Recherches à la con des internautespolygamé contre et pour et jastification

Nan mais t’es sérieux là ?

 

Du cinéma au bout des doigts

Depuis toujours, le jeu vidéo s’inspire et tend vers le cinéma, à grand renfort de cinématiques dantesques ou de mise en scène hollywoodienne. Cette génération principalement n’aura jamais été aussi proche de son illustre modèle. Et pourtant, le jeu vidéo a encore bien du chemin à parcourir…

Marché unilatéral

Le cinéma et le jeu vidéo, c’est une longue, très longue histoire d’amour. Cela remonte aux vieilles adaptations de Zombi sur CPC 6128 ou des Blues Brothers sur Atari ST ; une époque aujourd’hui révolue où les jeux tirés de films étaient encore de qualité. JPEG Mais c’est avec l’avènement du CD que les choses se sont accélérées. Je me souviens comme si c’était hier de la claque que m’avait infligé Beneath a Steel Sky de Revolution Software. D’une part parce que Dave Gibbons avait signé le comic-book servant de préambule au jeu, ensuite parce que grâce au CD-ROM je me retrouvais avec un seul et unique disque à une époque où la plupart des gros blockbusters tenait sur 8 à 12 disquettes. Mais surtout parce que pour la première fois dans ma vie de jeune gamer, j’entendais les personnages à l’écran s’exprimer. Et c’est là, pour moi, que le jeu vidéo à commencer à marcher sur les traces du cinéma. Depuis, lorsqu’un jeu n’emploie pas de véritables acteurs professionnels pour doubler ses personnages, c’est ridicule. Aujourd’hui un jeu vidéo doit offrir une réalisation digne des meilleurs long-métrages : Des cut-scenes avec des plans caméra travaillés pour dynamiser la scène, des effets spéciaux qui pètent dans tous les sens, des voix convaincantes, des musiques épiques et un scénario inexistant. Le modèle hollywoodien par excellence !

JPEGSeulement si en réponse au cinéma d’Hollywood, les spectateurs peuvent aisément se rabattre sur des films d’auteurs, cela est curieusement beaucoup moins vrai pour le jeu vidéo. Pourtant, malgré le fait que je ne suis vraiment pas fan du ciné bling-bling, où les balles fusent tout aussi vite que les vannes foireuses, je prends un réel pied sur des titres comme Gears of War ou Call of Duty 4 qui, avouons-le, sont bien loin d’être des étalons scénaristiques. Cela veut-il dire qu’en tant que joueur je suis moins exigeant qu’en tant que cinéphile ? Je ne pense pas. Imaginons un instant que l’industrie du film ne me propose que des films d’action à grand spectacle. M’y habituerai-je ? Sans doute ! D’ailleurs, lorsqu’un jeu un peu plus marginal, à l’univers ou au scénario plus élaboré m’est proposé, celui-ci intègre bien souvent mon panthéon vidéoludique de la même manière qu’un film de Cronenberg ou de Tim Burton. C’est bien la preuve que ce que je recherche avant tout dans un jeu n’est pas bien loin de ce que je recherche dans un film. C’est juste qu’on ne me le propose pas assez… Alors pourquoi aujourd’hui n’existe-t-il pas d’industrie du jeu d’auteur comme c’est le cas avec le cinéma ? Est-ce la faute des éditeurs ? Des développeurs ? Des joueurs ? Là encore la réponse me parait évidente et, malheureusement, tellement banale : La faute en incombe au fric, aux actionnaires… bref, à la rentabilité !

Gamer sentimental

C’est bien simple, si le cinéma se permet aujourd’hui de proposer différents type de films, c’est parce qu’ils touchent des centaines de millions de personnes à travers le monde. JPEG Ainsi, en multipliant les consommateurs potentiels, chaque genre a des chances d’être rentable. Pour le jeu vidéo, il s’agit en général d’un à deux millions de consommateurs grand maximum (si on excepte les gros kadors type Mario, GTA et Cie). Trop diversifier son catalogue, c’est multiplier les risques de ne pas rentabiliser son investissement. D’ailleurs on le voit bien avec des titres comme Psychonauts, Oddworld ou autres ovnis acclamés par la critique qui pourtant furent des bides commerciaux retentissants. Du coup, lorsqu’un jeu marche, il est immédiatement copié et le joueur entre dans un cycle plus ou moins long où il jouera constamment à la même chose, sous un nom différent. Du God of War à toutes les sauces, toutes les époques, du Gears of War tous azimuts et du GTA en veux-tu en voilà ! Mais bon, je m’égare là, car comme le disait le célèbre philosophe Rockin’Squat : « Je ne veux pas faire de politique, ma mission est artistique »

JPEGLe but de cet article n’est pas de montrer du doigt les dérives des éditeurs. D’ailleurs à dire vrai, qui pourrait les en blâmer ? Je ne suis pas certain qu’il y en ait beaucoup parmi vous qui pourrait miser plusieurs millions de dollars sur un jeu sans s’assurer un minimum de bénéfices derrière. Les éditeurs nous prennent parfois pour des vaches à lait, on est tous d’accord, mais ils ne font pas non plus du caritatif. Non, cet article est plutôt dédié à marquer les différences entre le cinéma et le jeu vidéo. Des différences, voire des divergences, qui s’amenuisent au fil du temps mais qui pourtant restent encore bien présentes. Prenez par exemple les sentiments ; ces beaux, grands et forts sentiments qui nous animent tous. Au cinéma, on a tous été émerveillés, effrayés… on a tous ri ou pleuré (enfin j’espère pour vous). Par contre, si j’ai effectivement eu ma dose d’angoisse avec des Silent Hill ou autres Condemned, si je me suis marré à m’en décrocher la mâchoire en jouant à Day of the tentacle et quelques autres, si j’ai été excité par cette poussée d’adrénaline que procure les bons gros jeux d’action tels Halo ou Gears of War, je n’ai jamais ô grand jamais pleuré en jouant.

Multiplier pour mieux régner

Pourquoi ? Pourquoi un jeu n’a jamais réussi à me faire pleurer ? Pourtant des tragédies j’en ai croisé sur ma route de gamer ! JPEG Je me suis penché sur la question, je l’ai tourné et retourné des centaines de fois dans ma tête. Je ne suis pas insensible car même si je ne verse pas une larme à chaque fois qu’un drame est annoncé au 20 heures, j’ai été ému, voire retourné par certains films ou certaines situations de la vie de tous les jours. La seule réponse qui me vient donc à l’esprit, c’est que le jeu vidéo n’est pas encore capable de créer un véritable lien entre le joueur et le héros. Sans doute d’ailleurs parce que près de 90% des jeux d’aujourd’hui ne proposent absolument aucun véritable scénario, si ce n’est une pauvre excuse pour nous permettre de massacrer du nazi ou de l’extra-terrestre. La preuve : La seule fois que j’ai eu un début d’empathie pour un personnage de jeu vidéo, c’était pour Niko Belic. Pas étonnant lorsqu’on sait que GTA est LA référence absolue lorsqu’il s’agit d’offrir un jeu avec une véritable histoire. L’autre point essentiel qui pour moi marque la différence entre ces deux industries, c’est l’intensité. Car s’il n’est déjà pas toujours évident de faire un film d’une heure et demie (voire deux heures) sans qu’il y ait des longueurs, imaginez faire un jeu d’une dizaine d’heures qui soit constamment au taquet. D’ailleurs si je devais analyser mon comportement en tant que joueur, je constaterai que les jeux qui m’ont scotché au pad jusqu’à ce que j’en vois le bout, c’étaient bien souvent les jeux d’action très courts (Call 4 pour ne citer que lui) qui n’offrent pas suffisamment de temps morts pour me faire décrocher (l’exception étant encore une fois GTA dont le quatrième volet m’a fait passer 50 heures d’une intensité rare).

JPEGAlors quid de l’avenir ? Que peut-on prédire pour le futur du jeu vidéo ? Ma foi, sans vouloir faire mon Paco Rabanne, je pense sincèrement que le meilleur est devant nous. Je n’ai pas envie de faire mon vieux con aigri en clamant haut et fort que c’était mieux avant. Mon avis est que le jeu vidéo est à une période charnière. Il sort d’une ère où il était marginalisé, voire stigmatisé (et il l’est encore un peu) pour entrer dans une ère où il devient un besoin naturel de l’homme. Tout le monde joue ! Et là je n’utilise pas la propagande nintendesque avec le patchwork type Benetton pour affirmer que la Wii et la DS changent le monde. Non, je m’appuie juste sur le fait que toute une génération est née avec la Playstation. Que la ménagère de moins de cinquante ans, quand elle se fait un petit démineur ou solitaire au lieu de bosser, elle joue à un jeu vidéo. Ce média va rapidement devenir indispensable à notre société, d’autant plus avec la dématérialisation des films et ces consoles qui deviennent petit à petit des plateformes multimédias avant même d’être dédiées aux jeux (La PS3 est l’exemple parfait). Avec la banalisation du jeu vidéo, l’audience va croitre exponentiellement. Et si demain le jeu vidéo ne touche plus un public d’un million de gros geeks nolife accros au Counter Strike mais plusieurs dizaines de millions de gens de toutes origines, tous sexes et toutes affinités, alors il se diversifiera et proposera des expériences bien plus variées qu’à l’heure actuelle. Et peut-être qu’alors, je pourrais enfin pleurer en jouant à un jeu vidéo…

Tags : #JeuxVideo

Par Fylodindon, le 31 juillet 2008

 

Pages 1 | 2

Avatar de POPOFZ

Ouais, attends que je me mette au live pour te mettre une raclée, tu vas bien finir par pleurer !!! :p

POPOFZ, le 31 juillet 2008 à 10h12
Avatar de Nachcar

Je trouve que les émotions qu’on pourrait ressentir sont bien souvent gâchées par des doublages complètement à coté de la plaque. C’est comme dans un film, si l’acteur/doubleur n’est pas crédible, ça marche pas, on ressent rien.

Nachcar, le 31 juillet 2008 à 10h43
Avatar de K.mi

Pour le doublage il y a quand même de très gros efforts de fait ces dernières années. Sinon Quantic Dream fait toujours des trucs intéressants concernant la narration, je les adore rien que pour ça.

K.mi, le 31 juillet 2008 à 12h36
Avatar de K.mi

PS : Le jeu vidéo a un chiffre d’affaire supérieur à celui du cinéma donc c’est un peu faussé tout ça. De plus un jeu comme WoW touche des millions de personnes avec rien (enfin j’me comprend). On peut dire pareil des jeux de sport par exemple aussi.

K.mi, le 31 juillet 2008 à 12h38
Avatar de Nachcar

C’est vrai que des efforts sont fait pour les doublages, mais ça reste quand même assez rare. Mon denier souvenir de bon doublage remonte à Bioshock.

Nachcar, le 31 juillet 2008 à 14h06
Avatar de Fylodindon

Oui le jeu vidéo est plus rentable que le cinéma aujourd’hui, mais si demain il se diversifiait et proposait du vrai jeu d’auteur (y en a quelques uns en plus, faut pas non plus être trop pessimiste), il le serait beaucoup moins. Aujourd’hui les best sellers (donc ceux qui rapportent le plus) sont les NFS, les Sims, les FIFA, les GTA et PES. C’est loin de ce qu’on peut appeler des jeux originaux et intelligents.

Fylodindon, le 31 juillet 2008 à 14h08
Avatar de POPOFZ

Les RPG bon dieu, y a que ça de vrai !!!^^
Et plus sérieusement, c’est quand même ce type de jeu qui se "rapprocheraient" le plus du cinoche, non !? Rien que point de vu scénar, dialogue, mise en scène etc...

POPOFZ, le 31 juillet 2008 à 14h19
Avatar de Nachcar

Mouai, les niaiseries japonaises ça me fait ni chaud ni froid. Mais c’est vrai que les RPG proposent généralement de bon scénarios.

Nachcar, le 31 juillet 2008 à 14h24
Avatar de POPOFZ

Mouais, c’est vrai que les rpg jap, c’est pas forcément une référence ! Un énième gosse prépubère qui doit sauver le monde, on a vu mieux comme scénar, c’est vrai.
Mais je pensais, en fait, plus aux rpg occidentaux qui, sans vouloir faire de généralité,sont plus matures, bien souvent !
Mass Effect, n’en déplaise à K.mi, en set le parfait exemple à mon goût, pour ne citer que lui !

POPOFZ, le 31 juillet 2008 à 14h35
Avatar de Tsokoa

Pour l’exemple des RPJ jap un peu "niais" c’est vrai qu’il y a souvent des clichés un peu guimauves mais se sont aussi bien souvent les jeu avec les trames scénaristiques les plus travaillées, faut pas oublier que faire une bon scénar sur 2H ou 40 c’est pas la meme chose.

Sinon moi j’ai une approche différente de toi Fylo car je ne suis pas cinéphile, j’aime bien voir des films, mais je ne me rappelle pas avoir déjà été vraiment touché par un film comme j’ai pu l’etre par un FF7, un Silent Hill (1 et 2) ou Ico (et Shadow), ou avoir été ébloui par un travail comme sur Psychonauts ou la fin de MGS3.
Pour moi le film c’est plus dans l’instant, un truc peut etre plus fort sur le moment mais qui reste pas au contraire d’une expérience de jeu.

Tsokoa, le 31 juillet 2008 à 14h46

Pages 1 | 2


Ajouter un commentaire
Qui êtes-vous ? (optionnel)

Vous pouvez également vous inscrire sur le site pour vous connecter plus facilement.


Liste des raccourcis de mise en forme
Gras : <b>Texte</b>
Italique : <i>Texte</i>
Souligné : <u>Texte</u>
Barré : <strike>Texte</strike>
Code : <code>du code</code>
Image : <photo|lien=url de l'image>
Spoiler : <spoiler|texte=Kaiser Soze c'est Kevin Spacey>
Lien : <lien|lien=url de la page|texte=texte du lien> ou collez juste l'url
Recherche de tags ou mots-clés : <tags|texte=#nomdestags ou des mots à chercher sur le site>
Citation : <quote|auteur=nom de l'auteur cité|texte= texte de la citation>