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Eden No Ori, Lost in japanese translation

Un manga qui lorgne du côté de The Walking Dead, Jurassic Park et Lost peut difficilement être un mauvais manga, non ? Avouez qu'il y a pire comme références...

Survivor

A première vue, Eden no Ori est un manga comme beaucoup d’autres.
On y suit les aventures d’une bande de lycéens, avec tous les clichés du genre : Le héros considéré comme un idiot qui devient leader grâce à sa bravoure, la brute qui est en fait un gentil incompris, le petit intello à lunettes qui ne se sépare jamais de son ordinateur portable, etc. On baigne même dans la surabondance de ecchi (gros seins et petites culottes) et le lolicon caractéristiques d’une certaine culture Otaku. Pourtant, à y regarder de plus près, Eden no Ori c’est quand même un peu plus que ça…

En effet, suite à un incident à bord de leur avion, des lycéens revenants d’un voyage scolaire ainsi que les autres passagers qui se trouvaient à bord (300 personnes en tout), atterrissent en catastrophe sur une île déserte. Toutefois, cette île n’est pas tout à fait comme les autres : Non répertoriée sur les cartes, elle abrite qui plus est des créatures sauvages, toutes plus dangereuses les unes que les autres, censées être disparues depuis des millions d’années.

Séparé des autres survivants, le turbulent Sengoku Akira va se mettre en tête de retrouver ses amis et, face à ce milieu hostile, se révéler comme un leader naturel. Ensemble, ils vont devoir survivre aux embûches qui se dresseront sur leur route. Survivre aux bêtes sauvages, mais aussi et surtout survivre aux autres.

Au-delà du classique trip « survie dans un milieu hostile », le manga fait énormément penser à quelques grands noms de l’Entertainment occidental, à savoir Jurassic Park, Lost et The Walking Dead.

Références

Jurassic Park, c’est évidemment pour le côté bêtes sauvages censées être éteintes, même s’il ne s’agit pas ici de dinosaures. En effet, aucun T-Rex ou Tricératops n’apparait dans le manga (du moins pour l’instant, vu qu’il n’est pas terminé). En lieu et place, on a droit aux non moins dangereux Smilodons, Andrewsarchus et autres mammifères carnivores qu’il ne devait pas être bon de croiser en ces temps reculés. D’ailleurs, la présence de ces prédateurs confère au manga un côté violent et sanglant, sans toutefois jamais tomber dans le gore. Pas de viscères qui dégouline à chaque case ou de gros plans sur des corps dépeucés, mais tout de même beaucoup de victimes dévorées et de litres de sang versés.

Lost, c’est pour le côté crash d’avion sur une île mystérieuse. Et si la comparaison ne se résume qu’à ça durant les 70/80 premiers chapitres, par la suite (peut-être un peu tardivement d’ailleurs), les références sont plus nombreuses. En effet, comme dans la fameuse série télé, de nombreux mystères entourent cette île. Les questionnements tournent autour des mêmes thématiques : Sont-ils morts et l’île serait une sorte d’Eden aux allures d’enfer ? Est-ce que des scientifiques sont derrière tout cela ? Dans quel but ? Certains personnages sont-ils impliqués ? Tout ce que j’espère, c’est que la fin tiendra d’avantage ses promesses que celle, franchement merdique, de Lost (que je juge quand même responsable de la fin de mon engouement pour les séries télés).

Enfin, la comparaison avec The Walking Dead, tient dans le fait que comme dans le Comic Book de Kirkman, Moore et Adlard, ici les créatures hostiles ne représentent pas forcément le plus grand des dangers. Bien sûr, les super-prédateurs ne manquent pas une occasion pour se rappeler aux bons souvenirs des survivants. A l’instar des zombies dans le comic book précité, ils sont une source de problèmes permanente. Mais très souvent, c’est la nature humaine qui s’avère être la plus dangereuse, et chaque nouvelle rencontre peut potentiellement mettre en péril le petit groupe du héros.

Les limites du shônen

Toutefois, si le manga s’inspire très largement de ces succès, il reste bien moins trash que Walking Dead (en même temps, on fait difficilement plus trash) et moins tarabiscoté que Lost. Les longueurs et la présence outrancière de ecchi (surtout dans les débuts) sont quelque peu dommageables pour l’ambiance également. Du coup, le manga se suit avec amusement mais sans plus, pendant une longue, très longue partie. Il ne devient véritablement intéressant que très tardivement. On a d’ailleurs un peu l’impression que l’auteur a complètement dérivé de son sujet initial en cours de production, tant la différence entre les 80 premiers chapitres et les suivants est flagrante.

Après, je dirais que le principal défaut de ce manga, c’est d’être un shônen. Du coup, il est plombé par tous les défauts du genre. En effet, en tant qu’adulte ce n’est jamais évident de s’identifier ou se passionner pour une bande de lycéens qui surmonte toutes les épreuves sans jamais flancher. La psychologie des personnages reste un peu trop ras-des-pâquerettes. Le sempiternel trublion qui devient un héros malgré lui et fait preuve d’une bravoure et d’un sens du dévouement à toute épreuve, j’ai toujours trouvé ça ridicule aussi. Les héros sans défauts, sans faille, ça m’a toujours profondément ennuyé.

Reste que malgré tout, le manga se suit avec un certain plaisir (et je ne parle pas des petites culottes). Il devient même passionnant dans les récents chapitres (le 119 est sorti il y a peu). On trouve même quelques moments véritablement surprenants pour le genre, notamment dans l’arc se focalisant autour du meilleur pote du héros. Maintenant, compte tenu de la situation à la date d’aujourd’hui, de tout ce qu’il reste à découvrir (d’après les indices disséminés çà et là dans le manga) et du fait que le grand méchant supposé n’a pour l’instant fait que de très brèves apparitions, il semble clair qu’on risque encore d’avoir une bonne centaine de chapitres avant d’en voir la fin. Pour l’instant, je trouve que le manga emprunte la bonne voie et se bonifie au fil du temps, mais ce n’est vraiment qu’à la fin qu’on pourra émettre un jugement définitif sur l’œuvre. J’espère juste que ça ne finira pas par une séquence toute moisie dans une église avec tous les protagonistes qui sourient comme des cons et s’auto-congratulent, avant de passer une porte baignée de lumière blanche… les vrais savent !

Par Fylodindon, le 19 juillet 2012

 

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