Nos sales pattes sur la Xbox Series X

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Une dizaine de jours après la sortie officielle des Xbox Series X|S, il est l’heure de vous livrer mon premier retour d’expérience sur la plus musclée des deux consoles de Microsoft.

Après avoir dressé le bilan de la génération précédente, l’idée c’est d’évoquer mes premières heures sur la nouvelle, au travers de la Xbox Series X. Et cette fois pas d’avis des autres membres de la rédac’ puisque je suis le seul à avoir franchi le pas de la Next Gen (Toma a préco la PS5, avec un peu de chance il l’aura le 18 avril). Mais commençons déjà par les faits :

Taille X|S

La nouvelle Xbox Family

Microsoft a lancé non pas une, mais deux consoles nouvelle génération ce 10 novembre dernier. La Xbox Series S et la Xbox Series X ; la première étant une version low cost de la seconde, proposant une résolution moindre, un disque dur moins gros mais aussi un look beaucoup plus sympa qui préfigure peut-être d’une hypothétique version slim de la X, d’ici quelques années. Mais là, j’extrapole… On ne reviendra pas sur le grand n’importe quoi autour de ce nom de consoles, qui embrouille l’esprit des joueurs plus qu’autre chose, mais franchement : virez l’équipe marketing !

Le line-up sur ces deux machines est d’une tristesse absolue, puisqu’il n’existe aucune killer app, ni même aucun (gros) jeu développé pour cette génération. Juste une poignée de titres Xbox One optimisés X|S. Mais j’y reviendrais. Quant au tarif de ces consoles, la Series X est vendu 500 euros quand la Series S est vendue quant à elle 300 euros.

Annoncée morte née par nombre de fanboys Playstation (notamment deux à la rédac’), la (les) nouvelle(s) Xbox semble(nt) avoir rencontré(s) un petit succès commercial, très relatif par rapport au déferlement à venir de la PS5 on ne va pas se mentir, mais plutôt prometteur pour la firme américaine. 1,2 millions de consoles se seraient écoulées à travers le monde, dont 800.000 Series X, en 24h. Des estimations plus ou moins fiables, Microsoft se refusant pour le moment à communiquer les chiffres exacts. Si Microsoft n’ira sans doute pas marcher sur les plates-bandes de Sony avec ces consoles, il devrait au moins pouvoir continuer à exister ; c’est déjà ça de gagné. Voilà pour les faits, maintenant parlons sensations…

Premiers pas timides

Le faux pas de Dead by Daylight aura au moins permis à ce fanboy de Toma de pouvoir troller…

On peut dire que cette expérience a plutôt mal commencé, puisque le succès de la console fut suffisant pour mettre à genoux le Xbox Live au soir du 10 novembre. Ainsi, impossible de connecter mon profil à la console lors de son installation. Bon, ça reste anecdotique puisque ça a duré moins d’une heure, mais j’ai eu droit à une belle frayeur. Et puisqu’on parle de couacs, Dead by Daylight, disponible sur Gamepass et optimisé X|S plantait le premier jour, je n’ai donc pas pu tester le jeu avec mes potes restés sur One.

Plus problématique, le Quick Resume tant vanté ne fonctionne pas sur la plupart des jeux, notamment parce qu’à chaque lancement d’un titre, ou presque, il est demandé de se connecter à son profil. On retourne donc automatiquement au menu principal. Impossible de reprendre où on en était, comme c’était annoncé donc. Microsoft est sur le coup et la liste des jeux compatibles devrait s’étoffer avec le temps, mais pour une des feature vedette ça fait un peu tâche ; même s’il faut avouer que ça reste très gadget à mon sens.

Enfin, beaucoup plus grave à mes yeux, et surtout toujours pas résolu à l’heure où j’écris cette ligne, la vitesse de téléchargement des jeux descend en flèche lorsqu’un autre jeu est lancé. Est-ce dû au disque SSD ou à l’OS de la console ? On croise les doigts pour que ce soit l’OS et que ce soit patché rapidement, car c’est vraiment pénible. Heureusement, on peut facilement contourner le problème en lançant l’install sans être chez soi, depuis son téléphone, ou en lançant le téléchargement de nuit.

La PS5 marche sur les pas de la PS4 en épousant la même philosophie : Tout pour le remake !

Autre souci découvert très récemment, les vidéos de jeux enregistrées en 720 ou 1080p apparaissent, en tout cas chez moi, très (trop) sombres. Et comme l’enregistrement en 4K ne peut excéder les 30 secondes, c’est un peu foireux. On aimerait que les possibilités de partage s’étoffent davantage, y compris sur les plateformes vidéos, comme Youtube pour ne citer que lui.

Enfin, pour en finir avec les mauvais points, comment ne pas noter l’absence totale de gros jeux First Party à la sortie des Series X|S ? Une première dans l’histoire des lancements de consoles ;un syndrome curieusement partagé par la PS5 concurrente (la Covid aurait-il joué un rôle là-dedans ?). Notez tout de même que c’est Sony qui propose le plus gros jeu de ce lancement commun, en signant l’exclusivité du Demon’s Souls de From Software… un remake, donc ! Ça en dit long sur l’état de cette industrie.

Optimisée

Les panoramas à couper le souffle d’Assassin’s Creed Valhalla laisse songeur sur ce que pourront proposer les futurs jeux développés spécifiquement pour cette génération.

Tout n’est pas rose donc, mais l’expérience reste toutefois clairement positive. A commencer par le design de la console, beaucoup moins imposant qu’on ne l’annonçait, que je trouve plutôt classe et sobre. Vous me direz que ce n’est qu’une question de goût purement subjective, mais j’aime beaucoup. Je noterai ensuite le silence absolu de la console lorsqu’elle tourne (pas essayé avec un disque, je joue en 100% démat’) et sa rapidité d’exécution, notamment sur les temps de chargements des jeux, considérablement réduits, qui s’avère bien plus qu’un gadget de luxe tant le confort est immense.

Bien sûr, il y a également l’évolution graphique. Pour l’instant les jeux proposés sont des titres issus de la génération Xbox One/PS4, optimisés pour la console, et pourtant le plaisir visuel est déjà palpable ; y compris d’ailleurs dans les jeux non optimisés, qui se contentent d’affiner leur résolution et leur fluidité. Clairement, sur un jeu d’éditeur tiers et Open World comme Assassin’s Creed Valhalla, c’est un vrai délice, tant pour la qualité et la finesse de ses textures que sur la profondeur de champ qu’offrent les fantastiques panoramas du jeu d’Ubisoft. Mais le plus impressionnant reste Forza Horizon 4, déjà superbe sur Xbox One, qui se permet en plus de son optimisation graphique, de proposer des « déplacements rapides » via la map, quasi instantanés.

Pouvoir continuer à jouer à Rainbow Six avec mes potes restés sur Xbox One, c’est un vrai plus.

Mais au-delà de tous ces changements, qui sont un peu le minimum syndical qu’on est en droit d’attendre lorsqu’on change de génération, il y a un point assez nouveau pour un lancement de consoles qui me ravit plus que tous les autres : La rétrocompatibilité !

D’habitude, c’est quelque chose qui ne me touche pas outre mesure, car je n’ai en rien l’esprit retro-gaming. Je ne rejoue que très peu aux jeux que j’ai aimé par le passé, pour garder la magie de ces titres à l’esprit plutôt que de les confronter à la réalité des standards d’aujourd’hui. Du coup, pouvoir jouer aux titres de la 1ère Xbox, de la 360 ou même aux premiers jeux de la One, je m’en fous un peu. Mais compte tenu qu’il n’existe pas de véritable killer app pour ces nouvelles consoles, pouvoir jouer à ses jeux Xbox One optimisés s’avère ni plus ni moins que salvateur.

Mais surtout, cette rétrocompatibilité ne s’arrête pas aux seuls jeux, mais à tout le microcosme de la Xbox, permettant alors aux acquéreurs de la nouvelle console de garder leurs manettes (et notamment la si chère Elite 2), et de pouvoir continuer à jouer avec leurs amis, qui n’ont pas encore cédés aux sirènes de la sacro-sainte consommation. Pour la première fois donc, passer sur une nouvelle génération ne nous isole pas des autres. Et ça c’est un vrai plus.

Vision d’avenir

La vidéo de gameplay de Halo Infinite a tellement badbuzzé qu’il est reparti en studios pour plusieurs mois de développement. Il faut dire que Microsoft n’a pas le droit de se louper avec le Masterchief.

A l’arrivée, cette Xbox Series X s’apparente plus que la One à un solide PC exclusivement préparé pour le jeu, fourni clé en mains par Microsoft. Et en soi, ça nous rappelle un peu les débuts de la marque, avec la toute première Xbox, déjà considérée comme tel à l’époque. En même temps, Microsoft venant du milieu PC, ça n’a rien d’étonnant. Et là encore, les ponts d’or bâtis entre les deux mondes, via le Gamepass ou les « exclusivités » pas tout à fait exclusives, vont clairement dans ce sens. De plus, Microsoft n’étant pas un spécialiste du hardware, il n’est pas non plus étonnant de le voir devenir peu à peu une entreprise de service gaming, avec son gamepass de plus en plus omniprésent et de plus en plus indispensable.

J’imagine sans mal l’avenir à plus ou moins long terme de Xbox se dessiner dans le cloud, s’affranchissant de toute machine physique individuelle. Selon moi, Microsoft semble avoir accepté sa défaite dans le match qui l’opposait à Sony, et cherche désormais avant tout à se démarquer de la Playstation pour ne plus avoir à soutenir la comparaison, un peu à l’image de ce qu’à fait Nintendo ces dernières années, qui avec son esprit décalé et ses jeux familiaux, peut se permettre de ne pas courir après la technologie et de ne pas se retrouver en frontal face à la Playstation.

Everwild est aussi joli qu’énigmatique. Et avec Rare, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre…

Mais à plus court terme, ou du moins à moyen terme, les Xbox Series vont devoir proposer des jeux pour survivre, et force est de reconnaître que pour le moment, ça reste très flou. Halo Infinite devrait probablement sortir durant la première moitié de 2021, lui qui était originellement censé sortir au lancement, mais pour le reste des AAA, il n’y a guère de certitudes. Avec le rachat de Bethesda et tous ces studios qui ont rejoint la marque, celle-ci s’est offert un bel avenir, mais à quel horizon ?

Elder Scrolls VI n’est pas prévu avant « des années » (dixit les développeurs) et il n’y a guère d’espoir de voir Starfield avant au moins 2022. Pour Fable idem, n’ayant été que teasé cet été, il n’y a que peu de chances de le voir en 2021 ; une sortie pour 2022 est bien plus plausible. Il reste bien entendu The Medium, Call of the Sea, Scorn, The Ascent ou Hellblade 2, pour ne citer qu’eux, mais rien qui ne semble avoir la gueule d’une killer app. Il n’y a guère que Everwild qui pourrait endosser ce rôle l’an prochain (s’il sort l’an prochain). Mais le nouveau bébé de Rare semble un peu trop en dehors des clous pour espérer faire l’unanimité.

Bien sûr, je n’ai parlé ici que des jeux First Party et des exclusivités consoles, mais bon nombres de jeux d’éditeurs tiers vont venir enrichir le catalogue et justifier à eux seuls l’achat d’une console nouvelle génération. A commencer par Cyberpunk 2077 le 10 décembre prochain, mais on pourra également citer Vampire: The Masquerade Bloodlines 2, Riders Republic, Resident Evil Village, S.T.A.L.K.E.R. 2 et bien d’autres.

Pour conclure, je dirais que ces premiers pas avec la Xbox Series X ne m’ont pas déçu, d’autant que je n’avais pas fait l’acquisition d’une Xbox One X ; du coup le gap technique est suffisamment important pour ne pas regretter mon achat. Quant à exhorter les foules à passer à la caisse, on en est loin… A l’inverse, je conseillerais plutôt aux joueurs encore dubitatifs d’attendre quelques mois, que la situation se décante un peu au niveau des jeux (idem pour la PS5 d’ailleurs). Mais si vous n’avez pas de One et souhaitez découvrir la Xbox et le Gamepass, n’hésitez pas.

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