Microsoft, le mal aimé

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Coup d’œil sur un phénomène séculaire unique en son genre, particulièrement à la mode ces derniers temps : La haine anti-Microsoft.

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A part ceux qui aiment se gargariser de leur omnipotence technologique, qui utilise Linux ?
Alors attention, je vous arrête tout de suite. Je sais que j’ai souvent été considéré comme un fanboy Microsoft. Et je le reconnais, j’ai beaucoup aimé la première Xbox et bien kiffé les débuts de la 360, au point de les défendre systématiquement face à des Playstation que je trouve souvent mal conçues et inadaptées à leur époque. Dans le même esprit, si je ne suis pas forcément un grand adorateur de Windows devant l’Eternel, je n’aime pas pour autant les systèmes OS-X et Linux ; question d’habitude sans doute (et de compatibilité). Toutefois, ceci n’est pas un papier destiné à chanter les louanges de Microsoft. Je ne me fais pas non plus l’avocat du diable, n’ai pas touché de compensation financière (j’aurai bien aimé ceci dit) et cela ne change en rien ma position vis-à-vis de la Xbox One qui, sauf revirement de situation spectaculaire, ne trouvera sans doute pas place dans mon salon. Non, ceci est juste un papier motivé par une bizarrerie typique de cette connerie humaine qui a tendance à me gonfler (c’est de notoriété publique que je n’aime pas les gens). Je n’ai pas l’intention de défendre Microsoft, juste de taper sur ses crétins de haters. Je m’explique…

Le loup dans la bergerie

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Un logiciel pour les gouverner tous !
Il est certain que le géant américain est une cible idéale pour le grand public, notamment européen. Déjà, il est américain et c’est bien connu que les américains, on les adule et les déteste à la fois. Ensuite, parce qu’il fut omniprésent, limite monopolaire, sur le marché de la micro-informatique dans les années 80 et 90 ; une situation légèrement atténuée aujourd’hui, mais très loin d’être révolue. Enfin, parce que son ancien PDG, le tout puissant Bill Gates, est l’un des hommes les plus riches du monde (Ce qui a une fâcheuse tendance à agacer). Même depuis qu’il a pris sa retraite et investi une très large partie de sa fortune dans la création d’une ONG, Bill Gates continue d’être l’un des hommes les plus détestés. Alors oui, sans rentrer dans les détails et faire de la politique, il est vrai que son ONG n’est pas exempte de tout reproche, loin de là. Elle milite notamment pour la prolifération des OGM (Le chanteur Bono également ceci dit, pourtant tout le monde encense ce connard… oui, j’abhorre U2 au cas où vous ne l’auriez pas remarqué) et s’est parfois impliquée dans des opérations financières douteuses, notamment dans des entreprises particulièrement nocives (pollution, corruption… bref, le tableau habituel). Mais à côté de cela, la Fondation Bill & Melinda Gates a sans doute fait plus pour les pays sous-développés que n’importe quel état. Encore une fois, je ne loue pas les actions de Bill Gates et de sa femme, mais ne trouve pas forcément très juste que les critiques se tournent systématiquement vers eux, quand on sait ce que sont capables des entreprises comme Coca ou Total, des banques comme BNP Paribas, ou des pays comme la France et les Etats-Unis (Françafrique, ça vous parle ?). Je n’en vois pourtant pas beaucoup résilier leur compte bancaire à la BNP, boycotter Coca-Cola ou remiser leur voiture au garage… Etre critique et engagé, c’est bien, être con et naïf ça l’est beaucoup moins.

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Hop, une photo érotique de ce grand mécène que fut Steve Jobs, pour que vous puissiez vous astiquer…
De la même manière, on a souvent reproché à Microsoft de profiter de sa domination sur le marché. Même la justice s’en est mêlée, puisque l’américain a lourdement été condamné, notamment pour le cas Internet Explorer. Là encore, ça me fait sortir de mes gonds. Bien sûr que la politique de Microsoft est condamnable. Ce que je comprends moins, c’est qu’on puisse faire deux poids deux mesures, en laissant une entreprise comme Apple (au hasard), faire absolument ce qu’elle veut au détriment de toutes les règles d’équité et de respect du consommateur. Pourquoi condamner Microsoft pour Internet Explorer, alors qu’il était tout à fait possible, déjà à l’époque, d’utiliser d’autres logiciels comme Firefox (Chrome n’existait pas encore), et ne rien dire à Apple qui, eux, vous oblige à utiliser iTunes et restreint autant que faire se peut, la liberté individuelle de chacun ? Pourquoi laisser Google dicter sa loi, quand celui-ci s’infiltre dans la moindre parcelle de votre vie privée pour la revendre au plus offrant ? Pourquoi continuer à poster des photos de vos gamins sur Facebook, alors que vous savez pertinemment que toutes les informations vous concernant (même celles mises en ligne sans votre consentement) seront stockées dans de gigantesques serveurs, et vous survivront quoi qu’il arrive (que vous décédiez ou, pire, que vous fermiez votre compte Facebook) ? Bref, pourquoi systématiquement taper sur Microsoft et jamais sur les autres ? Etes-vous réellement débiles au point de penser que Microsoft est LE grand méchant loup qui cherche à corrompre ce monde rose bonbon dans lequel vous vivez ?

Le discours d’un roi démoniaque

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La vraie question c’est : Les moins de 20 ans ont-ils déjà connu une bonne conf’ E3 ?
Enfin bon, Polygamer, ça n’aura échappé à personne, est un site historiquement dédié au Jeu Vidéo (même si ce n’est plus exclusivement le cas aujourd’hui). Donc parlons de ce qui nous intéresse et fait écho à l’actualité, à savoir la Xbox One. K.mi vous a tout dit, ou presque, sur ce qu’il y avait à savoir (Et ce qu’il n’a pas dit, vous le trouverez de toute façon dans les huit pages de commentaires). Je ne vais donc pas revenir dessus. Par contre, j’ai bien l’intention d’épingler certaines des critiques que je considère comme injustifiées. A commencer par celles, récurrentes, sur la conférence en elle-même. Bon, on est tous d’accord que cette conf’ était une plaie. On s’y est fait chier, comme on s’est fait chier à toutes les conférences constructeurs (Sony, Microsoft, Nintendo), depuis quatre ans maintenant (peut-être même plus, la flemme de vérifier). Pour être plus large encore, on s’y est fait chier comme on s’est fait chier ces dernières années avec les conférences Google ou Apple (quoi que non, les conférences Apple elles sont drôles). Bref, qu’y a-t-il de si exceptionnel pour qu’on en parle autant ? D’autant plus qu’il faut se remettre dans le contexte. Moins de quinze jours après cette conférence, aura lieu la conférence pré-E3 de Microsoft. Il était alors évident que ce premier contact était uniquement destiné à faire parler, face à une PS4 s’installant trop dangereusement dans les conversations. Pourquoi user ses munitions avant le début de la bataille ? Vous n’avez jamais entendu parler de marketing ou quoi ?

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Voici la Xbox One. Sinon, vous savez à quoi ressemble la PS4 vous ?
On leur a également reproché d’être trop centrés sur le marché américain. Sans déconner ??! Outre le fait qu’ILS SONT américains, ce marché représente plus de la moitié de leur chiffre d’affaire. De plus, à part peut-être l’Angleterre, la quasi-totalité de l’Europe est acquise à la cause Playstation. En gros, ce que reproche les européens aujourd’hui, c’est qu’on ne vienne pas leur dire à quel point ils sont magnifiques et exceptionnels, bref qu’ils ne soient au centre de toutes les attentions. A contrario, tout le monde trouve normal que les japonais fassent du patriotisme économique en rejetant systématiquement tout ce qui est américain, même si d’un certain sens, ça peut se comprendre compte tenu de leur histoire commune (guerre du Pacifique, traité mutuel de sécurité, dépendance militaire, etc.). Mais bon, on ne rejette pas systématiquement tous les produits allemands, que je sache ?! Ce qui est d’autant plus curieux dans tout cela, c’est quelques semaines auparavant avait eu lieu une conférence Sony, montée à l’arrache pour tenter de prendre l’ascendant psychologique sur leur concurrent. Cette guéguerre que se livre les deux constructeurs, est un exemple parmi tant d’autres des petites manœuvres marketeuses du monde capitaliste que nous chérissons tant. Mais là encore, les critiques furent beaucoup moins virulentes à l’égard de Sony qui, pourtant, n’a même pas daigné montrer sa console ce jour-là. Non mais sans blague, vous vous satisfaites d’une conférence où on n’apprend quasiment rien, ou on ne voit quasiment rien, si ce n’est des jeux moisis comme InFamous : Second Son ou le formidable moteur pour la nouvelle cinématique de David Cage, et à côté de ça vous venez vous plaindre quand Microsoft vous MONTRE sa console ? Et le pire dans tout cela, c’est qu’après c’est moi qu’on va traiter de fanboy…

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