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Des fois je me demande dans quel monde les gens vivent...

 

The Elder Scrolls Online, vacances en Tamriel

Saint Trop' c'est surfait. La Baule c'est has been. Aujourd'hui, pour des vacances dépaysantes, une seule destination s'impose : Tamriel !

Préambule

A l’heure où j’écris ces lignes, mon personnage oscille entre le niveau 22 et le niveau 28 (Je n’ai pas rédigé cette critique d’une seule traite, mais en plusieurs fois). Je ne parlerai donc que de ce que j’ai vu et vécu durant ce laps de temps (une cinquantaine d’heures). Sachez toutefois qu’il existe du PvP où les trois factions s’affrontent pour contrôler Cyrodill (le meilleur joueur de la faction gagnante devient Empereur, d’ailleurs). Quant au PvE, les développeurs proposent des arènes à quatre joueurs (un mode Horde, quoi) et des raids à douze joueurs que je n’ai pas encore pu tester. Pour ce qui est du level cap, on peut monter son perso jusqu’au niveau 50 avant de passer au premier niveau de prestige (12 niveaux de prestiges à ce jour). De plus, s’agissant d’un MMO, des améliorations et du contenu supplémentaire peuvent être ajoutés à tout moment et changer radicalement la façon de jouer.

Politique d’austérité

Cet été, après avoir écumé les moindres recoins de Novigrad, Velen et autres îles de Skellige, j’ai décidé de mettre le cap vers Tamriel pour voir si l’herbe y pousse plus verte. Et il faut bien admettre que mon arrivée fut quelque peu chaotique. Après la claque The Witcher 3, débarquer sur TESO pique sévèrement les yeux. Certes c’est un MMO, mais cela n’excuse pas tout. Clairement, le jeu est moche et très très oldschool dans ses mécaniques. Même le design général, de l’environnement comme de l’architecture, n’a rien de très engageant compte tenu de sa très grande banalité. Et je ne parle même pas de l’interface absolument imbitable qui n’engage pas à s’investir dans le jeu. Bref, vous l’aurez compris, la transition entre les deux titres m’a été particulièrement pénible au point de devoir presque me forcer à jouer (je l’ai quand même payé 50 boules, je me devais d’insister). Et puis, à force de persévérance, voire d’abnégation, on finit par s’y faire. On commence à prendre du plaisir à partir en randonnée dans les vastes étendues proposées et à rusher un donjon avec quelques potes. On avance dans le jeu, notre personnage progresse et c’est au moment où on comprend un peu comment tout cela fonctionne qu’on s’aperçoit qu’on a fait un peu n’importe quoi depuis le début. Heureusement, dans chacune des grandes villes du jeu, un autel divin vous permettra, contre de la monnaie sonnante et trébuchante, de réinitialiser vos compétences. Et maintenant que vous comprenez tous les tenants et les aboutissants de la fiche de personnages, vous pouvez l’optimiser au mieux. Ce serait dommage de s’en priver (surtout qu’à 2.300 pièces d’or, c’est donné... en comparaison, un cheval c’est 10k minimum).

Car comprendre la fiche de personnage, quand vous arrivez dans le jeu, s’avère plus insurmontable que de gravir l’Everest en tongs. En effet, quasiment tout ce que vous allez faire en Tamriel et soumis à des compétences distinctes. Il y a d’abord les compétences liées à votre race, puis celles liées à votre choix de classe (trois arbres distincts par classe), pour le type d’armure que vous portez (légère, intermédiaire, lourde), le type d’arme que vous maniez, les différentes guildes que vous approchez (Mages, Guerriers et Indomptables) ou encore les différents corps de métiers pour le craft (Forge, Couture, Travail du bois, Alchimie, Enchantement et Cuisine). Seulement, à chacune de vos montées en niveau, vous ne gagnez qu’un seul et unique point de compétence. Difficile donc de savoir où le dépenser quand on débute. En général, on privilégie les compétences de classe, histoire de gagner en puissance. On "s’achète" des sorts et des coups spéciaux jusqu’à s’en retrouver bardé, alors que seulement six sont assignables. Arrivé à un certain stade, la réinitialisation vous permet de zapper les compétences inutiles et de se spécialiser niveau artisanat. Car très honnêtement, vu la difficulté à progresser dans ce domaine, mieux vaut se concentrer sur un, deux, voire trois matières max, que de toucher à tout. En effet, l’artisanat est un métier presque à plein temps. Il faut passer des heures à arpenter forêts et donjons pour récupérer de la matière première, sacrifier de l’équipement pour faire de la recherche de traits (bonus d’équipement), sacrifier des points de compétences pour monter en niveau d’artisan plutôt que d’accroître la puissance de son perso, etc. De plus, l’artisanat d’équipement (Couture, Forge, Travail du bois), ne devient réellement intéressant qu’à partir du moment où vous pouvez crafter des sets, où lorsque vous disposez d’assez de tanin pour améliorer la qualité de vos items (seul l’équipement raffiné et chef d’oeuvre se trouve dans la nature. L’équipement rare et exotique s’obtient via le craft). En gros, s’investir dans l’artisanat, c’est de l’investissement à long terme, ce qui peut s’avérer frustrant pour ceux qui cherchent des résultats immédiats.

Corne d’abondance

L’avantage de cette feuille de personnage particulièrement fournie c’est que du coup, on façonne son héros à l’envi, sans être bridé par sa classe de départ. En effet, si la plupart des (MMO)RPG proposeront des sorciers avec robes et bâtons, ici rien ne vous empêche d’en créer un avec armure lourde et hache à deux mains. A l’inverse, vous pouvez également opter pour un gros barbare, vous équiper d’un bâton de soin et faire évoluer votre magie au détriment de la santé/vigueur. Certes, ce ne serait pas très intelligent d’être aussi extrémiste, mais c’est possible et cette liberté dans la construction de son avatar est particulièrement plaisante. Bon, il faut bien admettre qu’à l’arrivée, le classicisme est tellement avantageux qu’on finit par rester dans les clous. Mais on ne va pas se plaindre d’avoir la liberté de faire n’importe quoi, pour une fois qu’on l’a. Et puis tout cela sert l’immersion du joueur dans cet univers. Car ici la variété n’est pas un vain mot, et chaque joueur croisé au hasard de vos pérégrinations aura un look singulier, quelques similitudes aussi, forcément, mais les différences techniques et physiques très marquées renforcent ce sentiment de faire partie d’un tout. Et puis c’est toujours mieux que les clones d’un Destiny, pour ne citer que lui... Bon, ce qui est un peu dommage, c’est que les skins les plus cool (notamment pour les montures), ne soient disponibles qu’en boutiques ; et qu’ils ne sont pas forcément donnés en plus. On se moquait de l’armure de cheval en DLC dans Oblivion à l’époque, mais on en est encore là aujourd’hui (en même temps c’est la même licence). Alors que TESO n’est pas un Free 2 Play, il en a tous les atours avec ses boosts, ses skins d’armures, ses montures ou familiers aux tarifs particulièrement onéreux. A titre d’exemple, certaines montures sont vendues au même prix que le sera le DLC, La Cité Impériale. Alors c’est principalement de l’esthétique (encore heureux), mais ça n’en reste pas moins une pratique douteuse pour autant. Enfin bref, on ne va pas refaire le monde, et l’équipement "gratuit" est suffisamment varié pour s’en contenter.

Cette variété se retrouve d’ailleurs également dans les différentes quêtes proposées, même si généralement, ça finit par du poutrage d’ennemis (on n’est pas là pour faire du macramé). On trouve énormément d’activités à faire en se baladant quelques instants sur la map. Des personnes à secourir, des messages à transmettre, des items à trouver, des factions à soutenir, mais aussi des antres à explorer, des bastions à attaquer/défendre, des ressources à récolter ou carrément des donjons multi à parcourir entre amis. Le jeu nous pousse même au craft avec de très lucratives missions d’artisanat. On est en plein dans le syndrome Besancenot et Casimir cher à K.mi, on a du mal à trouver une justification à tous ces coups de main donnés (contrairement à The Witcher où ça fait clairement partie des prérogatives d’un sorceleur), mais au moins on ne s’ennuie jamais. Le seul vrai bémol que j’émettrais, c’est que certaines missions modifient profondément l’attitude des PNJ et empêchent alors toute rejouabilité. Par exemple, si vous délivrez une ville occupée mais que votre camarade de jeu ne l’a pas fait, il devra se démerder seul (les PNJ seront passifs pour vous et agressifs pour lui). Et ça pour un MMO, ça fait un peu tâche. Je suis assez dubitatif également sur l’intérêt des missions vous demandant d’enquêter ou chercher des indices, car ces derniers sont indiqués bêtement et simplement par une grosse flèche. Nul besoin de fouiller, on est pris par la main. D’ailleurs, globalement, le jeu est assez simple. Ou plutôt, les zones et quêtes étant classées par niveau, la difficulté est laissée à la discrétion du joueur. Seulement, n’importe quel aventurier un tant soit peu sain d’esprit sera machinalement attiré par les quêtes dont les niveaux sont les moins élevés. C’est d’autant plus vrai que les faire seul ou accompagné (d’un ou plusieurs amis, ou simplement d’autres aventuriers présents au même endroit), ne changera rien sur la force et le nombre des ennemis rencontrés. Sachant que toutes les quêtes, à partir du moment où vous avez le niveau recommandé, sont réalisables en solitaire, à plusieurs ça devient alors presque aussi dangereux qu’un pique-nique dominical au parc de Saint Cloud (et encore d’avantage si les joueurs vous accompagnant sont d’un niveau supérieur). Résultat, seuls les donjons multijoueurs proposent un challenge suffisant... ce qui a toujours le don de surprendre, tant on perd rapidement l’habitude de se faire défoncer.

Suivre sa voix

Si je parlais d’une technique déplorable en début d’article, il y a un point qui est épargné et dont je n’ai pas parlé, c’est la bande son. En effet, si les musiques sont plutôt sympatoches (sans être transcendantes non plus) et les Fx très acceptables (bien qu’assez minimalistes), c’est côté doublage que TESO force l’admiration. Car ici, tous les PNJ ayant une quête à vous donner (et ils sont nombreux), sont intégralement doublés... et plutôt bien doublés dans l’ensemble, d’ailleurs. C’est un plaisir d’écouter vos interlocuteurs abuser de votre gentillesse pour que vous alliez chercher son frère/sœur/père/mère/ami (rayez la mention inutile) disparu depuis plusieurs jours, plutôt que d’avoir à lire des pavés interminables. Parfois même, des PNJ vous héleront lorsque vous passerez à proximité ou discuterons entre eux. Encore une fois, c’est bon pour l’immersion et c’est bien le seul truc un peu convivial qui vous aide à persévérer dans les débuts. Les dialogues sont d’ailleurs souvent drôles, que ça soit par le biais d’une situation cocasse ou d’une petite vanne lâchée au beau milieu d’une conversation dramatique. Il faut dire que nombre de personnages sont particulièrement tarés. Malheureusement, toutes ces lignes de dialogues servent une histoire d’une banalité à faire peur ; tout n’est que prétexte à se défouler sur les mobs qui pullulent sitôt sorti des routes et sentiers (avec des respawns un peu bizarres). Le jeu se pare d’ailleurs d’un mode solo, où l’on incarne une sorte de mort-vivant baptisé Vestige (un corps sans âme si j’ai bien tout compris), dont le destin semble d’affronter Molag Bal, un genre de dieu des ténèbres comme on l’habitude d’en voir dans 99,99 % des Fantasy-RPG. Bon, de vous à moi, c’est un peu du pipi de chat et n’a quasiment aucun lien avec le reste de l’aventure (le MMO à proprement parlé). Par contre, sachez-le, il est impératif de finir le scénario principal pour pouvoir passer au premier niveau de prestige. D’autres instances solo sont disséminés aux quatre coins de l’univers, notamment les quêtes des guildes de mages et guerriers.

Vous l’aurez compris, TESO chauffe régulièrement le chaud et le froid. Il est moche et banal, il a un peu tendance à oublier qu’il est un MMO (surtout quand il ne te permet pas de faire une quête avec tes potes parce que tu l’as déjà complété) et surtout, il est d’une austérité à rebuter les plus enthousiastes d’entre nous. Malgré tout cela, une fois immergé dans son univers, on y trouve son compte et on prend plaisir à évoluer en Tamriel. Ceci étant, l’absence de MMO digne de ce nom sur Xbox One y est sans doute pour quelque chose, et les joueurs PC lui préféreront forcément nombre d’autres titres (Guild Wars 2 pour commencer). En tout cas, me concernant, j’avoue m’être surpris à passer des journées entières à arpenter les forêts à la recherche de plantes pour bosser mon alchimie, ou de bois pour me fabriquer des bâtons de sorcier ; chose que j’étais bien incapable de faire dans Destiny tellement ça me gavait ces allers et retours sur une map de 30m². Il y a quelques années, je m’étais juré de ne jamais toucher à un MMO, aujourd’hui j’ai presque envie de ne jouer qu’à ça, sans doute motivé par ce besoin de grand air et de liberté, dans ce média qui semble avoir fait du couloir, la clé de voûte de son industrie.

Par Fylodindon, le 21 août 2015

 
Avatar de Sadpanda

Moi je veux un tes 6... je n’ai pas la thune pour payer un abo :( Oui je sais il est passé free to play mais je parle de l’abo ps+ of the dead !

Sadpanda, le 22 août 2015 à 13h57
Avatar de Fylodindon

Non, il n’est pas Free 2 Play. C’est un Buy 2 Play, comme Guild Wars 2.

T’achètes le jeu (grosso modo 50 boules, en fonction d’où tu l’achètes), et après tu joues sans abonnement. Mais bon, faut l’acheter à la base quand même.

Par contre, ouais forcément, faut un abonnement Live/PS+.

Fylodindon, le 22 août 2015 à 16h58
Avatar de Niskuik

Cela revient presque au même. Si il n’a pas les sous... il n’a pas les sous, que ce sois pour un abo ps+ ou un abo pour le jeu qui en l’occurence n’existe pas.

Niskuik, le 25 août 2015 à 08h18
Avatar de Fylodindon

Euh oui, je ne dis pas le contraire. Je précise juste qu’il ne s’agit pas d’un Free 2 Play.

Parce que bon, si jamais il trouvait les sous pour un abo PS+, il lui resterait encore à trouver des sous pour acheter le jeu.

Fylodindon, le 25 août 2015 à 08h32
Avatar de peace

La monstrueuse mise à jour est entrain de ce télécharger, plus que 4 go, j’ai hâte.
180 ko/s c’est ça que de vivre à la campagne.

peace, le 4 octobre 2015 à 16h47
Avatar de Nachcar

Tu veux parler du DLC qui vient de sortir ?
J’ai pas suivi. Ca apporte quoi ?

Nachcar, le 5 octobre 2015 à 18h26

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