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Et sinon le Project Milo, ça fait quoi si on lui montre son cul ?

 

L’exercice de l’Etat, dans les coulisses du pouvoir

Après avoir fait sensation à Cannes (quatre prix) et récolté douze nominations aux Césars (trois remportés), L’exercice de l’Etat reçoit enfin sa plus grande récompense : Ma bénédiction ! Chronique d’un grand film politique…

Les lois du milieu

Le nouveau film de Pierre Schoeller nous plonge dans les coulisses du ministère des transports, et par extension dans les coulisses de l’état français, au travers de son ministre Bertrand Saint-Jean, confronté à une décision politique à laquelle il n’adhère pas mais qu’il se doit de mettre en œuvre : La privatisation des gares SNCF.

De prime abord, il est bon de noter que ce film n’est pas un pamphlet politique, prompt à taper sur la droite ou la gauche.
D’ailleurs, à aucun moment, la notion de parti politique est traitée dans ce film, même si on imagine sans mal que la privatisation de la SNCF tient plus d’une décision de l’UMP que des socialistes.

Non ici, malgré les multiples références à notre actualité réelle (dette, crise grecque, bisbilles au sein du parti, combat social des « contis », etc.), le récit s’attarde d’avantage sur l’humanité de nos hommes politiques, et notamment de ce Bertrand Saint-Jean, personnage présenté comme en décalage par rapport aux énarques qu’on croise généralement dans les hautes sphères de l’Etat ; plus humain oserai-je dire.

Exercices de style

Tour à tour déterminé, puis résigné, Bertrand Saint-Jean s’acharne à nous démontrer que nos hommes politiques sont d’avantages prisonniers de leurs fonctions, de leur parti et parfois même de leurs collaborateurs et conseillers qu’autre chose.

Dans ce rôle, Olivier Gourmet est juste impeccable et aurait largement mérité, selon moi, de rafler le César du meilleur acteur (Plus qu’Omar Sy, dont la performance d’acteur est juste inexistante… c’est du Omar Sy qui fait du Omar Sy).

Autour de lui aussi d’ailleurs, les acteurs font un travail remarquable, avec une mention spéciale pour Michel Blanc ou Zabou Breitman, très impliqués dans leurs rôles respectifs, ou même Sylvain Deblé, le chauffeur qui parle peu mais dont la présence pleine d’humilité apporte un côté prolo très plaisant à « l’aristocratie » politique française.

Il en résulte un film incroyable, d’une infinie justesse et terriblement d’actualité.
Bien sûr, mieux vaut se passionner pour la politique (ou au moins s’y intéresser) pour en prendre toute la mesure, car malgré la scène d’ouverture érotico-bizarre, on est loin d’un film de djeun’s.
Mais si le sujet ne vous rebute pas, cet exercice de l’Etat est un film furieusement passionnant.

Par Fylodindon, le 20 mars 2012

 
Avatar de ta d loi du cine

"Mieux vaut se passionner pour la politique"...? C’était (c’est encore, non ?) un peu l’époque, justement, il me semble. La phrase "prisonnier de son entourage" me paraît un peu forte. Je vois la chose plutôt dans l’autre sens : l’entourage entièrement "dévoué" à la cause du Ministère, dont la seule "face visible" (comme celle d’un iceberg, tiens - autre référence ?) est incarnée par "leur" Ministre. Mais cet entourage, qui peut glisser un mot, une phrase, une idée... sous la langue du ministre, en dépend aussi (peut se faire envoyer en congé parental "discrétionnaire", renvoyer, voire abandonner sous le diktat supérieur...). Relations de dépendance mutuelle fascinantes !
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
http://dasola.canalblog.com/archive...

ta d loi du cine, le 11 avril 2012 à 19h53
Avatar de Fylodindon

Moi je l’ai senti d’avantage prisonnier de son entourage.
Sa façon de piquer une crise et d’envoyer les gens bouler, c’est comme pour assurer une autorité qu’il sait très bien lui échapper. Mais il est prisonnier de ses proches collaborateurs, dont il a besoin et qui parfois lui dicte sa conduite (notamment Blanc), mais encore plus prisonnier de sa famille politique qui ne lui laisse aucun choix, pour laquelle il est obligé de renier ses idéaux.

Moi c’est ce qui m’a marqué en tout cas : Un homme de pouvoir qui finalement, n’en a guère.

Fylodindon, le 11 avril 2012 à 21h38

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