Les syndromes Casimir et Besancenot

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Plus le jeu vidéo à monde ouvert évolue, moins la majeure partie des quêtes secondaires se réinventent. Le syndrome Casimir frappe beaucoup trop de production, et il est souvent accompagné par son pote le syndrome Besancenot.

Peu importe qui tu incarnes, le syndrome Casimir viendra à toi

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J’en ai marre de devoir être systèmatiquement serviable et gentil MER-DEUUUUH !
C’est probablement l’une des tares les plus exaspérantes des jeux à monde ouvert, le syndrome Casimir. Généralement il fait parti des missions secondaires mais il arrive parfois qu’il soit également intégré à la quête principale. Vous avez beau être un chevalier noir super méchant, un assassin, un gangster, un héros au sens noble du terme (même si pour ce cas précis c’est un peu son rôle par définition), une crotte de chien ou ce que vous voulez, un jeu à monde ouvert va toujours vous faire croiser divers personnages qui vont vous demander « un service »… Comme si nous étions tous des Casimir en puissance, super gentils au point d’accepter leurs missions sans intérêt. J’ai déjà parlé de narration, j’ai déjà parlé du « tirer, courir, sauter », le syndrome Casimir est lui aussi un des grands problèmes du jeu vidéo contribuant à tout faire tourner en rond et est justement étroitement lié. N’en avez-vous pas plein le dos de toujours avoir à « rendre service » à un PNJ pour lequel vous en avez autant à secouer que votre faculté de réflexion si vous étiez marié à Clara Morgane ? Pour prendre des exemples récents, Fallout : New Vegas est rempli de gens qui ont besoin d’un service. L’une des toutes premières phases de jeu d’Assassin’s Creed : Brotherhood (même si les quêtes secondaires sont beaucoup plus intéressantes ensuite) c’est d’aider des personnages à faire ceci-cela pour passer le temps…

Si t’as le cœur sur la main, ça rallonge la durée de vie

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Pour les ignares, Olivier Besancenot est facteur (parce que si vous ne savez pas vous ne comprendrez pas, bande d’idiots !)
Dans New Vegas je suis un type qui s’est pris une bastos dans le buffet, je m’en sors et mon but est d’en apprendre plus sur cette tentative de meurtre, c’est l’histoire du jeu, le scénar’. Et là, je croise une bonne femme qui veut que je l’aide à retrouver son chien… Un type qui veut que je l’aide à faire décoller sa fusée, un autre qui souhaite que je nettoie la ville des voyous… Tout ça hors scénario bien sûr, sans aucun but ni sens si ce n’est celui de nous satisfaire d’avoir rendu service, heureux Casimir que nous sommes… Vous allez me dire que pour le RPG c’est ancré dans le code du jeu, c’est son principe, mais justement, pourquoi ? On a la liberté d’action et de mouvement donc avoir des choses à faire autre que suivre l’histoire pas de problème, mais pourquoi faut-il toujours qu’il s’agisse de rendre un service ? On ne peut pas nous proposer quelque chose d’intéressant, plus ou moins lié au scénario sans être pour autant obligatoire mais qui est autrement plus intéressant à faire que de rendre un service tout pourri ? C’est interdit ? J’me pose la question. Je préfère largement un Mafia 2 où le monde ouvert ne sert strictement qu’aux déplacements et à servir l’ambiance que faire un millier de quêtes annexes de merde sans intérêt où il faut rendre service à pierre paul jacques (et parfois même aux trois en même temps). Mais c’est sûr que lorsqu’on ne nous offre qu’en quête principale du « tirer, courir, sauter » sous scénario généralement bateau, il est très difficile d’imaginer qu’on puisse nous proposer de la quête annexe intéressante…

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C’est ce que je rêve de planter dans la gueule de tous les PNJ qui me demandent d’aller porter ceci-cela à quelqu’un…
Et le syndrome Olivier Besancenot dans tout ça ? C’est très simple, il compose 75% du syndrome Casimir. C’est-à-dire que lorsque tu acceptes de rendre un service, tu as 75% de chance pour que ça soit une mission du genre « va donner ce paquet à machin à l’autre bout de la map, tu seras sympa ». Bordel de nœud, non seulement on nous prend pour des simplets gentillets, mais en plus on a des tronches de facteur… Je crois que c’est encore plus énervant que le syndrome Casimir. Dans New Vegas j’ai buté presque tout ceux qui me demandaient un service (au moins la liberté d’action sert à quelque chose), et je vous raconte pas comment j’me suis acharné sur ceux qui voulaient me faire transporter un paquet à l’autre bout du pays… Pire, dans Fable 3 ils ont trouvés un truc encore plus ridicule, quand tu flirts avec un PNJ, pour acquérir son amitié, il te demande d’aller donner un paquet à tel autre PNJ… Genre « Tu veux être mon copain ? Bah rend moi service va poster mon courrier héros de mes deux… » Imaginez un peu les crises de nerfs que j’me tape en jouant aux jeux vidéo parfois, entre la reprise de vie pour glands, la narration en carton, le « tirer, courir, sauter » super original et les syndromes Casimir et Besancenot… Il y a parfois quand même des contres syndrome Casimir à petite dose, à la GTA IV où tu peux choisir entre deux missions de l’histoire principale et les quêtes annexes Casimir, de sortir te divertir avec un pote PNJ (spectacle, bowling, pub etc) ce qui va renforcer les liens avec lui et par la même occasion augmenter l’empathie envers lui. Comme quoi c’est possible de faire autre chose… Pitié, FAITES autre chose…

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