Alors que la Terre entière et surtout les streamers, s’amusent à descendre la dernière exclusivité de Sony, vous avez bien fait d’attendre le test de Polygamer pour savoir ce qu’il en est vraiment.
Insomniac games nous livre donc son nouveau jouet Marvel. Après trois épisodes (deux et un stand alone) sur l’homme araignée, nous voici prêts à incarner un des héros les plus féroces, Wolverine.
Je vais pas vous faire tout un laïus sur lui étant donné que je dois bien avouer ne pas être le plus grand fan du monde des super-héros, loin de là, et que je découvre un peu le perso, ou en tout cas, les détails de son histoire. Une approche qui convient très bien au titre d’Insomniac puisque l’histoire est proposée sous forme de reboot ou de réinterprétation autour de Wolverine. Pas de professeur Xavier ou de X-Men mais un certain Essex et une Team-X. Je rassure les fans tout de même, on croise tout un tas de personnages qui sont bien ancrés dans les comics et l’univers Marvel.
Un pitch de super-héros
On commence dans la peau de Wolverine, très bien interprété par Liam McIntyre et qui bénéficie d’une doublure de qualité en français même si j’ai préféré jouer en VO pour les autres personnages et les langues des pnj (Les japonais parlent japonais… alors qu’en VF c’est tout le monde la même langue).
L’intro se fait sur le sauvetage d’Essex, un mutant qui tente d’en sauver d’autres et qui est à la tête de la Team X, composée de Wolverine, Mystique et Dents-de-sabre.

Notre première cible est Bolivar Trask, scientifique et fondateur d’une énorme entreprise à son nom qui n’a vraiment pas l’air d’aimer les mutants et souhaiterait les voir disparaître. Comme dans beaucoup de films du genre, le super vilain à l’air d’être présent depuis toujours et bien trop puissant pour être atteint pourtant après ce petit sauvetage d’Essex, on va partir directement le chasser et ce sera même assez rapide. On aura donc le droit à des changements de méchants et des rebondissements afin de tirer le scénario sur la longueur. On rencontrera aussi d’autres mutants qui luttent pour leur survie, dont Jean Grey, avec qui des liens assez forts vont se former.
Un gameplay sauvage et réussi
Cette romance est d’ailleurs très réussie, sincère, douce, humaine, presque touchante. On y retrouve Wolverine partagé entre son côté animal et une volonté de vivre comme un humain normal. Elle aura aussi un impact sur le gameplay puisque Jean va se joindre à l’aventure un bon moment. Et tout comme avec Dents-de-sabre, ces phases à plusieurs donnent lieux à des finish-him en coopération.
J’enchaîne sur un premier défaut du jeu à mes yeux, un gameplay relativement pauvre. Le combo de base, carré carré carré triangle sur PlayStation va être utilisé des milliers de fois. Et très vite on regrette qu’il n’y ai pas tant de diversité de proposée. Certes, les coups s’étoffent avec la montée en niveaux de Wolverine, mais en dehors de ce combo, du bouton de parade, des esquives et d’une gâchette pour activer 4 attaques spéciales qu’il faut charger, les combats ne proposent pas grand chose de plus. Et des combats, il y en a un paquet. Donc même s’ils restent efficaces, un gameplay plus riche aurait été bien venu. Sur ce point Insomniac descend clairement d’une marche par rapport à l’efficacité incroyable d’un SpiderMan et je ne compare même pas avec un God of War.

Aller j’enchaîne sur la pire aberration du jeu, les horribles traces bleues fluo. Au secours. Mais à quel moment on peut imaginer que c’est une bonne idée. C’est principalement utilisé pour des collectibles et non pour du gameplay (j’ai dit principalement, il y a de rares passages où ça rentre dans le gameplay) mais ça reste horrible. C’est pas le premier jeu à proposer ce genre de m… moyen visuel mais d’habitude, les développeurs en ont assez honte pour le cacher derrière un bouton genre R1 pour activer une vision d’aigle (AC) ou un sixième sens du tueur (Hitman) pour ne citer qu’eux. Là, on ne peut même pas les enlever dans les options. Même les couleurs des pouvoirs des mutants exploitent à fond le fluo le jeu est très coloré. On notera qu’un patch a déjà atténué les traces bleues.

On relève la tête en parlant des combats. Et surtout ceux des boss qui sont des vrais challenges prenants et exigeants, vous obligeant à optimiser la maitrise du héros. On note d’ailleurs qu’ils sont parfaitement accompagnés niveau musique et mise en scène. De ce point de vue, rien à redire. Bien au contraire. On est là pour le spectacle et on est servi.
Les combats eux-aussi sont intenses. Les moments sous pression, en phase de rage 3 sont assez jouissifs. Dommage, qu’il soit compliqué d’y parvenir naturellement dans le jeu hors des phases scriptées. En dehors de ces moments, on ressent alors le manque de diversité des combos de Wolverine qui rend les combats un poil répétitifs. Alors que ressentir la pleine puissance et sauvagerie de Wolverine est tellement plus agréable. Il y a d’ailleurs un arbre de compétences pour personnaliser l’expérience. En gros, on débloque des améliorations 3 par 3 et l’on ne peut en choisir qu’une à chaque fois, nous permettant d’orienter la jouabilité du héros. Plus défensive, plus agressive…

Mon dernier défaut est un problème de gamedesign. Qui a eu l’idée de mettre des collectibles partout alors qu’on joue une aventure scriptée et assez dynamique. Genre, t’es pressé et toi tu fouilles pour les caisses qui font de l’xp. Ça se répète tout le jeu. On est presque soulagé quand on a tout trouvé dans un niveau, on sait qu’on peut alors progresser sans se soucier de revenir en arrière ni fouiller les ruelles. Il en va de même pour les cauchemars, qui sont des défis dans lesquels on découvre le passé du héros. Le principe est sympa sans être révolutionnaire mais le fait de les débloquer en plein milieu d’un niveau casse un peu le rythme.
Loin des standards Sony ?
Visuellement, on peut faire confiance à Sony et Insomniac pour être présents comme dans tout triple A. Mais il faut bien reconnaitre que même le mode fidélité ne vous laissera que très peu bouche bée (ou plutôt les yeux écarquillés) par rapport à un Horizon qui donne envie de jouer avec le mode photo toutes les 5 minutes. Là, malgré un excellent travail sur les reflets et les environnements, le job est fait. Comme beaucoup de choses sur le titre, une réussite mais sans éclats.

L’historie, elle, est prenante, bien ficelée, réussie et nous tient en haleine tout du long. Je le répète mais on vient ici pour un jeu pop-corn et plein de rythme et c’est ce qui nous est proposé. Légèrement étirée sur les deux derniers chapitres qui manquent peut-être d’aller un peu plus droit au but. La relation avec Jaen est sincère et bien amenée et monte crescendo jusqu’à la fin de l’aventure. Les personnages secondaires sont également réussis, avec de nombreuses rencontres dans l’univers Marvel, le catalogue est bien fourni et les amateurs de super héros en auront pour leur argent. Perso, je suis pas hyper fan de cet univers mais à part Victor dixit dents de sabre, qui est d’une redondance et d’un ennuie mortel de A à Z, les autres savent apporter leur petite touche sans tomber dans le ridicule.
j’ai mis un peu plus de 24h sur le jeu, sûrement en partie à cause des collectibles. À priori on parle plus d’une quinzaine d’heures en ligne droite et c’est certainement mieux ainsi. L’histoire, l’ambiance et la sauvagerie du titre sont ses points forts qu’Insomniac a su garder du début à la fin.
En conclusion
Ok, on est très loin d’un God Of War ou TLOU mais on ne va pas bouder notre plaisir, surtout dans une année si pauvre en gros jeux. Jeu pop-corn, défouloir où, enragé, l’on tranche de l’ennemi à tout va, dans un sentiment de puissance toujours plaisant, Wolverine doit être pris pour ce qu’il est, un blockbuster explosif bien plus qu’un césar d’originalité. Parfaitement mis en scène, toujours tranchant et accompagné d’une ambiance musicale vraiment efficace, il fait le travail attendu. Faut-il encore avoir les bonnes attentes en y jouant.
Jeu testé sur PS5, via un code fourni par l’éditeur
