À mi-chemin entre l’Escape Game et le théâtre immersif, le Live Cinema est une expérience complètement folle et l’aboutissement de dix ans d’évolutions de ce loisir.
Le Live Cinema est la nouvelle expérience des créateurs de la Lock Academy, une enseigne historique Parisienne qui a une place particulière dans nos cœurs de joueurs. Particulière par la qualité de leurs Escape Games, leur imagination scénaristique et ludique, leur passion, mais aussi par leur gentillesse et les échanges que nous avons avec eux depuis dix ans.
Quand nous apprenons il y a quelques années qu’ils travaillent sur un nouveau projet démesuré, nous sommes forcément excités. Et quand l’année dernière ils annoncent plus de 500m2 de décors, cela nous parait fou pour une seule aventure… et pourtant !
Zone 51
Nous allons voyager de Paris au Nevada, pour tenter d’infiltrer la zone 51, la base secrète américaine mythique.
Tout commence par un guichet de cinéma, une très jolie salle d’attente années 30, et enfin une salle de projection. Nous sommes confortablement assis devant un film qui nous présente le projet secret d’un chercheur français. Après quelques rebondissements, Robin vient nous exfiltrer et nous présente notre mission digne d’un jeu ou film d’aventure, infiltrer la zone 51 via l’ambassade des États-Unis. Son plan est complexe mais il nous assure que tout va bien se dérouler.
Les premiers décors sont aussi incroyables que les photos le laissaient présager. Nous suivons notre comédien/GM et la première demi-heure est déstabilisante pour des habitués d’Escapes. Nous sommes rarement seuls et devons suivre le plan, tels des comédiens qui suivraient les directives d’un réalisateur. C’est toujours ludique, mais il y a peu de place pour l’improvisation, en tout cas dans cette première partie de l’aventure. Cela ne semble toutefois pas gêner mes coéquipières et coéquipiers. Je me force à lâcher prise, à oublier mes habitudes, me laisser porter, et j’entre alors totalement dans l’histoire.
Nous évoluons dans un espace immense, une succession de lieux très marqués, jusqu’au cœur de l’ambassade. Une pirouette scénaristique très bien vue nous fait voyager ensuite au Nevada. Ce voyage est l’occasion de creuser l’histoire avec le comédien, et une mise en scène très originale rend cela captivant. Même Fylo qui n’écoute normalement jamais rien est concentré. Une fois sur le sol américain, il nous faut continuer notre aventure et certaines parties sont plus classiques dans la liberté de jeu des Escapes, nous redevenons joueurs et moins comédiens. Le final dévoile la chute de l’histoire, dans une séquence que Denis Villeneuve aurait pu imaginer pour « Premier Contact ».
L’agencement des 550m2 est imaginé en fonction des très nombreux lieux et thématiques, mais aussi pour formidablement jouer avec notre sens de l’orientation. Nous découvrons lors du debrief avec l’un des créateurs, Remy, des maquettes des décors et comprenons pourquoi l’espace semble démultiplié. Dans un Escape classique, nous parlons souvent de quelques effets Wahou, de quelques moments marquants. Mais il y en a tant dans le Live Cinema que l’on pourrait presque dire que l’ensemble est un immense Wahou. Et je n’ai pas parlé de la profusion de détails, des bruitages, des musiques, des éclairages, de la pyrotechnie…
L’aventure est conçue en tunnel, on entre d’un côté et l’on ressort de l’autre, ce qui permet de faire jouer plus d’une équipe toutes les 120 minutes de la mission. Mais aucune crainte, la cadence n’a rien à voir avec un parc d’attraction et les équipes qui nous précèdent ou nous suivent sont toujours loin de nous et l’on a vraiment l’impression d’être seuls dans ces lieux. D’autant plus avec notre GM/Comédien qui est totalement dédié à notre équipe.
Le Live Cinema est au-delà de ce que je pouvais imaginer et même rêver, l’aboutissement d’années d’évolutions d’Escape Games. Je terminais mon article sur Le Grand Hôtel de Paris de The One en écrivant qu’il nous faudrait peut-être imaginer une nouvelle catégorie au-dessus des « Incontournables », cette Zone 51 y entrerait sans aucun doute.
L’avis de Fylodindon
Contrairement à mes coéquipiers, je n’ai eu aucun mal à entrer dans l’aventure et me laisser porter par la narration et notre GM, plutôt investi et prompt à réagir à nos conneries (sales gosses un jour, sales gosses toujours). Après, c’est vrai que je ne lis pas les briefings, mais j’ai au moins lu le titre de l’enseigne : Live Cinema. Un peu comme… du cinéma… en live donc. M’est avis que ça doit être un indice que mes tocards d’équipiers n’ont pas su relever.
Bref, après une introduction relativement calme, bien calés au fond de notre fauteuil a regarder le film qui nous est diffusé, l’aventure part tambours battants et ne s’arrêtera pour ainsi dire pas. Ou plutôt peu, puisqu’elle marquera une pause l’espace d’un instant (une pause fraîcheur comme ils disent au foot) où, étrangement, nous avons toutes et tous été captivés par un moment de lecture et de narration là où d’habitude on relâche notre attention. La mise en scène de ce moment est exceptionnelle, je n’ai pas d’autres mots pour désigner l’ingéniosité de ce passage qui aurait pu, aurait dû être chiant.
Mais dans cette « salle » (peut-on encore l’appeler « salle » ?), tout est intelligemment fait. Les environnements sont à couper le souffle, et on a même droit à un moment de pur escape, un moment de jeu limite régressif qui, à lui seul, sort complètement de ce qui est fait et osé ailleurs. Parfois on aimerait rester un peu plus longtemps dans certains lieux tant ils sont magnifiques. On aimerait y jouer encore davantage, mais il faudrait pour ça que l’expérience dure quatre heures au lieu de deux. Comme l’explique Smy, la salle est conçue pour que des équipes se suivent toutes les 35 minutes (rentabilité, tout ça tout ça), mais en jeu on ne s’en rend absolument jamais compte, on n’entend pas les autres joueurs, et l’enseigne a même trouvé une astuce pour nous faire « interagir » avec le GM qui nous précède. Bref, une expérience unique, une expérience grandiose, mais une expérience qui a un prix : entre 225 et 295 euros, en fonction du nombre de joueurs (59€/personne à cinq, par ex.). A chacun de voir où il place le curseur du ratio coût/plaisir.
L’avis de Tsokoa
La Zone 51 de Live Cinema est un mélange savamment équilibré entre escape game et expérience narrative. Ce qui m’a le plus impressionné au bout de cette escapade, c’est le degré d’ingéniosité et de maitrise des créateurs de la salle; une chose dont on se rend compte au fil de l’aventure et même après avec une salle de débriefing façon making-of qui fait elle-même partie des trouvailles géniales de cette aventure.
Le terrain de jeu est grand voire même immense et l’est rendu encore plus par la façon dont il a été brillamment exploité, encore plus quand on se rend compte de la mécanique d’horloger suisse qui permet aux équipes de se suivre sans se croiser et encore moins se gêner au sein de ce dédale aux décors spectaculaires.
On est à la fois joueur et spectateur de cette aventure avec un GM/acteur très impliqué et qui peut se montrer parfois un peu directif pour nous faire rester dans les clous. Cela ne m’a pourtant pas gêné du tout et il faut reconnaitre que notre maitre du jeu s’est acquitté avec brio de la tâche de nous supporter et de nous guider tout en restant dans son personnage (et ce alors que c’est pourtant un de leurs plus mauvais GM d’après un des créateurs (private joke, j’imagine bien que ça n’est pas le cas (enfin je crois (pour de vrai je suis quasi sûr qu’ils sont tous excellents (en tout cas lui oui (j’utilise peut être trop de parenthèses, non ?))))).
La composante purement énigme et réflexion reste limitée par rapport à un escape traditionnel, mais s’intègre formidablement bien à cette expérience immersive que l’on vit vraiment de l’intérieur. Avec cette formule hybride mais parfaitement équilibré, Live Cinema propose une expérience de jeu à la narration active qui apporte vraiment une dimension supplémentaire : cette impression d’être passé derrière l’écran, propulsé au cœur d’un film d’action, contrat totalement rempli.
L’avis de Nachcar
Déroutant. C’est le sentiment que j’ai eu au début de cette grande aventure. Etre pris par la main n’est pas trop dans mes habitudes quand je fais un Escape Game. Encore mois être spectateur. Une fois ce petit « blocage » passé, une fois pris dans l’ambiance et après avoir lâché prise, je me suis laissé embarquer dans ce grand voyage. L’immersion y est pour beaucoup. Le GM qui nous accompagne tout au long de l’aventure et qui était parfait dans son rôle contribue aussi à se laisser porter par le scénario (pas super original mais ce n’est pas bien grave). Les décors sont complètement fous. Immenses. J’ai quand même lâché plusieurs fois un petit : « Ah ouais quand même ! ». Même le moment qu’on aurait pu imaginer chiant est incroyablement bien mis en scène et intelligent (contrairement à mes coéquipiers…). Il est d’ailleurs parfois frustrant de passer « si peu » de temps dans certaines salles. Un peu l’impression par moments de ne pas en profiter pleinement. Après le rythme frénétique général fait qu’on passe d’une salle « wahou » à une autre tout aussi impressionnante. Pas le temps de s’ennuyer !
Heureux. C’est le sentiment que j’ai eu en sortant de la salle. Heureux d’avoir vécu une telle expérience. Heureux de ne pas être resté bloqué trop longtemps sur mes premières minutes perturbantes. Le petit briefing de fin façon making-of est le petit bonus qui montre (et prouve) à quelle point l’équipe conceptrice est ingénieuse. Une chouette idée qui termine parfaitement ces deux heures intensives. Une belle conclusion pour une belle surprise. Si vous êtes riche (l’aventure a un prix, et il est ici assez élevé), foncez et laissez vous porter par cet incroyable Live Cinema.
Nous avons été invités par le Live Cinema pour infiltrer la Zone 51.
Toutes les enseignes et salles de Paris/IDF et les taux de réussite
Et notre petit guide de l’Aventurier !
