délicate à gérer pour les réalisateurs américains, souvent un peu trop effrayés par la pression que ça pourrait mettre sur leurs épaules. Tarantino lui y va à pieds joints et enfoncent ses deux majeurs dedans. Il montre les choses ouvertement, les dialogues sont crus, il a tourné sur de vrais lieux chargés d’Histoire, mais tout ça à sa sauce, à travers un film bis bien burné. Alors bien entendu ce n’est pas un film historique, bien entendu l’auteur n’est pas du genre à se faire le porte parole de quelconque message mais à sa manière il fout quand même un bon coup de latte dans le cul.

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Stephen (Samuel L. Jackson) et Calvin Candie (Leonardo Di Caprio) sont brillants.
Difficile de ne pas se marrer devant un Ku Klux Klan qui ne s’en sort pas avec ses masques, difficile de ne pas s’en prendre plein la vue devant Christoph Waltz, Don Johnson, Leonardo Di Caprio, Samuel L.Jackson et Jamie Foxx qui ont chacun leur grand moment, difficile de ne pas admirer certains décors naturels du film, difficile de ne pas se laisser porter par des conversations ultra savoureuses, difficile de ne pas jubiler devant la violence absurde de certaines scènes, devant la maîtrise du gore et des effets spéciaux à l’ancienne, difficile de ne pas être en état de grâce lorsque vient à nos oreilles un morceau réarrangé d’Enio Morricone comme un gros morceau de rap – Rick Ross notamment, avec lyrics appropriés à la scène – complètement anachronique quelques scènes après, difficile de ne pas tilter d’un air satisfait lorsqu’on reconnait la petite apparition clin d’oeil d’un acteur (il y en a vraiment beaucoup sur ce film, de Tom Savini à Franco Nero en passant par Zoe Bell)…

Difficile pour moi de faire cette nalyse sans partir dans tous les sens tellement je n’arrive pas à retenir mon euphorie. Je suis on ne peut plus heureux d’avoir vu ce film qui vient renouer avec l’âge d’or de Tarantino. Django Unchained est un très bon western mais c’est encore plus que ça.

Django Unchained est une leçon de cinéma. MON cinéma.

Les trucs à ressortir en société pour susciter de nombreux fantasmes chez les personnes de ton choix

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Une photo de tournage plutôt cool.

– A moins que ce soit une prothèse et/ou à moins que j’ai mal vu, Jamie Foxx est sacrément bien monté…
– « The Angel, The Bad And The Wise » fut le titre envisagé fut un temps pour le film, en hommage au plus célèbre des westerns de Sergio Leone, l’un des réalisateurs préférés de Tarantino.
– « Django Unchained » est un titre hommage à « Django« , western de 1965 dans lequel Franco Nero a le rôle titre. Nero qui fait bien entendu une apparition dans Django Unchained
– Tarantino a écrit ce film pour Christoph Waltz qu’il a déjà dirigé dans Inglourious Basterds. Encore une fois il lui fera parler les trois langues qu’il maîtrise.
– Si vous avez déjà vu La Maison des 1000 Morts et The Devil’s Reject, vous savez probablement qui est Sid Haig, acteur au visage si mémorable. Il semblerait (rien d’officiel) que Tarantino lui ait fait croire qu’il allait avoir un rôle dans le film (celui de Stonesipher) avant d’engager quelqu’un d’autre. Tout ça pour se venger du comédien qui avait refusé de jouer Marsellus Wallace dans Pulp Fiction. (Si c’est vrai c’est un super coup de pute, bravo.)
– Si vous avez vu Boardwalk Empire, vous connaissez probablement Michael K.Williams, acteur afro-américain qui lui aussi a un visage atypique. Tarantino lui avait écrit un rôle exprès pour lui, qui a dû décliner justement à cause du tournage de Boardwalk Empire. Ils sont beaucoup d’autres à avoir dû décliner pour X raisons, Joseph Gordon-Levitt, Sacha Baron-Cohen, Kevin Costner ou encore Kurt Russel.
– Il n’y a pas que des anachronismes volontaires dans le film, par exemple le petit « beer tap » que Christoph Waltz utilise dans le saloon pour retirer la mousse des bières n’est apparu qu’au début du XXème siècle alors que l’histoire se passe en 1858. Il y en a vraiment beaucoup d’autres comme la copie d’un buste de Nefertiti chez Calvin Candie qui n’a pourtant été découvert qu’en 1912 ou encore l’utilisation de la dynamite qui n’a pourtant pas été inventée avant 1867 etc…
– Le logo Columbia dégueulasse aux couleurs distordues qui appairait en début de film est évidemment une petite fantaisie pour ressembler à celui des vieux westerns. En effet le logo utilisé date d’avant 1976.
– Comme pour tous les films de Tarantino il y aurait de quoi faire tout un bouquin avec les trivia, donc je vais m’arrêter ici.

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