Pourquoi je n’ai pas aimé Bloodborne

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Et pourquoi je n’en ai pas honte du tout.

Introduction

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Bloodborne a pour lui une direction artistique plutôt sympa (à condition d’aimer le gothique).
Je n’ai jamais joué à Demon’s Soul ni à Dark Souls et sa suite. Il n’y a pas de raison particulière à ça si ce n’est que je n’en ai jamais pris l’occasion et que d’autres jeux ont comblé mon appétit aux mêmes moments. Bloodborne était l’occasion pour moi de me frotter au sadisme réinventé de From Software, mais aussi l’occasion de jouer à la seule exclusivité constructeur version boite des consoles nouvelle génération qui vaille la peine. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la critique et le million de personnes qui a acheté le jeu après deux semaines de vente seulement. Une véritable surprise, y compris pour Sony qui a dû ravitailler les revendeurs en catastrophe. Il faut dire que c’est un genre de niche qui ne se prêtait pas spécialement à un succès commercial aussi rapide (les Dark Souls ayant trouvé leur public et les ventes qui vont avec en plusieurs années). Force est de constater qu’il s’agit d’une belle prouesse pour Sony que d’avoir sécurisé ce Bloodborne pour sa PS4. Et force est de constater que les goûts du public peuvent toujours surprendre.

Hormis un bouche à oreilles gamer incontestable (qui veut tout et rien dire à la fois), rien ne laissait présager que Bloodborne serait un million-seller, et surtout un million-seller aussi rapide. Un million d’exemplaires pour Call of Duty ça parait peu, mais pour un jeu dont toutes les aiguilles susceptibles de plaire au plus large public sont au rouge, c’est incroyable. Bloodborne est techniquement assez faible avec ses graphismes peu poussés, ses ralentissements et ses temps de chargement constants, ses menus austères et sa prise en main loin d’être la plus souple du monde. Sans oublier sa difficulté. Ne me faites pas dire qu’un jeu doit être détesté pour ça, pas du tout, mais le grand public, lui, préfère quand c’est super beau et que ce n’est pas prise de tête.

Explications

1427638789-7766-noelshack-capture-d-ecran.jpgMaintenant, venons-en au fait. Pourquoi je n’ai pas aimé Bloodborne ? Tout d’abord si je vous écris ce partage d’opinion plutôt qu’une Nalyse, c’est bien parce que j’estime ne pas accrocher aux fondamentaux du titre pour pouvoir me permettre de le juger correctement (un peu comme si je m’apercevais que je n’aimais pas le foot en jouant à FIFA).

Bloodborne qui d’après les fans est beaucoup plus souple et rapide que les Souls est déjà trop rigide et lent pour moi. Pas mou non plus, mais pas assez nerveux. Trop rigide dans son appréhension des combats qui ne permettent aucun contres ni véritablement de combo, mais uniquement de l’esquive, des sortes de contre-attaques et des coups « purs ». Tout le gameplay est basé sur cette jouabilité toute particulière, et c’est volontaire de la part des développeurs, donc je ne peux pas les blâmer. Mais je n’arrive pas à accrocher à cette idée, déjà d’une. En quoi c’est amusant de subir des combats coincés ? Je reconnais que j’ai du mal à comprendre comment un gameplay aussi archaïque (oui) a pu convaincre autant de monde mais passons.

1428518041-5786-noelshack-capture-d-ecran.jpgL’autre déconvenue vient de l’argument de vente principal du jeu (et de l’élément principal de son bouche à oreilles) : sa difficulté. Oui Bloodborne est difficile. C’est ce qui fait toute l’essence du titre. Et dire que je ne l’ai pas aimé c’est sans doute déjà entacher ma street-créd’ auprès d’une partie d’entre vous. Pourtant j’aime le challenge et les jeux difficiles. Pour l’exemple et rester dans le genre beat’em all : Ninja Gaiden Xbox était à mon sens un chef-d’oeuvre. Devoir apprendre les routines de chaque ennemi pour en venir à bout, du petit PNJ lambda au gros boss, c’est un véritable plaisir pour moi aussi. Mais la difficulté de Bloodborne se place bien au-delà d’un « simple » apprentissage de la stratégie ennemie. C’est un jeu véritablement masochiste où si chaque ennemi respawn après chacune de vos morts, tout ce qui peut servir de munitions spéciales (molotov, balles d’argent etc) ou d’items (fiole de sang qui sert à rebooster la santé par exemple) reste dépensées. C’est-à-dire que plus vous mourrez, plus, finalement, le jeu se rend difficile. Et on meurt évidemment extrêmement souvent. Ce manque de cohérence dans la difficulté conjuguée au gameplay austère et rigide (que les aficionados des Souls trouvent ici « ultra rapide et souple », je le répète histoire de marquer le décalage entre le type à peu près normal que je suis et les fous-dingues qui adorent le jeu) a fini par me faire vomir. Et après chaque mort, on a droit à un temps de chargement interminable (a priori pourtant déjà largement diminué par un patch depuis sa sortie). C’est le bouquet.

Un jeu difficile oui, mais un jeu qui te handicape, juste comme ça, gratuitement, non. M’investir dans un jeu pour lequel je n’arrive pas à comprendre ni à tolérer ses incohérences (volontaires qui plus est, en dehors des temps de chargement), ce n’est pas possible. Il faudra désormais me payer pour que je joue à nouveau à un titre de cette série.

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