Preacher, la saison 2 lâche les chevaux

Le meilleur comics de tous les temps parviendra t-il à accoucher d'une excellente série ? Deuxième étape.

Après vous avoir fait part de mes inquiétudes et de mon enthousiasme quant à la transposition sur écran de mon comic book préféré de tous les temps, puis après vous avoir fait un compte rendu détaillé épisode par épisode de la première saison, je pensais presque ne plus jamais parler de Preacher ici.

Globalement, la saison 1 m’a laissé sur ma faim mais restait sur une potentielle envolée. J’ai donc un peu traîné des pieds avant de regarder la saison 2. Et autant le dire tout de suite : elle est très bien. Et ce même si la série TV tient définitivement plus de l’inspiration que de l’adaptation. Avec un fil rouge commun, une ambiance conservée (le trash et le sang compris même si forcément un peu moins exacerbé) et quelques personnages communs, mais tellement de différences dans l’intrigue qu’on ne peut plus parler d’adaptation..

Qu’à cela ne tienne, tout ce que la série fait de nouveau, elle le fait bien. Qu’il s’agisse de raconter le passage d’Eugene (Tête-de-Fion) en Enfer où il rencontre Hitler, de faire se rencontrer Cassidy et son fils (une personne aujourd’hui âgée), de raconter la nouvelle vie de Fiore, de dévoiler la formation d’Herr Starr, de rendre Tulip terrorisée par le Saint des Tueurs... Tout est brillamment pensé et mis en scène. Et surtout très fidèle à la BD dans l’esprit alors qu’aucun de ces moments n’existent dans le matériau d’origine. C’est drôle, irrévérencieux et assez jouissif à suivre. Vous pouvez donc imaginer que lorsque des moments de la BD interviennent (la rencontre avec le descendant consanguin de Jésus par exemple) l’état d’esprit est là.

Et même si l’histoire prend des tournures différentes, que l’intrigue prend des libertés, on ressent vraiment, enfin, l’état d’esprit Preacher dans cette deuxième saison. Avec des bastons violentes aux chorégraphies classes, des personnages déjantés, des situations cocasses et une irrévérence constante. Jesse, Tulip et Cassidy sont en plein road trip déluré à la recherche de Dieu et rencontre en chemin des gens complètement tarés. L’essence de Preacher c’est ça. Mon seul bémol vient cependant justement du trio de héros. Leur relation ne me satisfait pas du tout par rapport au comics et cette saison 2 n’a pas vraiment arrangé les choses. A vrai dire, les trois personnages m’apparaissent presque comme antipathiques, surtout parce que dans le comics leur relation est autrement plus attachante. Ils perdent aussi en charisme face à des personnages comme Eugene, Herr Starr (vraiment excellent) ou le Saint des Tueurs que l’on prend plus de plaisir à suivre dans leur intrigue. D’une certaine façon c’est donc très réussi (le comics propose énormément de personnages secondaires fantastiques), mais aussi raté (on ne pourra jamais être surpris ou déçu d’une relation brisée entre Jesse, Tulip et Cassidy puisque de base tout a été montré pour que ça en prenne le chemin sans avoir pris le temps de nous faire adorer le trio qui constitue pourtant, je le souligne, les personnages principaux).

Je suis assez enthousiaste à l’idée de suivre une troisième saison où la grand-mère de Jesse, Jody et T.C. vont faire partie intégrante du casting. Une grand-mère brièvement dévoilée comme toute aussi sadique que dans la BD mais qui se veut ici une prêtresse vaudou capable de ressusciter n’importe quoi/qui, mais jamais sans en faire payer le prix... Tout ça alors que Dieu se cache dans un déguisement de Dalmatien sur lequel les pervers des bas-fonds de la Nouvelle Orléans (fief de la deuxième saison) aiment déverser leur foutre contre menue monnaie... La relation entre nos trois anti-héros ne sera peut-être jamais aussi touchante que dans la BD, mais je suis désormais certain que toute la liberté et la folie prise dans la version papier plane au dessus de la série de façon jouissive.

Je soulignerais aussi la chouette réalisation, ainsi que la volonté du show de respecter une parité dans ses fondements créatifs (chaque épisode est soit écrit, soit réalisé par une femme). Bref, Preacher Saison 2 est taillé sur mesure pour n’importe quel amateur d’histoires décalées et donne à la série un vrai cachet qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Steve Dillon peut reposer en paix.

PS : Au fait, le traitement de LA voix est beaucoup plus sympa dans cette saison.

Par K.mizol, le 23 octobre 2017

 

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