Ma DS et moi

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Curieusement, malgré notre statut autoproclamé de site multiplateforme, on ne parle jamais de consoles portables. Pourtant, la DS est à mon sens la meilleure machine du marché actuellement. Retour donc sur une année 2008 riche pour la petite portable de Nintendo

Prêche et Propagande

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Alors… ça ne donne pas envie de jouer à la DS ça ?!
Entre ma DS et moi, c’est presque devenu une histoire d’amour. C’est vrai qu’au départ, je n’ai succombé à ses charmes que pour mon boulot et non mon plaisir ludique (et non lubrique). J’avoue que j’étais jusqu’alors réticent : Pour moi une console de jeu, c’était une console de salon et jamais je ne pourrais m’amuser avec une machine de poche.
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La DS Lite, c’est quand même autre chose que la vieille console moisie qu’ils avaient sorti au début.
Encore moins une console Nintendo et ses jeux pour gosses, ou ses grosses licences qui n’ont pas changé depuis l’époque de la N64. J’y suis donc venu contraint et forcé de par mon travail (oui je sais, je fais un dur métier) et très vite je suis sorti du cadre professionnel pour m’apercevoir que la DS, c’est quand même quelque chose. Du coup, avec les fêtes de Noël qui approche, je me suis dit qu’il serait peut-être bon de partager cette expérience avec vous, avec l’idée de vous décider à franchir le pas. Je sais que les habitués ici sont un peu comme moi à l’époque : Ils ne jurent que par leur 360 et/ou leur PS3 (mais surtout par leur 360 en fait). Alors me voici enfilant mon costume de témoin de Jéhovah pour aller prêcher la bonne parole vidéoludique auprès de ces païens et, qui sait, peut-être arriverai-je à les convaincre.

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Kawashima, ou l’un des premiers jeux vidéo à être prescrit par les médecins.
Dans l’esprit de beaucoup de monde, la DS c’est Nintendogs ou Kawashima. Des jeux pour les enfants, pour les filles ou pour tous ceux qui n’ont jamais touché à un jeu vidéo de leur vie. Et quelque part, ça n’a rien de faux. Aujourd’hui, si la petite tactile cartonne, c’est peut-être avant tout du à ses ventes auprès d’un public jusque là cantonné au Monopoly ou au Trivial Pursuit. Des gens qui, parce que la pub le leur dit, pense qu’ils retrouveront la mémoire en jouant au Programme cérébral du professeur Kawashima, ou qu’ils arriveront à pé-cho Nicole Kidman en jouant à New Super Mario.
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A lui seul, Nintendogs aura fait la réputation de la console auprès des gosses.
On ne peut pas leur en vouloir, les français (et le monde civilisé en général) est un peuple asservi qui croit tout ce qu’on lui dit : Que Cauët est un super animateur de télévision, que Bigard est le plus grand comique depuis Coluche ou que Bienvenue chez les Ch’tis est un putain de bon film. Pourtant, il existe une face cachée de la DS qu’on ne voit pas dans la propagande publicité de Nintendo. Cette face cachée que les marketeux essaient tant bien que mal de taire au monde, c’est que sur DS il existe plus de jeux gamers que sur n’importe quelle autre console (excepté peut-être la PS2). Le problème, c’est que dans les dizaines de milliers de bouses sortant chaque mois, retrouver les bons jeux tient parfois du miracle. Alors voici ceux qui ont marqué mon expérience de joueur…

Quatre ans de hits

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Pas un press tour à l’étranger sans une compète Mario Kart dans le train/avion.
Tout d’abord, avant de m’attarder plus en détails sur le cru 2008, il me parait bon de revenir sur les grands classiques de la console, sortis depuis le lancement de la machine en 2005. A l’époque, la DS n’était pas encore la DS Lite et ses lignes épurées. Non, c’était une espèce de grosse Game & Watch toute moche qui se faisait puissamment défoncer par la PSP de Sony. Puis la Lite est arrivée et a tout raflé sur son passage,
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Hotel Dusk et son design inimitable est une pure magie narrative.
entrainant avec elle la chute de la Playstation portable qui passa en un rien de temps, d’objet hi-tech ultra-tendance à vieux bibelot prenant la poussière sur l’étagère du grenier. Petit à petit, la console de Nintendo engrangea les succès critiques et commerciaux avec des titres tels qu’Advance Wars : Dual Strike, Metroid Prime : Hunters, New Super Mario Bros, Viewtiful Joe, Elite Beat Agents, Meteos, Picross, Hotel Dusk, Zelda : Phantom Hourglass et bien sûr, l’indétrônable Mario Kart. Aux coté de ces géants, bien d’autres bons titres se sont bousculés qu’il serait trop long et rébarbatif de les citer.

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LE seul jeu Spider-man qui vaut le coup est sur DS… ça valait bien un screen.
Avec l’année 2008, la tendance s’est confirmée et le marché du casual a littéralement explosé. Du coup, aujourd’hui on trouve beaucoup plus de C’est Belle la vie, Bienvenu chez les ch’tis, Fort Boyard et autres pâles copies de Nintendogs déclinées en versions chats, hamsters, poneys et même bébé humains qu’autre chose. Pour moi, cette profusion de jeux qui ne mériteraient même pas d’être adapté en jeu flash gratos sur internet nuit à la réputation de la console, mais qu’importe, ça rapporte énormément à ses éditeurs et à Nintendo, ce n’est donc pas près de s’arrêter. Toutefois, contrairement à la Wii où les vrais jeux manquent cruellement, cette catégorie n’a pas de mal du tout à s’imposer sur DS. La raison tient sans doute dans le fait qu’il y a tout de même un très large parc de consoles installés dans les foyers des gamers, mais aussi parce que le développement coute bien moins cher que pour une grosse production PS360.
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Avec une telle héroïne, on comprend pourquoi tout le monde kiffe Castlevania.
Cela permet donc à de petits studios indépendants de lâcher la bride de leur créativité. Cette année, on a donc retrouvé beaucoup de titres d’excellente facture, comme Motoracer, Skate It, Spider-man : Web Shadow, Viva Piñata Pocket Paradise, Nanostray 2, Ninja Gaiden Dragon Sword, Final Fantasy Tactics Advance 2, Advance Wars : Dark Conflict, Bleach : Blade of Fate, Geometry Wars : Galaxy, The World Ends with You ou dernièrement Castlevania : Order of Ecclesia que beaucoup considèrent comme l’un des meilleurs Castlevania jamais sorti. Et parmi cette liste non exhaustive d’excellents titres, il y en a quatre qui m’ont plus particulièrement marqués dont j’aimerai vous parler.

Focus 1/2

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Contrairement aux apparences, Phoenix Wright n’est pas une simulation de coiffeur.
Le premier d’entre eux, ou plutôt les premiers puisqu’il s’agit d’une série, c’est le troisième et dernier épisode de Phoenix WrightTrials and Tribulations. Curieusement, ce titre est sorti en Europe après Apollo Justice, le quatrième de la série, qui marquait l’arrivée d’un tout nouveau héros pour personnage principal ainsi que de fonctionnalités spécifiquement conçues pour la DS. Car il faut savoir que les trois premiers Phoenix Wright sont avant tout sortis sur GameBoy Advance. Il s’agit donc de simples adaptations agrémentées de quelques nouvelles animations et d’une maniabilité tactile des plus succinctes.
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Les personnages sont vraiment hauts en couleur dans cette série.
On y incarne un jeune avocat de la défense, prêt à tout pour disculper ses clients. Le jeu est divisé en deux phases : L’enquête sur le terrain et la plaidoirie au tribunal. Il faut avouer que de prime abord, cela n’a rien d’enchanteur. On voyage d’écran fixe en écran fixe et l’enquête, et encore plus la plaidoirie, est particulièrement linéaire et dirigiste. Toutefois le charisme inégalable des différents personnages, les affaires particulièrement bien ficelées et l’humour délectable de la saga en ont fait un classique adulé par toute une horde de fans. Des fans qui seront d’ailleurs ravis de retrouver d’innombrables clins d’œil dans ce dernier épisode, Trials and Tribulation, qui achève la carrière de Phoenix en une véritable apothéose.

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Soul Bubbles, un peu de magie dans ce monde de brutes.
Autre titre à m’avoir profondément marqué cette année, il est français et s’appelle Soul Bubbles. Reprenant le principe instauré par l’ancêtre Bubble Ghost, le titre de Mekensleep nous propose d’incarner un jeune passeur d’âmes dont le but est d’amener l’âme des défunts vers le repos éternel en les emprisonnant dans une bulle. On déplace alors cette bulle dans des niveaux labyrinthiques truffés de pièges et d’ennemis en utilisant simplement la force de son souffle (un souffle virtuel dessiné au stylet, et non réel dans le micro). Chacun des mondes visités est régi par une force particulière et spirituelle, s’appuyant sur le mysticisme amérindien, inca ou encore africain, introduisant tour à tour de nouvelles possibilités de gameplay. Drôle, poétique, magnifique et doté d’une maniabilité impeccable, Soul Bubbles est une pure merveille qui vient se ranger aux cotés des Braid, LostWind et World of Goo. Et pourtant, il est le seul de ces quatre là à n’être jamais cité dans les tops des différentes rédactions. Faut qu’on m’explique…

Focus 2/2

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Bizarre ? Nan mais t’as vu ta gueule, toi ?
Le troisième par contre a fait la razzia sur les bonnes critiques presse et sur les awards. Il s’agit bien évidemment du jeu dont tout le monde parle en ce moment : Professeur Layton et l’Etrange village. Développé par Level 5, L’étrange village est le premier opus d’une série de trois d’ores et déjà sortis au Japon. Il s’agit d’y incarner un inspecteur particulièrement intelligent accompagné de son jeune disciple dans une enquête jalonnée d’énigmes. Servi par un habillage visuel digne des plus grands dessins animés (Il sera d’ailleurs adapté en film d’animation), Professeur Layton est en fait une compilation de casse-têtes tous plus tordus les uns que les autres. Absolument pas original dans ses fondamentaux, c’est surtout par sa mise en scène, son univers captivant et ses énigmes particulièrement bien pensées que Layton force le respect. De plus, il est de ces jeux capables de réunifier gamers et casuals ; ce qui est déjà un sacré tour de force.

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Le héros de Fire Emblem est un peu nunuche, mais le jeu est bon malgré tout.
Le dernier enfin est également le dernier sorti des quatre. Il s’agit du RPG Tactique Fire Emblem Shadow Dragon. Pas réellement nouveau, le titre d’Intelligent Systems est un remake (c’est la grande mode depuis quelques temps) du premier volet de la série, jamais sorti en Europe jusqu’à maintenant. Le titre bénéficie d’un réajustement visuel mais dans ses mécanismes il reste inchangé et prouve qu’il avait alors une sacré longueur d’avance tant il reste parfaitement d’actualité. Le plus appréciable dans ce jeu de stratégie, c’est sa dimension humaine. En effet, chaque personnage possède un nom, un visage, une histoire et en perdre un durant une bataille signifie le perdre pour le restant du jeu. Ainsi, les sacrifices et erreurs se paient cher et jamais une guerre virtuelle ne m’aura touché aussi profondément. Moi qui ne connaissait pas forcément bien la série, c’est mon gros coup de cœur de fin d’année ; et ça me donne envie de me laisser tenter par la version Wii.

Et demain ?

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A peine sortie au Japon, la DSi se vend comme des petits pains.
Après quatre ans de vie, la DS profite donc d’une ludothèque absolument exceptionnelle et cela ne semble pas prêt de s’arrêter en si bon chemin. Si l’année 2008 fut riche en sensations fortes, l’année 2009 devrait selon toutes vraisemblances prendre le même chemin. Le premier rendez-vous, c’est bien entendu la sortie de la DSi, troisième version de la petite tactile de Nintendo. Ecrans plus grands, port micro-SD, appareil photo ; cette troisième itération ne semble pour le moment pas aussi indispensable que la Lite en son temps, mais pourrait bien le devenir très rapidement. Coté jeux, on retiendra le retour de Chrono Trigger pour un remake très attendu, GTA Chinatown Wars qui s’annonce comme un vrai GTA sur console portable, Blue Dragon Plus adapté du RPG sorti l’année dernière sur 360 ou encore Kingdom Heart, Kirby, le renouveau de la licence Phoenix Wright qui basculera pour l’occasion à la troisième personne et du coté de l’accusation dans la peau de Benjamin Hunter, World Destruction, le RPG made in Sega, Dragon Quest IX exclusif à la console ou encore le très prometteur Suikoden Tierkreis qui marquera la première apparition de la célèbre saga japonaise sur une console Nintendo. Bref, si vous ne savez pas encore comment dépenser les chèques cadeau que votre mémé vous à offert pour Noël, laissez vos à-priori de coté, oubliez toutes les pubs à la con qu’on vous matraque à la télévision et tentez l’aventure DS, vous ne le regretterez pas.

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Suikoden et ses graphismes enchanteurs.
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Benjamin Hunter révolutionne la saga Phoenix Wright.
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Avec Chinatown Wars, Rockstar s’attaque à la DS et risque de faire très mal.
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