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Une PS3 Slim c’est contradictoire, et pourquoi pas une 360 silencieuse...

 

GTA et le sexisme

D’un côté comme de l’autre, le débat est souvent caricatural et faussement argumenté. Suffisamment en tout cas pour m’avoir donné envie d’en parler.

Mise en bouche

Tout d’abord je tiens à dire que je ne me positionne dans cet article ni comme l’avocat du diable, ni comme celui de l’accusation. Je souhaite simplement brièvement analyser à travers les épisodes principaux de la saga Grand Theft Auto le sexisme qui gravite autour, et les possibles évolutions (ou non) des titres à ce sujet jusqu’à GTA V dernièrement sorti.

La première chose à comprendre dans les GTA, c’est qu’il s’agit d’un univers satirique et parodique, qu’aucun personnage qu’il soit masculin ou féminin n’est foncièrement sain. Ce qui fait la qualité d’écriture de Rockstar c’est aussi son humour corrosif, ils excellent dans l’outrance, dans les personnages fêlés, cinglés, tarés, et dans toutes leurs exagérations. Là-dessus, tout le monde est logé à la même enseigne. On ne peut pas accuser Rockstar d’avoir fait de tel personnage féminin une pauvre folle en revendiquant à ce titre un sexisme de leur part : tous les personnages sont fous.

La deuxième chose à comprendre et qui est toute aussi importante, c’est que la saga GTA s’inspire et reprend les codes des histoires de gangsters, principalement celles du cinéma. Un milieu (le gangstérisme) particulièrement peu connu pour sa partialité envers les femmes. Souvent reléguées à des rôles peu enviés. On peut reprocher au développeur de n’avoir que peu souvent chercher à briser ces codes, c’est vrai, mais je ne suis pas certain qu’on peut particulièrement leur en vouloir de les reprendre non plus. Je creuserai ça plus bas.

Grand Theft Auto III et le sexisme

GTA III a pour particularité d’avoir pour antagoniste principal une femme. Catalina, ex petite amie et ex complice de crimes du héros Claude. Elle le trahira après un braquage en commun en le laissant pour mort, fera partie du Cartel Colombien de Liberty City et sera une des dernières grosses oppositions à laquelle on sera confronté à la fin du jeu. Il s’agit d’un personnage fort et charismatique. Les personnages féminins de GTA III sont peu nombreux et leurs apparitions sont assez partagés niveau intérêt réel. Misty est très sexualisé (en gros, c’est une pute qui bosse pour divers chefs de clans et pour qui on fait le chauffeur) et Maria Latore, femme du Don, oscille entre la courge que l’on doit divertir, la pseudo amie qui nous met dans la merde et la princesse à sauver. Reste Asuka Kasen, co-leader des Yakuzas, qui nous donne plusieurs missions comme n’importe quel personnage de clan important rencontré le fait.

GTA III a de sexiste qu’il propose une sous-représentation de la femme par rapport aux personnages masculins. Mais en soi, il serait faux et exagéré de considérer qu’elles ne servent qu’à des fins sexuelles ou stupides. Le souci vient justement du fait que proportionnellement, étant donné le peu de femmes dans le jeu, elles sont moins bien écrites.

Grand Theft Auto : Vice City & San Andreas et le sexisme

Avec ces deux spin-off se déroulant dans des époques antérieures à GTA III (qui se déroule au début des années 2000), on a caractéristiquement les GTA les plus sexistes qu’il soit. Vice City parodie le Miami des années 80 que représentait la série Deux flics à Miami et surtout le Scarface de De Palma (le jeu va jusqu’à en reprendre presque trait pour trait quelques scènes). Pour rappel, dans le long métrage mythique on assiste à l’ascension dans le Milieu d’un immigré cubain où la représentation féminine se résume à des meufs aux mœurs légères, une femme mi fatale mi molle qui aime surtout les types dangereux et macho et le pognon, une mère dépassée et une sœur avec qui il entretient un rapport tellement surprotecteur que ça en devient malsain. Pas le meilleur exemple pour mettre sur un pied d’égalité la femme et l’homme dans le jeu de Rockstar. De mémoire, seule Candie Suxxx sort du lot et c’est une actrice porno (l’industrie étant à l’époque en pleine essor) doublée d’une prostituée. Il devait y avoir une intrigue amoureuse avec Mercedes mais un grand nombre de dialogues ont finalement été coupés et le personnage n’est qu’anecdotique.

Quant à San Andreas, il s’agit d’un hommage Rockstaresque au gangsta, le jeu se déroulant en Californie durant les années 90 en plein ghetto noir. Le gangsta rendu célèbre par le mouvement rap du même nom qui met en scène les femmes avec un minimum de vêtements et un minimum de vertu. Ce n’est à nouveau pas le meilleur moyen d’éviter d’être taxé de sexistes. Il y a beau y avoir tout le passage aux côtés de l’inénarrable Catalina, on ne se souviendra pas d’un perso féminin réellement imposant.

Pour ces deux épisodes (accessoirement parmi les meilleurs de la série), doit-on en vouloir à Rockstar de donner une image aussi peu reluisante à la femme ? Le côté hommage complètement flagrant et hyper immersif des deux périodes mentionnées mérite d’alléger un peu des accusations que l’on peut légitimement faire mais qui concernent avant tout la période et la mouvance approchée. Raison pour laquelle je peux comprendre que certains s’offusquent lorsque d’autres voudraient changer l’âme de ces jeux. Oui ils sont sexistes mais c’est toute la période approchée qui l’est et en ce sens la satire est fidèle. Rockstar aurait sans doute pu faire quelques scènes un peu plus burnées pour dénoncer le sexisme ambiant avec l’humour qu’on leur connait mais ils étaient sans doute encore un peu trop inexpérimentés dans leur écriture. Est-ce qu’une femme peut apprécier le film Scarface de l’époque ? Est-ce qu’une femme peut apprécier les albums de Tupac de l’époque ? Pourquoi ne ferait-on pas la même chose avec GTA ?

Grand Theft Auto IV et le sexisme

Dans GTA IV les femmes sont toujours moins représentées que les hommes, mais, dans la lignée de GTA III, elles ne sont pas toutes réduites à servir de garage à bites ou de pots de fleurs. Les personnages féminins sont beaucoup plus nombreux que dans les épisodes précédents, suffisamment pour ne pas pouvoir tous les citer ici (suffit de rejouer ou de fouiner dans le wiki du jeu sur le net). On retiendra Elizabeta Torres par exemple, trafiquante de drogue, et à la hauteur fêlée et charismatique de n’importe quel autre personnage du jeu. Ou encore Michelle qui d’apparence facile et sans intérêt, rendez-vous arrangé du cousin de Niko (Michelle étant l’amie de la copine de Roman), est en fait un agent sous couverture du gouvernement. Son vrai nom est Karen et elle fera une apparition dans GTA V. N’oublions pas Kate McReary, sœur d’une famille de voyous irlandais et un des très rares personnages de la saga GTA à n’avoir rien à se reprocher. Elle flirtera avec Niko sans jamais s’offrir après une sortie arrosée ou non. C’est l’intrigue amoureuse du jeu, dont l’empathie se mesure selon votre choix de la fréquenter ou non, pour un final du jeu mémorable. Le sexisme de GTA IV n’est pas juste proportionnel au nombre de femmes par rapport aux hommes, même s’il y a une évolution flagrante. Là où certains trouvent à redire vient du fait que l’on peut sortir avec des femmes et coucher avec, ces personnages, sans intérêt, étant strictement là pour ça, à l’inverse d’amis avec qui on sortira et qui offriront des services utiles si l’entente est bonne. Seule Kate McReary a une dimension sentimentale plus que sexuelle justement parce qu’elle ne couche pas. Vous me direz, c’est un peu le cycle de la vie. Il y a des filles avec qui on couche et on ne s’y attache pas spécialement, jusqu’à rencontrer la bonne. Et l’inverse est pareil, ça fonctionne de la même façon chez les filles. Si Niko était une femme on serait sorti avec des mecs avec qui on aurait couché et qui serait juste là pour ça. Et personne n’aurait sûrement rien trouvé à redire. Oui mais justement, ce n’est pas le cas, Niko ni aucun personnage principal de GTA n’est une femme (j’y reviendrai).

Grand Theft Auto V et le sexisme

GTA V est l’épisode le plus récent et d’entre tous il est l’épisode disposant du plus de personnages féminins d’importance. En ce sens c’est encore une évolution. Les rôles secondaires féminins marquants sont nombreux et tiennent plus ou moins droit les personnages principaux, la femme de Michael, sa fille, la tante de Franklin, son ex petite amie (qui a un rôle m’ayant touché niveau écriture bien qu’essentiellement basé sur des échanges textuels, je regrette que l’histoire n’ai pas plus d’importance mais c’est toute l’écriture du jeu qui est mal foutue de toute façon), même la mère de Trevor, que l’on voit seulement pendant quelques secondes lors d’une mission bonus à la toute fin du jeu, est haute en couleur. Cependant, il pourrait y avoir exactement le même nombre de personnages féminins que masculins dans un GTA, il y aura toujours quelque chose qui divisera…

Grand Theft Auto et les filles faciles

Qui dit gangsters dit filles faciles. L’un ne va pas sans l’autre dans les codes si identifiables du gangstérisme (le noyau dur de chaque scénario d’un épisode de GTA, rappelons-le). C’est triste et logique à la fois. Critiquable et justifiable à la fois. C’est sûrement sur cet état de fait que la saga GTA est la plupart du temps jugée (sinon pourquoi jeter la pierre sur GTA ? Les 3/4 de nos jeux vidéo sous représentent la femme.). Je trouve simplement regrettable que le fait de pouvoir aller aux putes et pour le dernier épisode de pouvoir « draguer » des strip-teaseuses soit l’un des principaux arguments du féministe pour dénoncer le sexisme de la saga. Cette possibilité des jeux est facultative, on peut tout à fait jouer sans jamais aller voir ces dames (ni se payer un strip dans GTA V). La saga sera toujours réduite à ça peu importe le nombre de personnages féminins d’importance dans le scénario. Pourquoi GTA n’est pas accusé d’être raciste alors que j’ai aussi la possibilité de ne tirer que sur des PNJ d’une certaine couleur de peau si j’en ai envie ? C’est le propre du jeu en monde ouvert, laisser la liberté, le choix. Et même quand c’est amoral parce qu’il s’agit d’un GTA. Mais si GTA n’est pas considéré comme raciste c’est parce que d’un personnage principal à l’autre, d’un épisode à l’autre, le héros a des origines différentes.

Une héroïne dans Grand Theft Auto

Et le héros dans GTA reste un héros, jamais une héroïne. Si Rockstar souhaite un jour mettre tout le monde d’accord, s’ils veulent prouver qu’ils ont des couilles comme je le disais dans ma nalyse de GTA V, s’ils veulent montrer au monde entier qu’ils sont parmi les meilleurs en termes d’écriture, c’est ce qu’ils doivent faire. Les histoires de gangsters sont profondément ancrées dans le machisme mais aujourd’hui, la satire sociale et politique sont presque aussi importantes dans la saga GTA. Les auteurs, Dan Houser en tête, seraient parfaitement capables de se libérer des références habituelles pour pondre quelque chose de particulièrement burné. Une femme gangster, victime de sexisme comme peuvent l’être au quotidien un peu n’importe quelle femme mais accentué façon GTA. Trash, drôle, socialisé, politisé, parodique, satirique. De quoi mettre un bon coup de latte à la vision réductrice qu’ont bons nombres de personnes sur GTA et sur les jeux vidéo au sens large. Mais est-ce que Rockstar le fera un jour ? Là est toute la question. GTA Online propose bien d’incarner un avatar féminin, ce n’est probablement pas un côté sectaire qui retient les développeurs jusqu’ici...

Par K.mizol, le 17 mars 2014

 

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Avatar de Malmoth

N’ayant fait que quelques GTA, je ne commenterai pas dans le détail. Je reviendrai peut-être sur certains arguments plus tard. Juste une chose pour l’instant : on ne "drague" pas une strip-teaseuse dans GTA 5, on la tripote pendant que l’agent de sécurité a le dos tourné. C’est une agression sexuelle, ni plus ni moins. Le fait qu’elle se laisse faire et qu’elle nous emmène chez elle ne change rien à l’affaire. Pire, le fait que ça fonctionne à tous les coups (tant qu’on ne se fait pas repérer par le vigile) suggère des choses assez nauséabondes. De ce point de vue, je comprends que ça ait fait scandale.

Malmoth, le 17 mars 2014 à 18h09
Avatar de Fylodindon

Bah en même temps, si ça ne lui plait pas, elle n’a qu’à appeler le videur... ou du moins nous demander d’ôter nos sales pattes de là.
Si elle ne le fait pas, c’est que ça lui plait... ou au moins, ne lui déplait pas. CQFD.

Surtout que si je me souviens bien, ses commentaires n’ont rien de ceux qu’une jeune fille agressée ferait...

Fylodindon, le 17 mars 2014 à 18h34
Avatar de Malmoth
Fylodindon a dit :
Si elle ne le fait pas, c’est que ça lui plait... ou au moins, ne lui déplait pas.

Non. Un attouchement non sollicité par un inconnu, c’est une agression sexuelle. Le fait qu’elle ne se plaigne pas n’y change strictement rien. En fait, on reproche bien souvent aux victimes d’agressions sexuelles de ne pas avoir réagi, ou pas suffisamment, etc... Le consentement dans le jeu est exprimé par le fait qu’elle nous emmène chez elle. Le problème est que ça marche à tous les coups. Donc on normalise le comportement. Les strip-teaseuses (TOUTES les strip-teaseuses) de GTA 5 sont en fait des prostituées bien heureuses d’échapper à la vigilance de la sécu pour pouvoir se faire peloter et faire des passes chez elles. Celles qui font ce métier apprécieront.

Malmoth, le 17 mars 2014 à 18h55
Avatar de K.mizol

C’est pour ça que j’ai mis "drague" entre guillemets, c’est un jeu de pelotage. Maintenant pour l’agression sexuelle je ne suis pas d’accord dans le sens où le jeu ne le montre pas de cette façon (dans la vraie vie je suis d’accord pour l’utilisation du terme dans ces mêmes circonstances par contre). Le fait est que le but est de faire monter la "jauge de pelotage" qui va à terme faire que la fille va te proposer de l’emmener chez elle pour niquer (si tant est que ton personnage lui plait, ce qui n’est pas le cas à chaque fois). C’est tout à fait réducteur etc, sexiste, clairement. Maintenant c’est monté comme un mini-jeu d’un commun accord avec le PNJ, tu ne l’agresses pas, tu joues. C’est débile et ça implique qu’effectivement toutes les strip-teaseuse du jeu sont des filles faciles à qui il suffit de toucher la cuisse pour avoir une relation sexuelle.

Mais si on prolonge la réflexion, dans Bully tu peux tirer le slip de n’importe qui, en soi le geste est une agression sexuelle. Dans la vie ce serait violent quelqu’un qui vient tirer les slips des gens (mecs comme meufs). Dans le jeu c’est une petite feature débile et même drôle.

Donc je conçois parfaitement que les strip-teaseuses de GTA V et les putes de toute la saga (faut pas oublier les putes) puissent générer le scandale. Et je peux même le comprendre. Mais ce que je trouve dommage c’est que toute la saga et tout le casting féminin soit réduit à ça. Ce qui n’est pas le cas. Je trouve ça autant dommage que lorsqu’un média généraliste balance que GTA pousse au crime. Si t’es assez con pour croire que mettre la main sur la cuisse d’une strip-teaseuse est normal dans la vie ou que ça va t’amener quoique ce soit ou que t’es assez con pour croire que tirer sur quelqu’un dans la vie c’est cool, ben t’es pas assez mature pour jouer à GTA. Y a une part des choses à faire aussi de la part de la personne qui joue.

C’est un truc dont j’aurais du parler tiens, le rapport du jeu au joueur dans GTA. Je pense pas qu’un développeur soit responsable des actes du joueur dans sa vraie vie. Y a un PEGI 18, Rockstar s’adresse à des adultes aptes à réfléchir.

K.mizol, le 17 mars 2014 à 19h33
Avatar de Fylodindon

Faut pas oublier non plus que GTA, c’est aussi une critique sociétale qui met en exergue le paraître, généralisé dans notre monde occidental, et à fortiori aux US.
Je trouve ce mini-jeu tout à fait cohérent pour le coup. Et en plus c’est marrant.

Et puis, les nanas n’ont rien de putes.
Il ne s’agit pas de payer suffisamment pour coucher avec.
Au contraire, une fois que t’as suffisamment joué avec elle dans le strip bar, tu finis par la raccompagner chez elle et en faire un plan cul officiel (par la suite, il te suffit de la rappeler). C’est juste un jeu de séduction qui n’a d’original que le fait de se dérouler dans un strip bar, et avec une stripeuse. Résultat, plus tu passes de temps à tenter de la séduire, plus ça te coûte de l’argent.

Au début elle faisait son job (après on n’est pas là pour débattre du métier de stripeuse), le petit jeu de séduction a opéré et point final. Il n’y a pas d’agression, pas de violence, pas de rapports rémunérés.

Fylodindon, le 17 mars 2014 à 20h24
Avatar de Malmoth

Je ne me souviens pas exactement de la manière dont c’est amené dans le jeu. Le fait est que tu peux tripoter des strip-teaseuses quasi-impunément. Et malheureusement, il y a des gens assez cons - maturité ou non - pour le croire et le faire dans la vie. Et Rockstar conforte cette idée. Dans le IV, quand tu klaxonnais certaines femmes qui faisaient le pied-de-grue dans la rue, elles t’envoyaient chier. Tu pouvais pas te taper toute la population noctambule féminine. J’aurais aimé ce genre de nuance. Enfin non, j’aurais préféré que ça ne marche pas du tout comme dans la réalité mais de deux maux, j’aurais choisi le moindre.
Et puis, bien sûr que les joueurs ne vont pas reproduire bêtement ce qui se passe dans les jeux-vidéo. Mais un jeu, comme toute œuvre, traduit une certaine vision du monde. Ce n’est jamais innocent non plus. Si on voit une catégorie de population cantonnée à un certain rôle, une fois, trois fois, quinze fois, ça finit par nous influencer, consciemment ou non.
Pour en revenir à la représentation des femmes et au fait que GTA heurte davantage que le reste. Comme tu le dis, la sous-représentation des femmes affecte le jeu-vidéo en général alors pourquoi s’en prendre à GTA en particulier ? Si je compare avec Sleeping Dogs par exemple, niveau représentation c’est pas vraiment mieux qu’un GTA. Y a ta supérieure, la mère d’un malfrat qui te demande la tête d’un autre et les autres sont assez insignifiantes. On n’est pas tombé à bras raccourcis sur le jeu pour autant. Parce que ce n’est pas la foire à la fesse facile comme dans GTA. En gros, si l’impression qui se dégage dans la plupart des jeux, c’est que les femmes ne servent à rien, l’impression qui se dégage d’un GTA, c’est que les femmes "ne servent qu’à ça". Si tu ajoutes la fonctionnalité des relations tarifées (propre à GTA même si j’imagine qu’il n’est pas le seul) au fait que les femmes soient sous-représentés (quasi-universel dans le jeu-vidéo), tu donnes l’impression que toutes les femmes sont des prostituées et ce, malgré les quelques personnages féminins crédibles de ton intrigue. Et tant que Rockstar n’aura pas de couilles, les relations sexuelles dans ses jeux resteront dans la configuration "perso joueur homme cis-hétéro avec PNJ femme cis-hétéro". Le jour où on pourra se taper des mecs et des trans (hommes ou femmes) dans un GTA, le sentiment de sexisme baissera d’un bon niveau.
Et le genre ne doit pas être une excuse à la sous-représentation des femmes. Quand tu regardes une série comme Boardwalk Empire qui est loin d’être un brûlot féministe, il y a dix fois plus de personnages féminins correctement écrits et qui font avancer l’histoire que dans n’importe quel GTA. Et pourtant, c’est une histoire de gangsters qui se passe à une époque où la condition des femmes était bien pire que dans les années 80 et 90. Quand on pense à certains genres, certains univers, on a tendance (justement à cause d’œuvres précédentes) à faire sortir les femmes du tableau et peu importe si c’est légitime ou non. Prenons l’exemple de L.A. Noire. Combien de femmes flics dans L.A. Noire ? Une ? Deux ? Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la police de Los Angeles comptait énormément de femmes après-guerre tout simplement parce qu’il fallait bien faire respecter la loi quand les hommes étaient au front. Et elles ne sont pas rentrées chez elles une fois l’armistice signé. Oui mais voilà : James Ellroy a écrit Le Dahlia Noir, L.A. Confidential et tout un tas de romans (très bons, au demeurant) qui occultent totalement la place des femmes dans les forces de l’ordre de l’époque. Et L.A. Noire s’inspire largement de ces œuvres. Et voilà comment le public arrive à croire qu’il est normal de ne pas voir de femmes dans cette histoire. C’est pour ça qu’une réflexion féministe est nécessaire pour les GTA comme pour tout le reste. Parce qu’on en arrive à croire qu’occulter 50% de la population est normal.

Malmoth, le 17 mars 2014 à 20h34
Avatar de Malmoth

@Fylodindon : mes souvenirs du mini-jeu sont vagues. J’avais oublié que ça débouchait sur un plan cul. Toujours est-il que soit les attouchements sont sollicités et il n’y a aucun problème - auquel cas je retire ce que j’ai dit - soit ils ne le sont pas et le point de départ de cette relation est une agression sexuelle, peu importe la suite.

Malmoth, le 17 mars 2014 à 20h39
Avatar de K.mizol

Ben justement, je ne trouve pas ça juste par rapport à GTA de penser que les femmes ne servent qu’à ça à travers leurs jeux. Si on tombe plus sur lui que sur d’autres c’est aussi parce que c’est le jeu le plus connu et le plus vendu sans doute, c’est un paramètre à ne pas négliger. Mais si on y incarnait une femme ça mettrait tout le monde d’accord (sûrement plus que si on incarnait un homme gay, la femme pourrait tout à fait être sous représenté également dans ce cas).

Sinon pour la représentation de la femme dans les histoires de gangsters, je suis d’accord avec le fait qu’il y en a qui le font bien (et encore heureux), mais historiquement dans la fiction (et dans la réalité d’ailleurs), c’est un univers extrêmement machiste où il y en a très peu (de femmes). Et c’est pas forcément une bonne idée de reprendre ce genre de trucs, mais c’est pas non plus plus scandaleux qu’ailleurs à mon sens. Je parle en particulier de San Andreas qui reprend le folklore gangsta ou Vice City qui reprend celui de Scarface en particulier.

Sinon pour les gens assez cons moi je suis désolé mais je ne responsabiliserais jamais une fiction par rapport à un con qui la regarde. (Bon après tout dépend de la fiction aussi, y a des limites.)

K.mizol, le 17 mars 2014 à 21h04
Avatar de Malmoth

Bien sûr, une héroïne serait bien plus efficace que tout le reste. Je disais juste que pouvoir se taper autre chose que des femmes atténuerait le sentiment de femme-objet.
Le fait que les femmes soient faiblement représentées dans un milieu ne compte que si le milieu lui-même est complètement fermé aux autres. Les gangsters sont confrontés au monde extérieur, ils ont des adversaires, des proches, une famille. Il n’y a pas plus de femmes gangsters dans Boardwalk Empire que dans GTA. La question repose sur le poids que tu donnes aux femmes, qu’elles soient gangsters ou non. Quand tu dis que reproduire l’exclusion des œuvres précédentes n’est pas plus scandaleux qu’ailleurs, je suis d’accord. Je trouve ça justement très scandaleux.
Après, il ne s’agit pas de censurer quoi que ce soit. Mais aujourd’hui, on lève les sourcils très haut quand on lit Tintin au Congo par exemple et sans censure, je ne pense pas qu’il viendrait à l’esprit de qui que ce soit (à part chez Minute) de représenter les populations africaines de cette manière aujourd’hui. Ça ne veut pas dire qu’Hergé était raciste, ni tous les tintinophiles. Ça ne veut pas dire qu’il faut interdire la B.D. à la vente. Mais ce serait bien de réfléchir aux clichés qu’on véhicule.

Malmoth, le 17 mars 2014 à 21h41
Avatar de Fylodindon

Encore une fois, GTA n’est qu’un reflet de notre société.

Soutenir des idées féministes (quand elles ne sont pas trop connes) pour améliorer le statut de la femme dans la vie de tous les jours, ok. Faire de GTA une icône du diable, je trouve ça pathétique.
Je pense qu’il y a bien d’autres combats, notamment autour des médias de la musique et de la télévision, bien plus prioritaires que les strip-teaseuses de GTA V.

Je ne dis pas forcément que c’est une bonne chose. Ça ne véhicule sans doute pas des valeurs très intelligentes. Mais j’ai trouvé ça marrant et je ne vais pas chercher beaucoup plus loin... surtout pour une scène de deux minutes au milieu des soixante heures que j’ai passé sur le jeu.

Et puis, aujourd’hui les ados apprennent la sexualité sur Youporn. Alors franchement, les stripeuses de GTA, ça ne doit pas avoir un impact aussi important sur leur moralité qu’on veut bien le laisser croire. Bien moins que la conduite nawak et les fusillades.

Et encore une fois, GTA n’est que le reflet d’une société.

Fylodindon, le 17 mars 2014 à 22h33

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