Galèrapagos, révélez l’enfoiré qui sommeille en vous

KohLanta c'est bien sympa, mais quand la prod se barre et que les caméras s'éteignent, c'est plus la même ambiance chez les naufragés...

Après avoir vu leur bateau couler, trois à douze naufragés élisent domicile sur une île déserte. Perdus au beau milieu du Pacifique sans possibilité de communiquer avec le continent, les survivants sont contraints de se serrer les coudes pour survivre. Seulement la tempête approche et menace de transformer ce petit coin de paradis en véritable enfer. Les naufragés n’ont plus qu’une solution : se hâter de construire une embarcation de fortune suffisamment grande et solide pour que tout le monde puisse s’enfuir. Seulement, entre la recherche d’eau, de nourriture et la construction du radeau, le temps passe vite sur cette île, trop vite. L’idée qu’il n’est peut-être pas nécessaire d’emmener tout le monde, commence à germer dans certaines têtes. C’est bien connu, l’homme est un loup pour l’homme.

Un bon petit jeu de putes, voilà comment on pourrait résumer en quelques mots Galèrapagos. Car sous ses allures de jeu coop’, on comprend très vite que, même avec la meilleure volonté, tout le monde ne pourra pas partir de l’île sur ses deux jambes. Il va donc falloir la jouer vicieuse, pour se servir de ses compagnons d’infortune un temps, et s’en "séparer" au moment opportun. Et ça tombe plutôt bien car à Polygamer, les jeux de putes, on adore ! On a donc profité de l’occasion d’être tous réunis pour tester la solidarité et l’abnégation de chacun d’entre nous. Inutile de vous dire que ce fût un fiasco. En temps de guerre, je ne confierais ma vie à aucun d’entre eux... pour rien au monde.

Les règles du jeu sont d’une simplicité quasi enfantine, et conviendra donc à pratiquement tous les publics. En gros, chaque joueur aura à son tour quatre possibilités d’action : Partir pêcher, Chercher de l’eau, Construire le radeau ou partir en quête de divers objets, sur le bateau échoué non loin de la plage.

  • Chercher de l’eau, c’est l’action la plus basique qui soit. Une carte météo tirée à chaque tour, vous indiquera la quantité d’eau apportée au camp, variant entre 0 (beau temps) et 3 (orage). Bien entendu, s’il s’avère payant de partir en masse récolter de l’eau sous l’orage, afin de se constituer des réserves, il vaut mieux éviter d’y aller si le temps est beau et chaud ; ce serait comme passer son tour.
  • Partir pêcher ne comporte pas de risque non plus, puisqu’il suffira de tirer l’une des huit boules de bois cachées dans un petit sac en toile de jute, pour savoir combien de poissons vous rapporterez à la communauté (de 1 à 3). Si le joueur est équipé d’une canne à pêche, il peut tirer deux boules. Les poissons pêchés ne peuvent malheureusement pas être gardés pour soi ou monnayés auprès des autres naufragés.
  • Construire le radeau est un peu plus compliqué. En effet, chaque place sur le radeau nécessitera six unités de bois. Seulement, si récolter une unité de bois sera sans danger, en récolter d’avantage pour accélérer la construction vous exposera aux serpents venimeux qui rôdent dans la forêt. Si vous êtes mordus, vous ne rapportez rien et devrez passer votre tour. Mais si vous vous contentez de peu, la construction de votre radeau n’avancera pas bien vite. Cruel dilemme, surtout lorsqu’on connait l’empathie des hommes pour les poids morts. Croisez les doigts pour qu’aucun vote n’ait lieu ce tour...
  • Enfin, partir en quête d’objets dans l’épave ne comporte aucun risque à première vue. En effet, à chaque fois que vous faites cette action, vous piochez purement et simplement une carte et l’ajoutez à votre main. Ces cartes peuvent être des objets facilitant la pêche, la recherche de bois ou d’eau, et donc des cartes utiles à la communauté. Le problème, c’est que nombre de ces cartes sont des réserves d’eau et de nourriture que vous pouvez garder pour vous, ou pire, des items qui vous donneront un avantage certain sur vos compagnons... voire, qui vous permettront de les abattre froidement. Bref, vous comprendrez aisément que cette action n’est jamais du goût des autres naufragés, qui voient d’un mauvais œil que vous la jouiez perso.
  • Une fois que chaque joueur a effectué son action, la journée se termine et le tour avec. Il faut alors nourrir et abreuver tout le monde. Si les réserves sont suffisantes, pas de problème, on enquille sur une nouvelle journée. S’il y a pénurie, on procède à autant de votes que d’unités d’eau et de nourriture manquantes. Celui qui est alors désigné par ses pairs, est sacrifié.

    La partie se termine dès lors que tous les survivants peuvent embarquer sur le radeau. Pour ce faire, il faut suffisamment de places bien sûr, assez de nourriture et d’eau pour finir le tour mais aussi pour partir en mer. De plus, une carte tempête est mélangée avec les cinq dernières cartes météo. Son arrivée signifie le dernier tour possible et s’apparente généralement à un massacre dans les rangs des naufragés. On est loin, très loin du célèbre "Les femmes et les enfants d’abord" !

    Bref, vous l’avez compris, Galèrapagos n’est pas aussi coop’ qu’il le laisse à penser. C’est en tout cas un jeu d’ambiance très efficace pour se marrer entre potes ; d’autant plus que les parties sont rapides (une grosse demi-heure, voire trois-quart d’heure si vous êtes nombreux). La mort d’un naufragé est définitive, mais vu qu’il est assez rare qu’elle survienne au tout début (sauf lorsqu’il s’agit de se venger de la partie précédente), le sacrifié n’a généralement pas à attendre très longtemps. En outre, une variante très pratique baptisée "La Voix des Morts", permet aux défunts de participer aux votes, et donc de ne pas être totalement sur le carreau.

    Alors, d’aucuns pesteront sur le déséquilibre des mains (certains seront équipés d’une canne à pêche ou d’une gourde, et donc cantonnés aux tâches collectives, pendant que d’autres s’armeront de revolvers et de gourdins). D’autres trouveront abusé que celui qui tue un compagnon, récupère la main du défunt et se renforce donc d’autant plus. Seulement, à mon sens ce n’est pas gênant, compte tenu de la rapidité des parties et du thème qui s’y prête bien. C’est un petit jeu d’ambiance, pas un gros jeu de gestion qui dure trois plombes. De plus, nourrir et abreuver les naufragés a aussi ses avantages, car cela garantit généralement votre sécurité pour quelques tours ; les autres ayant besoin de vous pour survivre. A contrario, se la jouer trop perso peut attirer la vindicte de vos compagnons.

    Bref, Galèrapagos est un jeu qu’on vous recommande chaudement à la rédac’, surtout si vous êtes aussi tordus et malhonnêtes que nous.

    - Après l’avoir testé à quatre et à huit joueurs, on vous conseille tout de même d’être le plus nombreux possible ; c’est très sympa à quatre mais nettement plus fun à huit (et, j’imagine, à douze).
    - Le site officiel propose de nombreuses variantes pour varier les plaisirs ou gommer les petites imperfections (comme être cantonné toujours aux mêmes tâches quand on a la canne à pêche, la hache ou la gourde). N’hésitez pas à le consulter.

    Par Fylodindon, le 11 novembre 2017

     
    Avatar de smy

    Bizarre, j’ai pourtant l’impression qu’on a passé notre temps à aller chercher de la bière, pas de l’eau.

    smy, le 11 novembre 2017 à 17h53
    Avatar de Fylodindon

    C’est parce qu’ai acheté l’extension pochetrons !!! :D

    Fylodindon, le 11 novembre 2017 à 20h01
    Avatar de Nachcar

    Moi j’aime pas les jeux de putes. Je suis trop honnête et sympa pour ca. 😊

    Nachcar, le 16 novembre 2017 à 16h17

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