Lewis & Clark, la balade américaine

Inspiré d’une histoire vraie, le jeu de Ludonaute vous propose de traverser l’Amérique du XIXème siècle, de part en part. Mais attention, l’Histoire étant souvent cruelle, seul le premier arrivé aura la chance d’inscrire son nom dans les manuels scolaires…

C’est quoi ?

Comme son nom l’indiquera aux plus fervents adeptes de l’histoire américaine, Lewis & Clark est un jeu de société pour deux à quatre joueurs, crée par Cédrick Chaboussit et fort joliment illustré par le bien nommé Vincent Dutrait, retraçant l’expédition des deux explorateurs américains, au début du XIXème siècle. Car oui, l’expédition Lewis & Clark a bel et bien eu lieu. Ordonnée par Thomas Jefferson, elle avait pour but de relier l’Est et l’Ouest des États-Unis, afin de découvrir les richesses du pays, partir à la rencontre des autochtones et instaurer une voie commerciale fluviale, reliant l’Atlantique au Pacifique. Près d’une cinquantaine d’hommes, ainsi que de nombreux indiens, participèrent à cette opération. Des personnages qu’on retrouve d’ailleurs dans le jeu, au travers d’autant de cartes à leur effigie.

Dans la boite

Le jeu est proposé dans une belle boite carrée, qui d’un point de vue personnel me sied d’avantage qu’une rectangulaire (pour le rangement), rempli par du matériel de qualité. En effet, outre les quatre-vingts cartes illustrées, on retrouve une bonne centaine d’hexagones en bois, symbolisant les différentes ressources (fourrures, bois, équipement, nourriture, canoés et chevaux), des personnages (en bois également) figurant les joueurs et indiens, ainsi que des tuiles venant s’ajouter aux plateaux individuels de chacun. Bref, du matériel aussi bien quantitatif que qualitatif. Seule ombre au tableau, un plateau de jeu principal qui aurait pu être plus clair et plus soigné. Non pas qu’il soit moche, bien au contraire le village indien central est franchement réussi. Seulement, ce jeu est une course, vos déplacements se font donc le long d’une route toute tracée par le fleuve et la chaine de montagne, au nord du pays. C’est cette route qui fait un peu cheap, perdue sur le plateau de jeu, aux cases et contours mal définis. C’est vraiment dommage, même si ça n’a rien de dommageable pour autant.

Comment on joue ?

Le principe de cette course à travers les États-Unis, c’est que chaque joueur n’avance pas un seul pion, mais deux. En effet, chacun des participants doit faire progresser un éclaireur, envoyé seul en aval du fleuve, ainsi que le gros de son expédition, représenté par un campement qu’il peut établir à tout moment. C’est d’ailleurs ce dernier qui définit le vainqueur de la partie, dès lors qu’il arrive sur la côte Pacifique, au fort Clatsop. Toutefois, plus votre expédition est importante (en hommes et matériaux), plus l’établissement de votre campement prend du temps ; ralentissant alors l’ensemble de l’équipée. Il est donc primordial de gérer au mieux ses ressources, en trouvant le bon équilibre entre un nombre suffisant pour avancer rapidement, sans pour autant perdre trop de temps par un excédent de « bagages ».

Si la majeure partie de la route se fait le long du fleuve, il faudra compter avec les chemins de montagne en fin de parcours, histoire de varier les (dé)plaisirs. Il est même possible de changer la nature du trajet d’une partie à l’autre, en y ajoutant des jetons fleuve et montagne. De toute évidence, une excellente idée pour éviter une trop grande redondance. Il est même possible d’accroitre la difficulté, en imposant des ressources uniques aux villages indiens. Car oui, pas de voyages dans les États-Unis du XIXème siècle, sans indiens. Ils vous seront d’une aide précieuse pour récolter les ressources nécessaires à votre progression, car ils sont les seuls dépositaires des canoés, ou encore des chevaux indispensables pour arpenter les montagnes. Régulièrement donc, vous devrez envoyer vos indiens dans les villages pour négocier les services locaux. Du moins tant que vous en aurez à disposition. Car même si éthiquement ça peut paraitre quelque peu contestable, les indiens ne sont finalement ici qu’une ressource supplémentaire, qu’il vous faudra acquérir en jouant votre carte interprète.

J’ai effectivement attendu le troisième paragraphe pour en parler, mais sachez que Lewis & Clark est avant tout un jeu de cartes. Chacun des joueurs disposent d’un jeu de six d’entre elles, représentant leur chef d’expédition, leur interprète et quatre collecteurs de ressources primaires (bois, fourrure, équipement, nourriture). Par la suite, ils peuvent en acquérir à tout moment de la partie, via le journal des rencontres. C’est exclusivement par le biais de ces cartes que vous pourrez avancer. Toutefois, dès lors qu’elles sont jouées, celles-ci ne sont plus disponibles jusqu’à ce que vous établissiez votre campement. L’essentiel de la stratégie réside donc dans le choix du moment le plus opportun pour jouer ses cartes, et notamment ses cartes de déplacements.

Pour conclure

Au final, on se retrouve face à un jeu relativement complexe, offrant un nombre incroyables de possibilités (notamment via les cartes supplémentaires), mais ces possibilités sont finalement plutôt stériles. En effet, compte tenu du temps incroyable que nous font perdre les ressources stockées, on ne peut guère prévoir de stratégie sur le long terme. On se retrouve donc enfermé dans un carcan « Je choppe des ressources, je les échanges contre un canoé/cheval, j’avance mon éclaireur et j’établis mon campement », bis repetita jusqu’à la ligne d’arrivée. Il est également dommage que les différents dangers et épreuves de l’expédition (animaux sauvages, rapides, indiens hostiles, maladies, etc.) ne soient pas représentés. La course fait alors un peu figure de promenade de santé. Enfin, sachez que j’y ai joué avec trois personnes différentes, et personne n’a réellement accroché au jeu. Pourtant, celui-ci se paie d’excellents retours. Certains sont donc plus réceptifs que d’autres. Je ne saurai alors que vous conseiller de l’essayer avant d’acheter, histoire de savoir dans quelle catégorie vous vous trouvez.

Par Fylodindon, le 17 avril 2014

 

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