La fin d’une époque

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Avec plus de 60 millions d’euros de pertes, Sega est au bord du gouffre. Ça sent le sapin…

Père fondateur

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Toi aussi, vient claquer ton salaire en jouant avec des boules.
Fondé en 1954 par David Rosen, un américain expatrié au Japon, Sega était à l’origine un constructeur de machines à sous, et notamment de pachinko (d’autant plus après le rachat de la société par le groupe Sammy Corporation, le géant du secteur).
Mais pour nous autres occidentaux qui n’en avons absolument rien à carrer de jouer avec les boules des japonais, Sega c’est avant tout l’un des acteurs majeurs de l’industrie du jeu vidéo puisqu’il était, avec Nintendo, le fer de lance de l’âge d’or de ce média.

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Quand je la vois, ça me fait toujours des gouzigouzis dans le pantalon.
A l’époque, le constructeur nous vendait du rêve et berçait les petits cœurs romantiques des jeunes gamers que nous étions, notamment avec la Megadrive qui, pour moi, reste l’une des consoles qui aura le plus marqué mon histoire.
C’était l’époque où Sonic était encore un excellent jeu, l’époque d’Afterburner, de Strider, d’Altered Beast, de Castle of Illusion, d’Outrun, de Road Rash, de Street of Rage, et de pléthore d’autres hits qu’il serait trop long et fastidieux de tous les énumérer.

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Tout ça, c’est de sa faute !
Malheureusement, le début des années 2000 marquera un funeste tournant dans l’histoire de Sega, avec l’échec de la Dreamcast, dévorée par l’ogre Playstation 2, qui poussera le géant japonais à rendre son tablier de constructeur pour se consacrer exclusivement au développement et à l’édition.

Depuis, c’est la lente mais inexorable descente aux enfers, avec des licences qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes et des ratés qui deviennent récurrents et finiront par ternir l’image de l’éditeur.

Sega, c’est plus mort que toi

006-491.jpgAvec la perte annoncée de 7 milliards de yen pour l’exercice 2011 (environ 63 millions d’euros), aujourd’hui plus que jamais Sega joue son avenir ; même si le groupe reste tout de même bénéficiaire (Toujours grâce aux pachinko et dérivés et à ses ventes japonaises).

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Désormais, Sega mise tout sur ce jeu… bonjour la pression pour Gearbox.
Du coup, l’éditeur tranche dans le vif à grands coups de katana, et coupe de très nombreuses têtes en Europe et aux Etats-Unis (la rumeur parle même de la fermeture pure et simple de Sega of America).
Mais surtout, Sega annonce qu’ils abandonnent bon nombre de projets en cours et arrêterons désormais de s’éparpiller comme ils l’ont fait par le passé, pour se recentrer essentiellement sur le quatuor que forment Sonic, Football Manager, Total War et Aliens (Quid d’Anarchy Reigns ?).
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Ahahahahahahah… pardon, je ne devrais pas. Ahahahahahah
Une décision sans doute inéluctable compte tenu des résultats financiers, mais pas forcément la plus judicieuse quand on voit la déchéance du hérisson bleu et le peu d’enthousiasme que soulève le Aliens Colonial Marines de Gearbox.
Et bien sûr, inutile de préciser que les fans de Shenmue ne sont pas prêts de terminer les aventures de Ryo.

J’espère très sincèrement que cette nécro volontairement anticipée ne présagera pas de la fin de la firme nippone, car même si ses meilleures années semblent incontestablement derrière elle, la voir disparaitre du paysage vidéoludique me ferait quand même bien chier.

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