La saga des jeux vidéo, la nalyse

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Best seller incontournable vendu à plus de 20 000 exemplaires, la saga des jeux vidéo est un indispensable pour tous les gamers qui se respectent. C’est une phrase toute faite mais elle est on ne peut plus vraie.

La nalyse n’est pas systématiquement raccord avec l’actu, elle n’est pas objective, ce n’est pas une fiche technique, elle ne fait pas de détails ou en donne tout plein selon l’humeur, elle n’est pas faites pour influencer tes achats de consommateur fou parce qu’elle n’en tirerait aucun intérêt, elle est juste écrite pour te faire partager mes goûts à moi, ton K.mi qui t’aime. (Un peu comme un gosse qui fait popo et qui est fier et émerveillé de le montrer à tout le monde.)

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La couverture est laide mais le bouquin est génial.

Je vous l’introduis tout entier

Depuis 1998 et sa première édition j’étais passé à côté de La saga des jeux vidéo de Danial Ichbiah. Lorsque, enfin, a débarqué la cinquième édition chez Pix’n Love, je me suis jeté dessus.

Le pitch dans ta potch

De Pong à Farmville sur Facebook, l’histoire du jeu vidéo nous est raconté à travers des témoignages passionnants et inédits, riches en anecdotes en tous genre et en épopées épiques de créateurs ingénieux, fous ou surprenants.

Attardons-nous là-dessus (enfin, moi, surtout…)

Daniel Ichbiah ne se fout pas de notre gueule avec sa Saga des jeux vidéo. Si le titre est un peu ringard, ce pavé de 520 pages (et sans image, un vrai livre de chez vrai), qui aurait très bien pu être un truc hyper pompeux avec son postulat de base de raconter l’histoire des jeux vidéo, se révèle incroyablement passionnant. Je risque d’ailleurs de répéter souvent le mot « passionnant » je vous préviens, mais il le vaut bien.

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On dirait pas comme ça mais Nolan Bushnell (ici en 1985) est un mec qui dans sa vie sera plusieurs fois multimillionnaire sans jamais perdre son âme.

Daniel Ichbiah plutôt que de se placer en historien a endossé le rôle d’un curieux qui a été interviewer un très grand nombre de créateurs mondiaux, pour derrière restructurer le tout en un véritable bouquin (et pas en un livre d’entretiens). En chapitrant le tout chronologiquement par rapport à l’évolution des jeux vidéo, il a choisi Philippe Ulrich comme fil rouge. Le bonhomme étant un personnage à la vie extrêmement remplie et variée ayant connu presque tous les âges du jeu vidéo et étant qui plus est français est un choix judicieux. La façon dont il est arrivé dans l’univers du jeu vidéo, par hasard, alors qu’il avait entamé une carrière de chanteur qui commençait à marcher, son sens créatif, sa gloire, son originalité, sa création de studio au succès incroyable et à la chute d’autant plus rude, puis sa renaissance future tel un phœnix correspond pile poil aux tenants et aboutissants de toutes les histoires incroyables mais vraies que raconte Ichbiah dans les autres chapitres.

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Derrière ce petit personnage niais et énervant se cache une histoire cocasse et PASSIONNANTE.

Qu’il s’agisse d’Atari et de son formidable créateur visionnaire Nolan Bushnell qui encouragea à l’époque ses employés à la consommation de drogues pour stimuler leur inspiration, la fameuse crise du début des années 80, Alex Pajitnov et son Tetris prisonnier volontaire d’un communisme Russe, Frédéric Raynal et son enfance de nerd qui a failli le rendre aveugle, l’histoire intéressée de la création de Sonic, le réel génie (il est supérieurement intelligent) de Will Wright (le créateur de Sim City et des Sims), Toby Gard (créateur du premier Tomb Raider) qu’on prenait pour un abruti lorsqu’il était gosse, les bonnes rencontres au bon moment qui auront façonnées The 7th Guest le tout premier jeu vidéo sur CD-ROM, l’enfance de Satoshi Tajiri qui lui aura donnée toutes les clés pour inventer Pokemon dans sa vie d’adulte, la toute petite entreprise que des passionnés ont créés en s’endettant et qui deviendra Blizzard aujourd’hui à la tête d’un empire financier colossal, le traditionalisme très japonais de Nintendo qui finira par bouger les choses en interne envers et contre tous pour sortir la Wii à laquelle même les personnes âgées jouent, l’histoire malheureuse de la Dreamcast, le démentiel potentiel financier et social des jeux sur smartphones et Facebook et les requins qui gravitent autour, tout est absolument… PASSIONNANT et je vous passe au moins la moitié des autres histoires toutes aussi riches et géniales à lire. Même les histoires que l’on pensait connaître se voient enrichies d’anecdotes intéressantes et rares qui font la différence.

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Wiil Wright est un génie, après la lecture de  »La saga des jeux vidéo » vous en serez encore plus convaincu.

Il y a bien un chapitre ou deux un peu court (je pense à celui sur Tomb Raider), quelques pages moins palpitantes que d’autres mais globalement on dévore ce livre de la première à la dernière page si tant est que l’on soit intéressé par le jeu vidéo. On en apprend à chaque phrase, du cocasse, du fou, de l’impressionnant, du PASSIONNANT. On ressort satisfait et cultivé de la lecture complète de La saga des jeux vidéo. Les chapitres supplémentaires de cette cinquième édition sont dans la même droite lignée que les précédentes. Par exemple moi qui en tant que joueur se fout totalement de Kinect (au succès commercial dément) qui manque cruellement de bons jeux, j’ai été bluffé par la véritable aventure derrière sa création qui nous est narrée, et je me rendais au préalable à peine compte de la révolution technologique qu’il y a derrière et de ce que ça a impliqué.

Le seul bémol à placer dans ce bouquin d’anthologie, culte, vient de l’édition. Sans parler de la couverture maladroitement laide, il existe un gros nombre de coquilles. Principalement des fautes de frappe, voire d’orthographe, il y a même une surprenante erreur de culture (Devil May Cry est crédité de survival horror qui plus est réalisé par Shinji Mikami au détour d’une phrase…). Un chapitre est également brusquement interrompu par le suivant alors que la phrase n’est même pas terminée… Des tas de petits problèmes qui n’entachent en rien le brio de La saga des jeux vidéo mais qui la foute un peu mal pour une cinquième édition…

Les trucs à ressortir en société pour susciter l’admiration des personnes de ton choix

– Le bouquin en lui-même fourmille de trucs à ressortir en société pour susciter l’admiration des personnes de ton choix.

– Pour connaître l’éditeur du bouquin (et pour cause il m’édite aussi), j’ai appris avec étonnement que Daniel Ichbiah, l’auteur, ne s’intéresse pas du tout aux jeux vidéo. La saga des jeux vidéo est donc un réel travail d’investigation.

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