Phoenix Wright : Dual Destinies, in Justice we trust

Pour sa renaissance, le Phoenix a décidé de venir accompagné. Le tant décrié Apollo est donc également de la partie, tout comme la petite nouvelle, Athena Cykes, pour un titre fortement orienté fan service.

You must speak english

Pour son grand retour, et sa première apparition sur 3DS, Phoenix Wright a choisi de passer au dématérialisé, et de faire un gros bras d’honneur aux français (et italiens, allemands ou espagnols) au passage. Pas de version boite à l’ancienne, pas de textes/voix françaises, il faut croire que même pour les avocats, c’est la crise. Des choix tout aussi contestables que curieux, compte tenu du relatif succès de la licence en Europe, mais aussi compte tenu de la politique plus que douteuse de Nintendo et de son store en ligne. Car sachez-le, si vous revendez votre console, que vous la perdez ou qu’elle tombe en rade, adieux tous vos jeux achetés sur l’eShop. Ça vous refroidit un homme. S’il devait y avoir un avantage à tout cela toutefois, c’est que pour le coup, Phoenix Wright : Dual Destiny est l’un des trop rares jeux 3DS à être proposé à un prix plutôt attractif (quand tu penses que certains titres du lancement de la console sont encore à près de 40 euros…). A 25 euros la trentaine d’heures de jeu, on se laisse vite convaincre ; surtout si l’on est fan (et faible) comme je peux l’être. Sachez toutefois qu’il vaut mieux disposer d’un bon, voire d’un très bon niveau d’anglais, car c’est souvent en jouant sur les mots qu’on relève les contradictions des témoins lors des procès, et que les séquences animées qui ponctuent l’aventure ne peuvent être sous-titrées, pas même en anglais (et après Nintendo va s’étonner que les gens piratent leurs jeux).

Si vous n’êtes pas coutumiers de la licence, sachez qu’il s’agit ici d’un Visual Novel japonais, dans lequel on incarne un avocat de la défense (en réalité, dans cet épisode, trois avocats de la défense), sauvant la veuve et l’opprimé de récurrentes erreurs judiciaires (elle doit être belle la justice nippone !). Et qui dit Visual Novel, dit plein de textes à se coltiner. Alors si, 1 – on n’aime pas lire, et 2 - on ne capice rien à la langue de Shakespear J.K Rowling, c’est plutôt mal barré pour apprécier ce titre à sa juste valeur. Et de valeurs justement il en est question. Car comme il est de coutume chez nos amis nippons, l’histoire fleure bon les beaux sentiments, la bravoure, la confiance, l’amitié et la ténacité. Ça fera sourire les habitués, un peu moins certains néophytes qui s’attendraient à un peu plus de maturité pour un titre qui traite de meurtres et complots en tous genres. Toujours est-il que derrière un fond un peu naïf, l’histoire est toujours aussi alambiquée, portée par des personnages plus tordus les uns que les autres, au charisme indéniable. De ce point de vue, Phoenix n’a pas pris une ride. Mieux, il s’est refait une santé.

Game Over le Game Over

Car si les trois premiers épisodes étaient sortis sur DS, ils nous venaient avant tout de la GameBoy Advance. Ça remonte à loin déjà. Dès lors, Capcom ne pouvait pas consentir à un certain effort graphique pour s’adapter aux exigences des joueurs 3DS. Le résultat est plutôt probant. Bien sûr, on a toujours droit à des plans fixes, Visual Novel oblige, mais les personnages sont désormais animés en 3D et même l’effet relief est du plus bel effet. D’un point de vue esthétique, Dual Destinies est une pure merveille qui fait honneur au charadesign si particulier de la série. On note aussi quelques ajouts, un peu anecdotiques il faut l’avouer, comme la possibilité de changer de point de vue lorsqu’on examine la scène du crime. Certes, c’est plutôt une chouette idée, mais à côté de cela, Dual Destinies ne permet plus d’examiner chaque lieu visité, comme c’était le cas par le passé. Exit donc un bon paquet de vannes, d’anecdotes et, surtout, la difficulté. Il en va de même pour l’interactivité amorcée avec Apollo Justice, ici complètement oubliée, alors que nombre de situations pouvaient se prêter à un mini-puzzle ou à l’inspection des preuves en 3D.

Ce choix est d’autant plus curieux qu’on y aura droit une seule et unique fois, à quelques minutes de la fin du jeu. La raison elle est simple : La série Phoenix Wright, qui n’était déjà pas un monstre de difficulté, vient de répondre aux sirènes du casual gaming et de cette ère du joueur assisté, amorcée depuis quelques années par les grands éditeurs soucieux de ne pas vexer leurs mécènes (en l’occurrence, le consommateur). Non seulement la difficulté est réduite à peau de chagrin, mais en plus on vous mâche constamment tout le travail : Vous devez sortir une preuve pour contrer la déclaration d’un témoin ? Pas de panique, le jeu se fera un devoir de vous aiguiller via un conciliabule avec votre équipier ou par l’intermédiaire d’un flashback. Perdre n’est pas une option. D’autant plus que le Game Over n’existe plus. A savoir que si vous êtes la plus grande quiche de l’histoire du barreau et vous faites pénaliser par le juge jusqu’à réduire sa jauge de confiance à zéro, vous reprendrez comme une fleur là où vous en étiez. Du coup, à quoi sert cette jauge désormais ? Je m’interroge encore…

Plan à trois

Il n’en reste pas moins que, pour le fan que je suis, ce titre est une franche réussite. Frustrante à bien des égards, mais tellement prenantes une fois qu’on a mis le nez dedans. D’autant plus qu’avec trois avocats à contrôler, on a droit à trois techniques d’investigations qui leurs sont propres. Phoenix voit les psyché-lock (chaines cadenassées) représentant les secrets des gens, et doit les déverrouiller au moyen de preuves. Apollo discerne le moindre petit tressaillement et autres micro-tics lorsque quelqu’un ment, et Athena peut analyser les émotions d’autrui pour y discerner ce qu’eux-mêmes ignorent parfois. Incarner tour à tour les uns ou les autres apporte autant de diversité dans l’aventure même si, encore une fois, l’extrême facilité du jeu vient trop souvent gâcher la fête. De plus, l’habitué retrouvera sans déplaisir un bon paquet de personnages secondaires ayant fait les beaux jours des précédents opus, ainsi qu’un tout nouveau procureur particulièrement charismatique.

Bref, il est clair que le titre est avant tout destiné au fan. Se faire dépuceler du barreau avec cet épisode n’aura clairement pas la même saveur. Et compte tenu de l’excellence de ses prédécesseurs, je ne saurais que vous conseiller de les faire tous les quatre avant (oui quatre, Apollo Justice compris ! N’en déplaise à certains…). Notez enfin que le jeu s’est déjà offert deux DLC : Des costumes gratos sans grand intérêt (forcément, c’est gratuit), et surtout un nouveau cas. Je ne l’ai pas encore testé (mais déjà acheté… je l’ai dit en préambule : Je suis faible !), mais à 5 euros le cas, j’espère sincèrement qu’il sera suffisamment long et bien torché. Il y a bien sûr fort à parier que d’autres lui emboiteront le pas dans un avenir plus ou moins proche. D’autant plus que Capcom, comme bon nombre de ses compatriotes, n’est pas le dernier pour encul pousser le joueur à la consommation excessive de contenus aux prix prohibitifs.

Par Fylodindon, le 23 novembre 2013

 
Avatar de Catacourgette

Je suis anglophobe :/ mais j’adore la série . snif... PAN !!!

Catacourgette, le 29 novembre 2013 à 16h37

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