Darksiders, le Zelda sous stéroïdes

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Quand un cavalier de l’Apocalypse débarque sur Terre par erreur, les conséquences sont désastreuses pour l’humanité. Mais le bon coté des choses, c’est que ça donne un excellent jeu !

Oh la boulette !

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A l’annonce du jeu, War ressemblait à ça ! C’est un peu terne, non ?
Souvenez-vous : En juin 2007, à l’occasion de l’E3 de Los Angeles, THQ levait le voile sur Darksiders, un petit beat’em all sympatoche nous mettant dans la peau de War, l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse. Et, il faut bien le reconnaitre, depuis ce jour et jusqu’à sa sortie et les premiers tests parus début janvier, tout le monde s’attendait à un énième clone de God of War. Il faut dire qu’avec son coté bourrin, bien malin celui qui aurait pu faire le rapprochement avec Link, le jeune, frêle et naïf héros de la saga Zelda. Pourtant c’est bien vrai : War a bien plus en commun avec le jeune elfe de Nintendo qu’avec Kratos. Car au final, Darksiders n’est ni un clone de God of War, ni même un beat’em all d’ailleurs. Il s’agit tout simplement d’un jeu d’action/aventure, véritable patchwork de toutes les bonnes idées que le genre a pu nous offrir depuis que le jeu vidéo existe. Mais avant de vous expliquer pourquoi, faisons un petit détour par le scénario du jeu qui, une fois n’est pas coutume, est particulièrement passionnant.

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Un peu de couleur, des cheveux blanc et voilà un héros bien plus charismatique.
L’histoire nous propulse de nos jours, en plein New York (ou plutôt son équivalent fictif). L’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse, War, débarque sur Terre dans une pluie de météorites, et avec lui des légions entières venues droit des enfers. Seulement voilà, la boulette : L’Apocalypse ne devait pas avoir lieu et, comme souvent lorsqu’une société fait des erreurs aussi dramatiques, un responsable doit être désigné et sacrifié. Forcément, le bouc émissaire idéal c’est War (on sacrifie toujours les exécutants, pas les têtes pensantes). Toutefois, face à l’insistance du cavalier, menaçant d’amener sa direction aux prud’hommes pour licenciement abusif, le conseil autorise alors War a retourner au boulot. Ils lui confèrent des pouvoirs limités, qu’il devra gagner petit à petit, grâce au piston de quelques membres du comité exécutif à qui War va devoir rendre service. Et surtout, ils le placent sous la tutelle d’un agent assermenté censé vérifier qu’il fait correctement son job ; un petit chef détestable comme toute administration en compte, joué dans la version originale par Mark Hamill tout de même (Luke Skywalker).

My name is Guerre

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War est accompagné par une petite poucave, le genre à qui on lançait des boulettes de papier mâché au collège.
Et justement, cette version originale est l’occasion de pousser un petit coup de gueule, en particulier contre THQ dans le cas présent, mais contre toute l’industrie du jeu vidéo en règle générale. On en a déjà parlé maintes et maintes fois, mais c’est tout de même pénible d’être obligé de passer sa console en anglais pour profiter de la version originale. D’autant plus que, par cette méthode, si les voix sont bel et bien dans la langue de Shakespear (ou plutôt d’Edgar Poe vu l’accent), il en va de même pour les sous-titres. Mieux vaut donc être bilingue ou au moins à l’aise avec l’anglais pour se permettre d’y jouer en VO donc. Un fait d’autant plus aberrant que voix comme sous-titres sont disponibles sur le DVD en plusieurs langues. Je suis certain que ça aurait pris quoi… allez, 25 secondes pour faire large, à implémenter le choix dans les options. Alors d’aucun (et ils sont nombreux ici) vous diront que la VF est tout ce qu’il y a d’acceptable, et ils auront surement raison. Mais pour ma part, je n’ai pas du tout accroché et, surtout, j’ai beaucoup de mal à entendre les autres protagonistes appeler mon personnage Guerre. Avouez que ça sonne quand même moins bien que War ?!

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Même quand le puissant Samael l’invective, il ne sourcille pas une seule seconde… Il a des couilles ce War ! Et il se la pète aussi…
Techniquement aussi, le jeu accuse le coup. Il faut dire que son développement chaotique et ses multiples reports n’ont pas aidé à le garder au top des technologies actuelles. Ceci étant, si Darksiders ne concourra certainement pas dans la catégorie des plus beaux jeux, il reste tout de même tout à fait agréable à l’œil. D’autant plus que malgré des textures un peu en deçà, le jeu se rattrape de fort belle manière avec son level design soigné et son chara-design exceptionnel. Il faut dire qu’avoir un dessinateur de comics à la baguette, ça aide pour obtenir un rendu impeccable tant du héros que des personnages secondaires, mais aussi du bestiaire très étoffé et particulièrement plaisant. Un bestiaire qui va d’ailleurs vous donner du fil à retordre. Presque plus que les boss eux-même. Bon, la bleuzaille de base s’élimine avec une main derrière le dos et les yeux bandés, mais les quelques gros lascars qui trainent demanderont plus d’application et de concentration.

Dungeon Master

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Le boomerang façon Zelda rencontre DarkSector.
Heureusement, pour venir à bout des vils démons qui le tourmentent, notre ténébreux cavalier dispose d’un éventail de coups et de mouvements certes loin de l’euphorie d’un Bayonetta mais tout de même relativement étoffé. Si au début, les combos se ressemblent tous. Par la suite, il est possible d’en débloquer une petite dizaine et de faire évoluer leur niveau de puissance ou d’allonge. L’utilisation d’armes supplémentaires viendra par la suite, agrémenter ces quelques combos de nouvelles possibilités ; que ça soit au corps à corps avec une sorte de faux spectrale violette particulièrement pratique lorsqu’on est encerclé ou à distance avec un genre de boomerang à tête chercheuse multiple ou encore un gros gun qui fait dans la finesse. Sans compter le gentil dada bien entendu, puisque en bon cavalier qu’il est, War aura l’occasion de montrer à Alexandra Ledermann que le dressage de poney n’est pas une discipline uniquement réservée aux petites filles.

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A l’image de son cavalier, le petit poney est bâti comme une buffet Louis XV.
Tout ça fleure bon le simulateur de génocide où l’on étripe, démembre et décapite ses ennemis à tour de bras et rien qu’en cela, Darksiders est déjà très bon. Pourtant, le jeu ne s’arrête pas à ses combats brutaux puisqu’il se divise en donjons que n’aurait pas renié Twilight Princess. En effet, à l’instar de Zelda, le titre de THQ nous propose d’arpenter un monde clairsemé de longs, très longs donjons où force, observation et réflexion auront cure. Comme dans le titre de Nintendo, il sera nécessaire de déclencher de nombreux mécanismes et de récupérer une nouvelle arme ou un nouvel accessoire pour résoudre le casse-tête qui nous sépare du boss final. Du coup, on se retrouve ici en face d’un titre un peu bâtard (sans le coté péjoratif de la chose) piochant allégrement quelques idées à droite à gauche, les plongeant toutes dans un mixer et nous servant la sauce finale telle qu’elle. Et c’est justement cette absence de création qui manque à Darksiders. Aussi bon soit-il, le tout premier jeu de Vigil Games n’a pas encore l’aura des géants que peuvent être Zelda, God of War et autres. Mais tant que le jeu est bon, il serait dommage de bouder son plaisir, non ?

Un patchwork d’idées qui manque de singularité mais fait tout de même mouche grâce à son histoire efficace, son gameplay brutal et sa très grande variété d’action qui ne laisse pas de place à la redondance.

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