La Théorie du Chaos – L’Escapatoire

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Le battement d’ailes d’un papitrouille à Paris peut-il provoquer une tornade à l’autre bout du monde ?

Le scénario était tentant et le résultat est génial. Une salle home made parfaitement maitrisée, une histoire efficace, très présente, un coup de cœur pour son originalité.

Commencer un article par la conclusion peut paraître étrange, et pour le comprendre, je vous propose de revenir dix mois en arrière dans mon cas et cinquante ans en arrière pour Swann.

C’est en novembre 2019 que j’ai joué cette Théorie du Chaos de l’Escapatoire, sans les Polygamer. Cette salle a tellement été une surprise pour moi que j’en ai parlé des dizaines de fois aux autres membres de la Rédac’. J’ai tout fait pour qu’ils s’y rendent, mois après mois, mais avec leur inorganisation habituelle, c’est seulement en ce mois de septembre 2020 qu’ils se sont décidés ! Les avis qui suivent sont donc basés sur deux expériences différentes, à dix mois d’écart.

La théorie du Chaos

Swann est une scientifique qui regrette ses choix de carrière et souhaiterait devenir écrivaine. Mais c’est sans doute trop tard, sa vie est faite… à moins qu’elle n’arrive à nous envoyer dans son passé, il y a 50 ans, et que nous puissions changer d’infimes choses, tels de petits papillons aux grands effets.

Avec une telle histoire, l’Escapatoire place la barre scénaristique très haut. Le personnage de Swann est incarné par notre GM, Lou. Afin de ne pas l’effrayer quand nous apparaitrons le jour de l’anniversaire de ses 6 ans, elle nous remet des déguisements et nous fait passer pour les amis imaginaires de son enfance. Je pense immédiatement à Toma qui aurait adoré être à ma place, je serai dans la suite de l’aventure Papitrouille, un hybride papillon/citrouille.

La première partie se passe donc dans un univers enfantin. Un décor de chambre un peu simple, mais c’est pour mieux y cacher des énigmes ludiques, des grands labyrinthes de billes et d’autres surprises. La progression se fait au travers d’un mélange d’énigmes et de manipulations originales. Swann apparaît plusieurs fois et nous invite à jouer nous aussi notre rôle, à dépasser notre imagination. Le rôle de Papitrouille me convient parfaitement, je peux battre des ailes à ma guise.

Nous réussissons la première grande épreuve de sa vie et basculons quelques années plus tard, à l’adolescence. On sent déjà que nos premières actions ont un impact sur cette Swann devenue ado, et par chance elle n’est pas rebelle. Le décor change du tout au tout, cette Swann est bien curieuse ! Les énigmes deviennent plus complexes, plus sombres, non linéaires, nous sentons la pression monter. Et ce n’est pas fini, nous visitons encore plusieurs époques de sa vie et chacun de nos choix fait évoluer son comportement, espérons ne pas avoir fait d’erreur !

Tout le panel d’énigmes est présent, certaines sont difficiles et d’autres funs, elles sont bien intégrées aux thèmes et aux époques. Elles s’enchainent jusqu’à arriver au bout des 67 minutes de jeu (sur 80 prévues) et nous nous retrouvons de nouveau face à Swann adulte. Il semble que nous ayons réussi, elle est maintenant autrice à succès, comme cette salle d’ailleurs !

Lors du debrief, nous pouvons entrevoir rapidement l’arbre du scénario et ses huit fins différentes. Nous avons fait les meilleurs choix pour la meilleure fin, mais nous ne pouvons en savoir plus sur les autres possibilités. Lou nous a accompagnés pendant le jeu et ses apparitions étaient très réussi, un superbe roleplay.

Le scénario était tentant et le résultat est génial. Une salle home made parfaitement maîtrisée, une histoire efficace, très présente, un coup de cœur pour son originalité. Et puisque le papillon a fait son effet, cette conclusion est maintenant légèrement modifiée, si vous êtes curieux, si votre âme d’enfant résonne encore en vous, n’hésitez plus et allez retrouver Swann.

L’avis de Fylodindon

Après des mois à nous tanner pour qu’on aille faire la salle qu’il a honteusement testé sans nous, ce traître de Smy a fini par nous avoir à l’usure. On s’est donc enfin décidé à nous rendre à l’Escapatoire, pour nous frotter à notre tour à cette Théorie du Chaos. C’est donc entre vrais Polygamer fidèles et solidaires, qu’on a pu rencontrer Swann, toujours aussi malheureuse dans son costume de scientifique aux envies d’ailleurs.

Et ça commence plutôt bien, puisque la première étape consiste à se déguiser ; comme si cette salle avait été spécialement conçue pour nous. En sus de ces costumes, nos personnages se voient dotés de pouvoirs et compétences uniques, qui nous aideront durant notre périple temporel. Une bien belle idée, tout comme ce système d’embranchements scénaristiques, même si je les trouve un peu trop évidents ; limités finalement à un choix A ou B en fin d’époque (et de pièce). J’aurai préféré que ce choix découle de notre manière de progresser et de résoudre les énigmes, et non par une décision finale. Mais je chipote : c’est quand même la première fois qu’on voit ça dans un Escape. C’est à souligner !

Je n’ai pas spécialement accroché aux décors et aux énigmes de la première pièce, mais heureusement la salle se rattrape sur la suite, plus réussie mais aussi plus ardue. Les 80 minutes et nos pouvoirs d’amis imaginaires nous auront finalement été bien utiles ; à contrario de Toma-Papitrouille qui n’a fait que virevolter bruyamment pendant une heure. Cet insecte tenait finalement plus du moustique que du papillon (Quelle idée d’avoir un ami imaginaire moustique !). Bon point aussi pour notre GM qui nous accompagne pendant toute la partie, remplissant ainsi parfaitement son rôle, ou plutôt ses rôles, et n’hésitant pas à nous impliquer dans l’histoire et à distiller ses conseils, lorsqu’on était à la peine.

En définitive, cette Théorie du Chaos s’avère être une très bonne salle, qui prouve qu’on peut encore innover autrement que via des décors cinématographiques ou des mécanismes à la pointe de la technologie, mais qui ne va pas encore assez loin à mes yeux dans la réalisation de ses idées.

L’avis de Toma021

Pour faire simple je suis tout à fait d’accord avec Fylo. Sauf bien sûr pour la partie sur Toma-Papitrouille qui était la quintessence même de l’esprit Papitrouillesque. Mais ça il ne l’a pas compris. Pour le reste et pour ne pas faire trop de redite, gros point positif sur les embranchements scénaristiques (j’ai d’ailleurs préféré la première (et dernière) salle pour ma part) et sur la GM. On a toujours aimé les GM présents qui prennent leur rôle à coeur et c’est bien le cas ici.

Enfin et ça sera ma conclusion, la Théorie du Chaos est une salle où l’on s’amuse et donc à moins que vous soyez chiants je vous conseille forcement d’aller y faire un tour.

L’avis de Sly Sovas

Pour filer la métaphore inscetoïde papitrouillesque, je dirais que cette salle est une magnifique chrysalide à laquelle il ne manque pas grand chose pour devenir un merveilleux Papillon de Lumière (honte à vous qui avez la ref). Blague à part, il y a énormément de bons ingrédients : une excellente idée narrative qui sous-tend le récit, des embranchements qui rendent unique l’expérience vécue par les joueurs, une GM hors pair (go go go la prime !), des rôles personnalisés pour chacun des joueurs avec des fonctions uniques et last but not least, une histoire originale (ce qui en 2020 mérite vraiment d’être salué).

Mais alors que manque-t-il me demanderez-vous ? Si la fin est géniale, les moyens pêchent un peu. On peut (et veut !) avoir le beurre et l’argent du beurre, à savoir une salle au storytelling/game design léché avec des mécanismes et des finitions aux petits oignons. Je persiste et je signe : il n’y a pas d’antagonisme entre le côté artisanal, home made et passionné d’un côté, et la réalisation et les moyens mis en oeuvre pour l’incarner de l’autre. Cette salle pourrait être une incontournable si quelques billets supplémentaires avaient déployé leurs ailes. Dommage, mais comme le temps semble relatif, qui sait si un jour peut être, la Théorie du Chaos ne fera pas peau neuve avec les idées du passé enrichies des moyens du futur !?!

L’avis de Tsokoa

Vanté par Smy qui s’était autorisé une aventure extra-conjugale pour faire cet escape game sans la team Polygamer, nous nous rendons donc à l’Escapatoire avec une hâte certaine mais aussi une petite dose de pression à savoir si l’expérience de jeu atteindrait le niveau espéré.

Attendus pour une visite secrète par une scientifique, l’entrée dans les locaux atypiques et l’accueil nous plongent dès le début dans l’expérience de jeu, un premier bon point pour l’immersion. Deuxième bon point avec le thème très original du scénario. Si nous avons déjà eu le droit à notre lot d’histoires de voyages dans le temps par le passé, le tout prend ici une orientation plus personnelle et c’est mine de rien assez rafraîchissant de ne pas avoir à sauver le monde pour une fois.

L’originalité est aussi de mise avec les trouvailles des costumes et des amis imaginaires. Ces éléments ajoutent une dose de role play et juste de fun dont nous sommes totalement clients. L’implication de la GM, la réflexion sur une aventure à embranchements multiples et des énigmes assez originales sont encore autant de trouvailles qui font que cette salle ne ressemble à aucune autre.

Tout n’est pas totalement parfait non plus principalement dans l’aspect un peu bricolé DIY de certains mécanismes dont un a d’ailleurs mal fonctionné, mais cela n’est rien comparé à la dose d’originalité et de fun de cet escape game à nul autre pareil.

Le site de l’Escapatoire

Les salles testées : Notre classement des Escape Games à Paris
Toutes les enseignes et salles de Paris/IDF : Escape Game : Difficultés et Taux de réussite
Et notre petit guide de l’Aventurier !
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