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Naufragés du Liberté - Tempête sous un crâne

Nous avons beaucoup voyagé depuis notre première évasion, en métro, galion, avion, sous-marin, et même en navette spatiale. Mais il nous manquait le paquebot, et c’est maintenant chose faite.

Jusqu’à l’ouverture de « Tempête sous un crâne » au printemps 2016, les arrondissements du sud-ouest de Paris étaient étrangement ignorés par les Escape Games, plutôt regroupés dans le centre et l’est de la capitale. Cette enseigne a donc judicieusement choisi de sortir le XVe de sa torpeur ludique, et propose deux aventures sur des thématiques originales, les vampires et les croisières transatlantiques…

En ce dimanche d’automne, nous profitons de l’annuelle journée sans voiture pour découvrir un moyen de locomotion beaucoup plus original, le paquebot ! Nous embarquons à Javel, près de la seine, et sommes accueillis très chaleureusement par les matelots Jonathan et Thomas. Après réflexion, l’un des deux est peut-être le capitaine, espérons ne pas l’avoir vexé en l’appelant matelot, et qu’il ne nous donne pas une cabine trop proche de la machinerie, au pont inférieur.

La présentation de la traversée se fait dans une des coursives, et l’on nous dirige vers les chambres de luxe. D’illustres personnes nous ont précédés en ces lieux, et plus particulièrement Stéphane Zweig et son frère Alfred. Selon la légende, notre cabine aurait même pu servir à cacher du monde pendant la seconde guerre mondiale…

Les naufragés du Liberté

Décembre 1951, nous embarquons sur le Liberté, paquebot transatlantique en partance pour l’Amérique. En pleine traversée, un accident se produit et plusieurs voies d’eau commencent à le faire sombrer. Nous devons quitter en urgence notre cabine pour rejoindre les canots, mais les issues sont bloquées…

Comme nous le pressentions, ou l’espérions, nous sommes bien dans une cabine de luxe et le décor est totalement crédible. Les murs sont recouverts d’un lambris en bois verni et usé juste comme il faut, le mobilier est d’époque, une vieille valise trône sur un meuble, il y a même des hublots en bronze qui diffusent une douce lumière bleutée. L’immersion est forte et nous n’avons aucun mal à nous plonger dans cette croisière des années 50. Des haut-parleurs annoncent la catastrophe, cessons de rêver et commençons la fouille.

La pièce révèle de très nombreuses surprises, certains éléments totalement anodins sont de très belles cachettes, et nous trouvons tout au long de notre aventure des lettres, objets et outils nécessaires à notre progression. La fouille est un élément très important de cet Escape Game, une cache secrète est même présente, et se découvre en actionnant un judicieux mécanisme, presque invisible.

Les énigmes sont variées et parfaitement dans le thème, cela ravira les joueurs à la recherche d’histoires fortes et cohérentes. De nombreux éléments renvoient aux anciens passagers de la cabine, les énigmes s’y entremêlent, c’est très bien vu. Les manipulations sont aussi présentes, et plusieurs mécanismes très originaux ponctuent l’aventure. Les quelques constructions « High-Tech » sont dignes du milieu du XXè siècle, pas d’anachronisme ici. Une énigme a rebond est assez complexe, nous bloquons un peu, mais le Game Master intervient au bon moment pour nous guider.

Afin de ne pas rompre le charme du décor, aucun écran n’est présent et les retours du GM se font par un vieux téléphone mural en bois. Il faut parler dans un cornet et porter l’écouteur à l’oreille. C’est ludique, et même si vous êtes excellents, nous vous conseillons de simuler un blocage dans le jeu pour le plaisir du dialogue avec le GM. Il n’y a pas non plus de chronomètre dans la salle, des messages du capitaine annoncent toutes les dix minutes l’évolution du naufrage et la hauteur d’eau dans les étages.

A quelques pas de la fin, nous rencontrons un élément extrêmement rare dans les salles, il est peu employé car problématique pour le « reset » de la room, mais toujours agréable et parfaitement dans le thème. Notre équipe de trois joueurs arrive à se libérer en 54 minutes, et avant que nous ne puissions rejoindre les canots de sauvetage, Jonathan vient nous retrouver pour le debriefing directement dans le décor.

Cette salle est classique, mais parfaitement réalisée et totalement maitrisée pas ses trois créateurs qui ont conçu les scénarios, énigmes et décors. Plusieurs points ont été revus depuis sa création, l’aventure s’est fluidifiée et un élément souvent reproché - la quantité de textes à lire- a été gommé. Nous y avons passé un très bon moment et la recommandons à tous les joueurs. Le nom de l’enseigne annonce la couleur, vous aurez à réfléchir…

Le site de Tempête sous un crâne

Par smy, le 10 octobre 2016

 

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