It’s a Wonderful World, un wonderful jeu

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Une campagne Kickstarter rondement menée, une livraison en avance, un retrait en boutique possible, avec It’s a Wonderful World, La Boîte de Jeu a coché toutes les cases d’un crowdfunding réussi.

The end of the f***ing world

Avec It’s a Wonderful World, Frédéric Guérard (l’auteur) et Anthony Wolff (l’illustrateur), vous propulse à la tête d’un nouvel empire en plein expansion. Ils sont cinq, cinq comme le nombre de joueurs possibles autour de la table, à se disputer le monde : l’Union Panafricaine, l’Empire d’Azteca, l’État du Noram, la République d’Europa et la Fédération d’Asie.

Curieusement, il n’y a pas vraiment de lore dans le jeu principal. Toutefois, les deux campagnes scénarisées du mode Héritage (mode pas tout à fait legacy mais presque de la version Deluxe, dont l’une est une exclu KS) ne laissent guère de doute sur la dystopie plus militaro-capitalisto-technocrate du monde que nous connaissons (qui est déjà pas mal, dans le genre). Pour prospérer et prendre l’ascendant sur vos voisins, votre empire va donc devoir s’atteler à produire des ressources (cinq différentes) afin d’investir en bonne intelligence dans de nouveaux bâtiments et des technologies de pointe, qui feront de vous un leader incontesté et incontestable.

Rien de très révolutionnaire là-dedans. Vous produisez des ressources, que vous dépensez pour construire des bâtiments, qui vous permettront de gagner encore plus de ressources, tout ça dans le but final de marquer un maximum de points de victoire. Bref, on est clairement en terrain connu, et les inspirations de 7 Wonders et autres jeux de civilisations se font clairement ressentir.

Sélection, réflexion, action

Le graphisme du jeu est là pour nous dépeindre une société idéale

Le jeu se joue en quatre tours, comprenant trois phases chacun :

  • La phase de draft

Une phase bien connue et très prisée des joueurs de JDS, consistant à s’échanger des paquets de cartes desquels vous extirpez, une à une, celles qui vous intéressent… ou celles que vous savez intéresser l’adversaire.

  • La phase de planification

Une phase où chaque joueur va décider ce qu’il fait des cartes qu’il a drafté : Soit il les place dans sa zone de construction dans l’espoir de les voir un jour rejoindre son empire (il n’y a aucune urgence à construire dans le tour et aucune pénalité en cas de bâtiment non construit en fin de partie). Soit il décide de les recycler pour gagner une ressource en particulier (celle associée à la carte).

  • La phase de production

Une phase où chaque empire va produire des ressources en simultané, couleur par couleur : D’abord les ressources blanches, puis les noires, puis les vertes, puis les jaunes pour finir par les bleues. Les ressources ainsi glanées peuvent alors être immédiatement attribuées à une carte en construction. Et si cela permet d’achever l’édification d’un bâtiment, il rejoint alors instantanément votre empire. Ainsi, il pourra lui aussi produire des ressources dans le tour, si celles-ci se trouvent en aval de la chaîne de production.

Simple et efficace

La mécanique a beau être vue et revue, elle n’en reste pas moins efficace. Le principal attrait de cet It’s a Wonderful World par rapport aux nombreux autres jeux du genre, réside dans cette phase de production par étape, ressource par ressource, qui permet de réaliser de jolis combos lorsque tout s’enchaîne comme on le veut.

De plus, le principe de jouer en simultané permet de fluidifier le jeu et de raccourcir les parties (comptez une heure), puisque personne n’attend son tour pendant trois plombes. La contrepartie, c’est qu’on est tellement préoccupé par son propre jeu, qu’on ne fait pas forcément attention à celui des autres. Dès lors, l’interaction, limitée au blocage et aux majorités sur les productions, devient presque anecdotique.

Le jeu propose du bien joli matos (bière non comprise)

 

J’ajouterai en sus, que le grand nombre de cartes proposées dans le jeu de base (et encore davantage dans la version KS Deluxe) permet une grande variété dans les parties et les stratégies possibles. On ne sait jamais trop sur quoi on va tomber durant la draft, et c’est encore plus vrai lorsqu’on joue à quatre ou cinq. Du coup, on part sur une base plus ou moins solide, en choisissant de produire rapidement ou de scorer tardivement, puis on s’adapte au cours des tours suivants en fonction de ce qui nous revient en mains. Toutefois, ce large panel de cartes à dispo fait que d’une partie sur l’autre, tout peut s’emboîter à merveille comme nous laisser complètement sur le carreau ; ce qui peut s’avérer grisant ou frustrant, selon la situation… surtout dans les premières parties. Après on maîtrise un peu mieux ces aléas.

L’amour en héritage

Cette boîte renferme de lourds secrets…

En plus du jeu de base donc, la version Deluxe Kickstarter proposait deux extensions Legacy baptisée Heritage, qui ont la bonne idée d’être rejouables. En effet, si des enveloppes scellées et des boîtes secrètes sont bien au menu, il n’y a par contre aucune destruction de matériel. Elles sont d’ailleurs d’autant plus rejouable qu’il existe pour chacune d’elles, deux fins alternatives.

Je vais bien entendu éviter de m’attarder sur le contenu de ces deux campagnes pour ne pas vous gâcher la surprise, mais sachez qu’elles apportent pas mal de renouveau et un petit côté asymétrique très agréable. Par contre, notez que si elles sont bien évidemment jouables et plaisantes à deux joueurs, il est préférable d’être plus nombreux pour les apprécier pleinement.

Pour finir, la première et la plus courte de ces deux extensions sera disponible en boutique le 17 janvier prochain. Pour la seconde, exclusive Kickstarter, il faudra passer par la célèbre plateforme de crowdfunding à l’occasion du financement de la troisième extension, le 28 janvier.

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