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On attend toujours l’adaptation de Brokeback Mountain.

 

Elysium, Gagnez 10 euros avec Polygamer !

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Riches vs Pauvres

Pourquoi ne pas aller voir Elysium ? Pour de nombreuses raisons.

Bon, autant vous prévenir, il risque d’y avoir un peu de spoil dans cet article. Pas des gros trucs énormes (en même temps y a zéro suspense et vous avez vu le film si vous avez vu la bande annonce), mais quelques détails par-ci, par-là.

La première, c’est parce que Neil Blomkamp est quand même un putain de charlatan. Overhypé à mort, il n’a à son actif que District 9, un film de science-fiction qui se la pète dénonciateur de l’Apartheid, 20 ans après tout le monde, sur fond de reboot de La Méthamorphose de Franz Kafka. Bon, le film était incohérent au possible (des aliens aux armes surpuissantes qui se laissent roulé dans la fange par la pauvre petite technologie ridicule des hommes), et sans grand intérêt scénaristique. Quitte à dénoncer le racisme et les inégalités sociales, je préfère encore de loin un bon vieux drame bien ficelé, qu’un film de SF. Non pas que tu ne puisses pas faire de critiques sociales dans un film de SF, mais ça doit rester subtil, et non pas s’afficher en lettre de néons rouges tout du long. Enfin bref, je ne vais pas refaire la critique de District 9, et on pouvait encore trouver l’excuse de l’inexpérience pour lui laisser le bénéfice du doute. Mais là, c’en est trop.

Elysium c’est l’histoire tellement éculée des riches qui vivent dans leur citadelle dorée, en l’occurrence ici une station orbitale, pendant que les pauvres crèvent comme des rats sur une Terre dévastée et vidée de ses ressources naturelles. Bien sûr, au milieu, le jeune et beau héros (Matt Damon) vit sur Terre et rêve d’aller sur Elysium. Et comme c’est un gentil repenti maltraité par ses méchants employés, il va se rebeller et foutre le boxon sur la station orbitale. Mon dieu comme c’est original. Ça l’est tellement que j’aurai pu vous proposer un copié collé de ma critique de Deponia, tant l’histoire est la même (jusqu’au nom de la cité pour riches : Elysium), l’humour en moins. Et non content de nous pondre un scénario d’un classicisme absolu (du début à la fin), il faut en plus qu’il nous le bourre d’incohérences plus grosses les unes que les autres.

Absurde au possible

L’univers en lui-même est incohérent, mais passons, c’est un peu le propre de la Science-Fiction. Mais surtout, on se retrouve avec une station orbitale, à mi-chemin entre Halo (pour la forme) et Mass Effect (pour les similitudes avec La Citadelle), ultra hi-tech, où toutes les maladies sont soignées en un instant, où les services et la sécurité sont assurées par des robots ultra-sophistiqués, mais question défenses, Zéro ! Résultat, c’est censé être une citadelle imprenable , elle se révèle plus trouée qu’un morceau de gruyère. C’est assez hallucinant de conneries. Pas même un petit canon pour les empêcher de venir foutre le bronx, ni même un agent de la sécurité qui passait par là en rentrant chez lui. Rien, nada ! Les mecs débarquent sur la station en sifflotant sans personne pour les arraisonner, puis se baladent dans les coursives comme s’ils connaissaient les lieux, et ne croisent à aucun moment un pèlerin pour les arrêter.

Forcément, la seule personne qui pouvait arrêter la navette, c’était un psychopathe sur Terre qui envoie des missiles dans l’espace avec son super lance-roquette. Oui, dans ce putain de film, on essaie de nous faire croire que la sécurité de la cité la plus riche et la plus évoluée technologiquement que l’homme n’ait jamais conçu, tient exclusivement dans le lance-roquette d’un taré psychopathe. Pas une base militaire de ouf, avec des putains de missiles ou des vaisseaux intercepteur… à l’image de ce qui peut se faire de nos jours par exemple. Pas même une petite antenne officielle genre Office de Tourisme de l’armée. Nada ! De qui se moque-t-on ?

Parkinson-cam

Alors vous me direz : « C’est un film de Science-Fiction, couplé à un film d’action. Faut pas en demander trop non plus ! » C’est pas faux. Sauf que là aussi, c’est du n’importe quoi. Car sachez-le, l’ensemble du film est tourné caméra à l’épaule. Pourquoi ? Allez savoir. D’habitude c’est parce que c’est la retranscription d’un ou plusieurs personnages ayant évolué dans le film (Cloverfield, REC, Blair Witch’s Project, Diary of the Dead, …). Mais là non. Il n’y a pas de protagoniste derrière la caméra. Donc pourquoi ? Ça n’apporte absolument rien, et même pire, ça rend le film incompréhensible. Non pas que ça soit compliqué à comprendre vu la médiocrité du scénario, mais parce qu’on ne comprend rien à ce qui se passe à l’image. C’est surtout flagrant lors des scènes d’action justement, où ça bouge tellement, avec tant de successions de plans en moins de trois secondes, que ça te donne juste le vertige. La scène contre le boss final en particulier, est sans doute la scène la plus illisible de l’histoire du cinéma. Les deux protagonistes auraient pu se déguiser en Candy et Wonder Woman, et se mettre à faire du hula-hoop au beau milieu de la scène que je mets au défi quiconque de s’en rendre compte.

Voilà, je passe vite fait sur le casting, pas mauvais, mais loin d’être transcendant. Matt Damon, je le préfère dans des rôles moins musclés ; il est bien plus à son avantage. Jodie Foster nous ressort ses habits d’intello élitiste froide qui parle le français couramment (non mais sérieux, ça sert à quoi de savoir qu’elle parle français dans le film ?), Sharlto Copley, en plus d’avoir un prénom à coucher dehors, aurait très bien pu jouer dans un film avec Dolph Lundgren tellement y a pas grand-chose à tirer de sa prestation testostéronnée et Alice Braga, qui vient apporter la touche « romance » nécessaire à tout blockbuster, est dans les souliers qu’on lui a bien demandé d’enfiler : Un joli brin de minette qui ne sert pas à grand-chose. Bref, rien à retenir de bon dans ce film, si ce n’est peut-être une photographie plutôt agréable, à défaut d’être originale (enfin quand on peut distinguer ce qu’il se passe à l’image). N’allez donc pas le voir, ça vous évitera des frais. Et dans le cas où vous refuseriez de suivre mon avis, je me décharge de toutes responsabilités. Faudra pas venir pleurer dans les commentaires qu’on ne vous avait pas prévenu !

Par Fylodindon, le 15 août 2013

 
Avatar de

Pas mal cette critique : ça me donne justement envie d’aller le voir ce film (alors qu’à la base pas du tout...)

Merci (bon c’’est con, ça fait 10 euros de moins pour Polygamer).

, le 16 août 2013 à 02h26
Avatar de Frensoa

Beau billet !

Tu as mis le doigt sur ce que je pensais de District 9 sans jamais l’avoir vraiment explicité : ok le film est agréable à regarder, l’aspect documentaire change un peu de la SF habituelle (ouais, j’avoue, je suis client de la caméra à l’épaule, en plus là c’est adapté au sujet), mais il y avait un truc qui me gênait sans que j’arrive à mettre le doigt dessus.

Pourtant, c’était énorme. Ouais, le film est complètement caricatural de l’apartheid, sans aucune finesse dans son propos. C’est un peu "La Rafle" chez les E.T. : attention, on va vous parler pendant 2 heures d’un sujet lourd mais sur lequel tout le monde a la même opinion et on va pas déroger à la règle, ce serait trop simple. Alors attendez-vous à du mélo et du politiquement correct, ça va décoiffer.

Frensoa, le 19 août 2013 à 09h32
Avatar de K.mizol

Moi j’avais aimé District 9 principalement pour son ambiance et son niveau technique (le mec est quand même ultra doué pour constituer des décors, des véhicules, des armes, et des perso de SF) et quelques idées. J’avais envie d’aller voir Elysium, tu me vaccines un peu même si je suis à peu près certain d’en avoir pour mon argent côté ambiance à nouveau. Et puis s’il y a Alice Braga...

K.mizol, le 19 août 2013 à 11h13
Avatar de Fylodindon

Ouais, mais elle n’est jamais à poil...

En fait, je viens de mettre le doigt dessus, mais Neil Blomkamp, c’est un peu le David Cage du cinéma : De bonnes idées, une belle plastique, mais scénaristiquement c’est le néant absolu et les mécaniques sont foireuses.

Pour en revenir à District 9, pour moi ça ressemble surtout à un film de SF qui se voulait intello alors qu’à l’arrivée, c’est juste un film raté qui se la pète et fait bander les geeks qui trouvent ça génial qu’on nous parle de racisme dans un film avec des gros flingues et des gros vaisseaux. Mais bon, District 9 avait quand même ce charme du petit film pseudo indépendant.
Elysium, c’est juste le bon gros blockbuster classique.
Je pense que tu vas voir Transformers à la place, tu y gagnes au change (au moins Michael Bay filme de manière à ce que tu comprennes ce qui se passe à l’écran).

Sans aucune exagération, je pense que c’est le pire film que j’ai vu au cinéma depuis une bonne dizaine d’années (Bon je ne vais pas souvent au cinéma, mais quand même).

Fylodindon, le 19 août 2013 à 17h53
Avatar de Tsokoa

Je suis un peu d’accord, mais pas complètement non plus.

C’est vrai qu’en fait ça ressemble pas mal à D9 : un film plus intéressant au niveau de son univers que de son scénar. D’ailleurs tout le début du film on fait plus admirer le décor dystopique que d’être immergé dans l’histoire des persos. Et pour le coup perso j’ai jamais eu d’empathie pour le perso joué par Matt Damon et j’ai trouvé Jodie Foester assez mauvaise, faut dire que son rôle a pas un grand intérêt en terme de jeu.

Après des incohérences oui, les scènes d’action avec la caméra qui bouge trop aussi, mais y’a quand même quelques trucs intéressants notamment sur la fin où on peut un peu se questionner sur l’avenir de l’être humain face à la cybernétique la transformation de Damon en homme augmenté à la force surhumaine mais qui doit pour sa sacrifier son humanité aussi qq part, au pasage c'est pas un peu con d elui avoir vissé des trucs dans le corps, mais à travers son t-shirt et la cohabitation avec les robots avec une fin à la Arthur C Clarke

Mais au final le gros défaut du film, c’est comme D9 et comme vous avez dit ce coté "je dénonce" en tirant un peu sur des ambulances avec mes gros sabots (oui j’ai mélangé deux expressions un peu bizarrement). Même si perso pendant une demi seconde j’ai quand même eu une sentiment de culpabilité d’occidental privilégié en m’imaginant à la place des pauvres terriens du futur et en faisant le parallèle avec les immigrés illégaux de nos jours.

Tsokoa, le 20 août 2013 à 16h43

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